Le déni ne protège pas l'Église
Extraits d'un texte de Nuntiatoria, traduit par le collectif des victimes de l'Institut du Christ Roi.
Le collectif des victimes de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) publie la traduction française d’un texte de Nuntiatoria, « L'Église n'a pas besoin de notre déni », consacré à la gestion des scandales dans l'Église. L'auteur y soutient que le caractère sacré de la charge sacerdotale rend la trahison plus grave, et que le reconnaître ne dénigre pas le sacerdoce. Il décrit aussi le cléricalisme comme une attitude à laquelle les laïcs participent lorsqu'ils s'interdisent de poser des questions, et il avertit que le déni institutionnel ne fait que retarder la crise de foi en la rendant plus destructrice. Les catholiques traditionalistes, rappelle-t-il, n'en sont pas à l'abri. Voici quelques-uns de ses passages.
La gravité morale de la trahison pastorale
Face aux dérives documentées au sein de certaines structures traditionalistes, le rappel théologique s'impose : « Saint Thomas d'Aquin en donne le corollaire moral. Le scandale, bien compris, est une conduite immorale qui entraîne la chute spirituelle d'autrui. Son horreur particulière dans la vie ecclésiastique réside dans le fait que l'autorité sacrée elle-même peut être source de préjudice ou d'égarement. Le prêtre qui abuse de la confiance que lui confère sa charge ne commet pas simplement une infraction sexuelle privée, tout en portant par hasard la soutane. Il corrompt une relation où la confiance spirituelle, l'autorité sacramentelle et la vulnérabilité pastorale ont créé les conditions mêmes de la trahison. »
La responsabilité accrue des figures d'autorité
La gravité des faits subis par les fidèles ou les membres fragiles trouve un écho direct dans ce constat : « La faute est plus grave, et non moindre, lorsque l'offenseur est quelqu'un dont la fonction devrait faire de lui un protecteur. Reconnaître cela ne dénigre pas les ordres sacrés. Cela témoigne du sérieux avec lequel on s'engage à comprendre pourquoi leur trahison est si terrible. »
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La soutane ne doit pas être un prétexte pour ne pas poser de question
Le problème de l'emprise touche l'ensemble du corps ecclésial : « Le cléricalisme n'est pas seulement une fatalité infligée par le clergé aux laïcs. Les catholiques laïcs y participent également lorsque la soutane devient un prétexte pour ne pas poser de questions, lorsque la fonction épiscopale se substitue aux preuves, ou lorsque la réputation de l'Église prime sur la justice due à une personne lésée. » Et l'auteur de rappeler que « les catholiques traditionalistes ne sont pas à l'abri de cette tentation. »
L'exigence ontologique sans idéalisation
Il faut donc admettre que « c'est précisément parce que nous insistons – à juste titre – sur le caractère ontologique et sacramentel du sacerdoce que nous ne devons pas laisser la vénération des ordres sacrés se muer en une idéalisation sentimentale de chaque homme qui les reçoit. Le caractère sacramentel ne rend pas un prêtre moralement irréprochable ; il rend la trahison de la charge sacerdotale plus terrible encore. »
Le danger de la fausse indéfectibilité
Maintenir l'illusion de l'infaillibilité personnelle des clercs comporte un risque cataclysmique pour la foi : « Si l'on enseigne aux catholiques, explicitement ou implicitement, que reconnaître une faute grave de la part des évêques ou des papes menace l'indéfectibilité de l'Église, chaque scandale avéré devient une crise de foi potentielle. Le déni institutionnel peut donc préserver la confiance un temps, mais seulement en rendant la révélation finale d'autant plus destructrice. Le catholique qui découvre qu'un fait dissimulé s'est réellement produit est alors amené à croire non seulement qu'un homme d'Église a failli, mais aussi que le catholicisme exigeait de lui qu'il ne faillisse pas. »
Heureusement, « le catholicisme n'exige rien de tel. »
Informations complémentaires
Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP)
- https://www.icrsp.org/accueil.php
- https://www.wikidata.org/wiki/Q1664727
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_du_Christ-Roi_Souverain_Pr%C3%AAtre
- https://www.courrier-picard.fr/id740271/article/2026-08-23/dans-loise-linstitut-du-christ-roi-une-mouvance-catholique-traditionaliste-qui
- https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Rome/Deux-visites-canoniques-a-l-Institut-du-Christ-Roi-2014-04-22-1139618
- https://www.icrsp.org/Pages/droit-pontifical.html
- https://www.leparisien.fr/societe/religions/il-y-a-des-signes-de-derives-sectaires-a-linstitut-du-christ-roi-lalerte-de-mgr-brunin-eveque-d-havre-30-09-2023-S7N6G2MA5NENLLWYPWJ5P2RBWE.php
- https://icrspfrance.fr/institut/informations
- https://tribunechretienne.com/que-sest-il-passe-a-notre-dame-du-lys-entre-larcheveche-de-paris-et-linstitut-du-christ-roi/
- https://www.icrsp.org/Pages/communique-mg-2014.html
- https://www.icrsp.org/Pages/election-prieur-general-2020.php
- https://www.icrsp-victimes.org/gilles-wach/r%C3%A9%C3%A9lection-gilles-wach
- https://www.icrsp-victimes.org/documents/pouvoirs-sup%C3%A9rieur-icrsp
- https://www.icrsp-victimes.org/
- https://www.facebook.com/profile.php?id=61575367463178
- https://x.com/ICRSP_victimes
Site Internet officiel : https://www.icrsp.org/accueil.php
⚖️ Statut canonique
Société de vie apostolique de droit pontifical.Le siège de la provincede France est depuis 2020 à Montagny-Sainte-Félicité (Oise) 🡵.
Dates clés
- 1990 Fondation au Gabon (diocèse de Mouila) par deux prêtres français, Gilles Wach et Philippe Mora en société cléricale de vie apostolique de droit diocésain 🡵
- 1991 L'ICRSP installe sa maison généralice et son séminaire dans le diocèse de Florence 🡵
- 2008 Reconnaissance comme société de vie apostolique de droit pontifical par le décret « Sæculorum Rex » 🡵
- 2014
- Un rapport rédigé par sœur Chantal-Marie Sorlin (Pour le bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France) dresse un tableau très sombre de l'institut : « le culte du fondateur », « le dénigrement de l'Église », « la coupure avec l'extérieur » ou « la vie évangéliquement incohérente des chefs » 🡵
- Le Saint-Siège mandate deux visites canoniques à l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre : la première porte sur l'institut lui-même et est confiée à Mgr François Bacqué. La seconde concerne le séminaire international Saint-Philippe-Néri. Elle est menée par le dominicain Luc-Thomas Somme 🡵
- 2016 Le Saint-Siège approuve de manière définitive les Constitutions de l'Institut 🡵
- 2026 Mgr Laurent Ulrich renonce à confier la chapelle et le patronage de Notre-Dame-du-Lys (à Paris) à l'ICRSP alors que cela avait été initialement envisagé, selon Tribune Chrétienne 🡵
Supérieur Général
Mgr Gilles Wach est à la tête de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre depuis sa fondation, en 1990. Il a été réélu pour plusieurs mandats de six ans.
- 1990 Fondation au Gabon (diocèse de Mouila) par deux prêtres français, Gilles Wach et Philippe Mora 🡵
- 2008-2014 Mgr Gilles Wach (1ère élection)
- 2014-2020 Mgr Gilles Wach (2ème élection) 🡵
- 2020-2026 Mgr Gilles Wach (3ème élection) 🡵
- 2026-2032 Mgr Gilles Wach (4ème élection) 🡵
Remarque : en 2026, le collectif des victimes de l'ICRSP a publié sur son site Internet une analyse des constitutions et du directoire de l'ICRSP. Cet article montre comment les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l'abbé Gilles Wach. Depuis qu'il a fondé l'ICRSP en 1990, il le dirige en qualité de Modérateur suprême, sur des mandats de six ans dont le nombre n'est pas limité. L'article détaille comment le supérieur nomme lui-même la majorité des membres du Chapitre général appelés à le réélire, et concentre entre ses mains les nominations, les visites canoniques, les finances et l'autorité sur la branche féminine et sur les associations de laïcs. Il souligne que les Constitutions reprennent le paragraphe 1 du canon 624 mais omettent le paragraphe 2, qui prescrit d'éviter qu'un supérieur demeure trop longtemps sans interruption en charge de gouvernement.
Effectifs
En 2013, 67 prêtres, 11 diacres et 85 séminaristes, dont un tiers provenant des États-Unis et du Canada 🡵
En 2026, l'Institut compte en France 35 prêtres dans 29 diocèses 🡵.
Autres branches
- Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- La Société du Sacré-Cœur, pour les fidèles laïcs
Critiques
Un rapport rédigé par sœur Chantal-Marie Sorlin (Pour le bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France) dresse un tableau très sombre de l'institut : « le culte du fondateur », « le dénigrement de l'Église », « la coupure avec l'extérieur » ou « la vie évangéliquement incohérente des chefs » 🡵
Mgr Jean-Luc Brunin a une double casquette, ou plutôt une double mitre. Il est évêque du Havre, connu pour ses positions progressistes mais aussi lanceur d'alerte de par ses fonctions de président de la cellule « Emprise et dérives sectaires » rattachée à la Conférence des évêques de France (CEF). À ses yeux, l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP) constitue « un dossier lourd » avec de « nombreux dysfonctionnements ». Alors, depuis plus de deux ans, l'ex-prêtre en monde ouvrier envoie régulièrement des signalements visant cette communauté religieuse « tradi » à la nonciature apostolique en France. Cette ambassade du Saint-Siège à Paris transmet ensuite, via la valise diplomatique, les documents aux congrégations concernées au Vatican.
Collectif de victimes
Voir aussi :