Pibrac : un ancien élève de l'école La Salle témoigne de violences subies dans les années 1970

Jean-Christophe Komorowski lance un appel à témoins auprès des anciens élèves de l'établissement lasallien de Haute-Garonne.

  Semaine du 21 au 27 septembre 2026 (article 14/14)  

Frères des écoles chrétiennes (32) La Salle Pibrac (1) Diocèse de Toulouse (22) Notre-Dame de Garaison (8) Diocèse de Tarbes et Lourdes (24) Enseignement privé catholique (258)

Jean-Christophe Komorowski, 62 ans, professeur d'université et membre du bureau de l'association Mémoire, Vérité, Reconnaissance (MVR), témoigne des violences qu'il dit avoir subies à l'école catholique La Salle de Pibrac (Haute-Garonne) entre 1972 et 1975, alors qu'il avait entre huit et onze ans. Il lance un appel à témoins auprès des anciens élèves de l'établissement lasallien, tout en évoquant la suite de son parcours à l'institution Notre-Dame de Garaison, où il dit avoir subi d'autres sévices ainsi qu'une agression sexuelle. Sollicitée, la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes indique recevoir ce témoignage « avec gravité et respect ».

Scolarisé de septembre 1972 à mai 1975, le sexagénaire garde en mémoire des épisodes traumatisants de ses années de classe : « J'ai été brisé à Pibrac. » Il décrit des « violences physiques, psychologiques et morales » subies dans la classe, par des laïcs, entre ses huit et onze ans. « Le classique, le tirage des cheveux, le tirage des oreilles, des gifles », puis « des dizaines de coups de règles de métal sur les doigts ».

D'après lui, les violences seraient allées plus loin. Il évoque des supplices destinés à faire mal, comme celui de « s'agenouiller sur l'arête d'une estrade », ou l'obligation de « porter une chaise à bout de bras au-dessus de ma tête au fond de la classe ». Des sévices qui auraient duré des heures.

« Tout ça se passe devant les autres. Il y a une notion de la part de l'adulte de casser l'élève, de l'humilier pour établir un système de terreur et de domination absolue », analyse-t-il aujourd'hui avec ses yeux d'adulte.

Après Pibrac, son parcours s'est poursuivi à l'institution Notre-Dame de Garaison, dans les Hautes-Pyrénées, où il aurait subi d'autres calvaires quotidiens, ainsi qu'une agression sexuelle. Un traumatisme qu'il tient à dissocier rigoureusement, tout en soulignant la continuité de sa souffrance : « Pibrac a préparé le terrain pour une soumission totale à Garaison et m'a rendu vulnérable à d'autres prédations. »

Face à ce lourd passé, Jean-Christophe Komorowski a puisé de la force dans le nombre. C'est d'ailleurs pour cela qu'il s'est d'abord ouvert sur les abus subis à Garaison, car un collectif existait. Son combat pour reconstituer son passé à Pibrac ne fait que commencer. « Si vous avez subi des violences, ou si vous avez été témoin direct ou indirect, il ne faut pas hésiter à le dire, même de manière anonyme », martèle-t-il. « N'attendez pas d'avoir 40, 50 ou 60 ans. Il faut parler, libérer la parole », encourage-t-il.

— La Dépêche

Pour contacter le collectif :

Informations complémentaires