Affaire Plessy : la cellule d'écoute du diocèse de Lyon a-t-elle cherché à décourager un dépôt de plainte ?

L'attitude d'un bénévole de la cellule d'écoute, ancien commissaire de police, pointée du doigt.

  Semaine du 21 au 27 septembre 2026 (article 1/14)  

Affaire Plessy (5) Diocèse de Lyon (23)

François L'Huilier, bénévole au sein de la cellule d'écoute et ancien commissaire de police a t-il tenté de dissuader Anna de porter plainte contre le père Jean-Bernard Plessy ? Et d'étouffer cette affaire ? Comme il n'est pas possible de se prononcer de manière définitive sur ses intentions, chacun se fera son avis.

« L'avocat de la défense ne vous épargnera pas. Il va vous massacrer »

François L'Huilier [est] bénévole au sein de la cellule d'écoute et ancien commissaire de police. [Anna] veut lui parler d'une éventuelle plainte contre Jean-Bernard Plessy.

François L'Huilier échange régulièrement avec elle depuis début juin. Durant leurs rencontres, il l'a encouragée à conserver les messages du prêtre, lui a rappelé son droit de porter plainte et l'a orientée vers une association d'aide aux victimes ainsi que vers un accompagnement psychologique pris en charge par le diocèse.

Mais, dès lors qu'Anna évoque une plainte, le discours change. « L'avocat de la défense ne vous épargnera pas. Il va vous massacrer », lui dit François L'Huilier, selon les enregistrements que nous avons pu écouter.

Il poursuit : « Si vous allez au tribunal, vous passerez un mauvais quart d'heure à cause des avocats. » Il évoque les questions qui pourraient lui être posées sur sa « relation » avec le prêtre et sur les raisons pour lesquelles elle serait retournée vers lui.

Dans un discours un peu confus, le policier lui rappelera tout de même, plus tard, qu'Anna peut porter plainte si elle le souhaite. Cela dissuade dans un premier temps, la jeune femme, qui renonce à porter plainte. Pour Me Nadia Debbache, son avocate, François L'Huilier ne lui a pas présenté la procédure de manière équilibrée. Elle estime notamment qu'il n'a pas expliqué à sa cliente qu'elle pouvait être accompagnée par son propre avocat et qu'il a surtout insisté sur les difficultés auxquelles elle serait confrontée. Contacté, François L'Huilier n'a pas donné suite à nos questions, malgré nos relances.

Le diocèse de Lyon indique de son côté que les éléments dont il dispose ne comportent pas de tels propos et que les échanges avec la cellule montrent un accompagnement régulier de la jeune femme pendant l'été.

— Rue 89

« Si tout le monde apprenait ça, ça serait la cata »

[François L'Huilier] lui aurait également dit que « si tout le monde apprenait ça, ça serait la cata », toujours selon le témoignage de la jeune femme. Invité à réagir sur ces mots, le diocèse dit ne pas souhaiter commenter ces propos.

Après avoir pris connaissance de ces éléments, Me Nadia Debbache écrit le lendemain à Mgr Olivier de Germay pour demander que les échanges avec sa cliente passent désormais par elle.

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