A Istres, le diocèse souhaite installer une stèle en hommage aux victimes face à la mosaïque de Marko Rupnik

L'œuvre d'une victime surplombée par l'œuvre monumentale de son agresseur. La symbolique d'un tel choix interroge.

  Semaine du 12 au 18 octobre 2026 (article 3/8)  

Diocèse d'Aix (4) Mgr Christian Delarbre (5) Renaissance, la symphonie des tesselles (4) Père Marko Rupnik (33)

A Istres (diocèse d'Aix), sur la façade de l'église Sainte-Famille se trouve une mosaïque du père Marko Rupnik. L'évêque du lieu, Mgr Christian Delarbre souhaite la conserver… « du moins pour l'instant ». En face de celle-ci, sera installé en 2027 une stèle en hommage aux victimes issue de panneaux de Renaissance, la symphonie des tesselles, l'œuvre collaborative de 50 m² imaginée par Sœur Samuelle, elle même victime de Marko Rupnik.

L'œuvre d'une victime surplombée par l'œuvre monumentale de son agresseur. La symbolique d'un tel choix interroge.

Sollicité par La Provence, le diocèse d'Aix et Arles indique avoir engagé une réflexion depuis plusieurs mois. Et si l'archevêque avait initialement envisagé de faire disparaître la mosaïque, la décision est désormais prise, elle restera en place, du moins pour l'instant.

En réponse à nos questions, le diocèse annonce toutefois une autre initiative : l'installation, le 28 février 2027, d'une stèle mémorielle dédiée aux victimes de violences commises au sein de l'Église. Une œuvre qui prendra place sur le parvis, directement face à la mosaïque controversée.

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La stèle en hommage aux victimes sera issue de Renaissance, une œuvre collaborative de 50 m² imaginée par Sœur Samuelle, mosaïste elle-même victime de violences sexuelles au sein de l'Église. Composée de fragments de mosaïque, elle associe des témoignages et des contributions de victimes et de personnes qui les accompagnent.

Le diocèse y voit une manière de rendre visibles des souffrances longtemps passées sous silence. " C'est un lieu de mémoire. Ça rappelle la gravité des violences commises et subies", explique-t-il, évoquant une démarche de " reconnaissance, de réparation, d'espérance".

" Cela donne plus de sens, qu'une stèle mémorielle mette en lumière ce qui a pu se passer", précise le diocèse, soucieux de conserver " un devoir de mémoire".

— La Provence

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