Le Sénat vote l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs

Les parlementaires des deux chambres doivent encore s'entendre lors d'une commission mixte paritaire pour aboutir à un texte commun.

  Semaine du 26 octobre au 1er novembre 2026 (article 4/7)  

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Le Sénat ouvre la voie à l'adoption définitive d'un texte qui repousserait le couperet de la prescription. La chambre haute a voté, mercredi 28 octobre, pour l'imprescriptibilité des crimes sexuels commis sur les mineurs, étendant cette exception jusqu'ici réservée aux crimes contre l'humanité et ouvrant la voie à un changement majeur dans la justice française. Lors de l'examen du projet de loi sur la protection des enfants, les sénateurs ont voté largement pour cette évolution à 252 voix pour et 80 contre, soutenue par le gouvernement.

L'Assemblée nationale avait déjà approuvé cet été cette mesure historique, mais dans une rédaction plus large, incluant plus de crimes. Le vote du Sénat, réputé conservateur sur ces questions, ouvre la voie à l'adoption définitive de la mesure dans les prochaines semaines après des concertations entre les deux chambres du Parlement. Il doit d'abord être validé lors d'un vote solennel sur l'ensemble du projet de loi de protection des enfants, mardi au Sénat, ce qui ne fait guère de doutes. Puis les parlementaires des deux chambres tenteront de s'entendre lors d'une commission mixte paritaire (CMP) pour aboutir à un texte commun.

En effet, la rédaction du Sénat se limite aux crimes sexuels, comprenant les viols, les viols aggravés et incestueux, alors que celle des députés visait aussi d'autres crimes comme les meurtres, une écriture jugée fragile par le gouvernement vis-à-vis de la Constitution. A l'heure actuelle, une victime de viol subi dans l'enfance peut porter plainte jusqu'à 48 ans, le délai de prescription étant de trente ans à compter de sa majorité, un délai jugé insuffisant par certaines associations de protection de l'enfance.

— France Info

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