Voyage apostolique du pape à Lourdes : quel bilan pour les victimes ?

Un bilan en demi teinte.

  Semaine du 28 septembre au 4 octobre 2026 (article 5/13)  

Léon XIV (25) CEF (53)

Les collectifs écartés de la rencontre avec le pape

Les collectifs ont un apport particulier :

  • Un interlocuteur externe à l'institution qui dispose d'une expertise : sur la base des témoignages reçus et du travail fait par ses membres, un collectif se constitue une expertise, une analyse des schémas récurrents, des mécanismes à l'œuvre.
  • Une remise en cause du fonctionnement institutionnel et la demande de changements : là où l'entretien individuel relève le plus souvent de l'écoute, de la compassion, de la reconnaissance et de la réparation personnelle, l'objectif premier du collectif est tout autre : repérer les dysfonctionnements, les nommer, demander des changements institutionnels, structurels.
  • Un contre-pouvoir : face à des euphémismes, dissimulations ou omissions délibérées, voire parfois mensonges délibérés, il est difficile pour une victime seule de dépasser le narratif institutionnel. Un collectif a une connaissance plus large de la situation et une pluralité d'expertises. De plus, une personne seule n'exerce pas de contre-pouvoir et peut difficilement demander des comptes en cas d'inaction. Un collectif, oui.

La volonté que les collectifs de victimes ne soient pas représentés lors de la rencontre avec le pape a été très commentée. Et à présent, comment vont-ils être associés aux travaux de la CEF ?

A Paris, Marie Derain de Vaucresson remet le rapport de l'Inirr à Léon XIV

Le programme de la visite apostolique ne prévoyait aucun temps dédié pour que Marie Derain de Vaucresson présente au pape le bilan des trois années de fonctionnement de l'Inirr (Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation). Un oubli difficilement compréhensible, tant l'accompagnement assuré par cette instance a été salué par les victimes. Place de la Concorde, elle a finalement pu remettre son rapport en main propre au pape.

(Photo : Gilles Vermot Desroches, publiée sur le compte facebook de Jean-Baptiste Derain de Vaucresson)

Même si le pape a salué les progrès de l'Église de France lors de son allocution aux évêques, tout en les encourageant à poursuivre 🡵, cette rencontre « entre deux portes » ne plaide pas en faveur d'une reconnaissance pontificale formelle.

Le caractère « systémique » des violences

À l'issue de cette rencontre à huis clos avec le pape Léon XIV, cinq des sept personnes victimes ont répondu aux questions des journalistes. L'émotion et l'enthousiasme étaient palpables, d'autant que, selon elles, le pape aurait reconnu le caractère systémique de des violences.

Mais dans l'avion qui le ramenait à Rome, lundi 28 septembre 2026, le pape est revenu sur cet échange. Interrogé sur le caractère « systémique » des violences, il a nuancé : il préfère alors dire que certaines organisations de l'Église ont parfois pu être abusives en tant que système. Cette nuance de taille a fait réagir et douché certains espoirs du côté des victimes.

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