Père Jean-Bernard Plessy : le diocèse de Lyon dans la tourmente
Ce que les enquêtes de presse disent, et ce que le diocèse répond.
- https://www.lexpress.fr/societe/religion/a-lyon-lecole-des-chartreux-dans-la-tourmente-apres-la-plainte-pour-viols-contre-lex-directeur-XGLQ6NY6CJD6LLBLBBMEF7A2V4/
- https://www.facebook.com/reel/1761043588457701
- https://x.com/LEXPRESS/status/2100268754978443606
- https://bsky.app/profile/lexpress.fr/post/3mvnmiibfc42z
- https://www.lyoncapitale.fr/religion/avocate-de-la-victime-nadia-debbache-affaire-plessy-on-retrouve-la-volonte-de-minimiser-les-faits-et-de-proteger-linstitution
- https://lyon.catholique.fr/communique-relatif-a-la-plainte-deposee-contre-le-pere-plessy/
- https://www.lyoncapitale.fr/religion/diocese-de-lyon-plessy-chartreux
- https://abbaye-pesquie.org/la-communaute/
- https://www.la-croix.com/religion/qui-est-jean-bernard-plessy-le-directeur-dechu-des-chartreux-de-lyon-accuse-de-viols-20260915
- https://www.lyoncapitale.fr/societe/plessy-diocese-de-lyon-enquete
- https://www.la-croix.com/religion/apres-des-accusations-de-viols-contre-l-ancien-directeur-des-chartreux-des-dysfonctionnements-qui-interrogent-20260915
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/affaire-babolat-meurtri-et-peine-par-ces-accusations-le-directeur-des-chartreux-s-adresse-aux-parents-2439526.html
Résumé : l'article du journal L'Express
Le journal L'Express a publié cette semaine un article qui revient en détail sur la gestion de l'affaire "Plessy" par le diocèse de Lyon. Cette publication met en lumière des défaillances dans la réponse apportée par le diocèse et par son archevêque, Mgr Olivier de Germay.
Cet article a également fait l'objet d'une courte vidéo de présentation, dont voici la transcription :
Mais que fabrique le diocèse de Lyon ?
Si vous habitez Lyon, vous connaissez sûrement l'école des Chartreux, un établissement privé catholique d'excellente réputation, 4 000 élèves, 200 ans d'histoire et un directeur qui se trouve être un prêtre qui était à la tête de l'établissement depuis 27 ans. Une jeune élève a porté plainte ce 11 septembre contre lui pour viol aggravé. Une enquête a été ouverte par le procureur de la République, le présumé suspect dément tous les faits et clame son innocence, la jeune fille maintient ses accusations. Ce qui est intéressant dans cette histoire très malheureuse, c'est la réaction du diocèse de Lyon. Car la jeune fille a dans un premier temps contacté la cellule d'écoute qui lui a répondu promptement et avec beaucoup de gentillesse, mais sans jamais lui recommander d'aller déposer plainte ou d'aller voir un avocat. Plus surprenant encore, l'évêque a reçu le suspect, a entendu ce qu'il avait à lui dire, n'a pas informé l'école, a laissé le suspect finir son année scolaire et l'a ensuite envoyé à l'écart dans une abbaye. Le jour de la rentrée scolaire, le nouveau directeur ne savait pas ce dont était suspecté son prédécesseur. Ledit prédécesseur a eu tout le loisir accordé par le diocèse d'écrire un courrier aux parents le 9 juillet pour leur dire qu'il allait devoir abandonner sa charge, vu sa grande fatigue et pour se féliciter qu'il lui aient confié pendant tant d'années l'éducation morale de leurs enfants. Ce qui est très étonnant dans cette affaire, c'est la non rapidité, voire la lenteur avec laquelle le diocèse de Lyon l'a traitée. Car si le principal suspect a lui été reçu par l'évêque, son supérieur hiérarchique, la plaignante depuis le mois de juin n'a pas été reçue. On se demande pourquoi ce traitement si différent. En tout cas, aujourd'hui, le dossier est entre les mains de la justice, une enquête préliminaire est ouverte. À elle de faire la lumière.
— L'Express Sur Facebook - Sur Twitter/X - Sur Bluesky
L'attitude du diocèse et de Mgr de Germay en question
À propos de l'emploi du mot « relation » par le diocèse
[Lyon Capitale] Le diocèse affirme que la jeune fille avait elle-même utilisé le mot « relation » et qu'il ne pouvait pas qualifier les faits. Pourquoi ce terme ne vous convient pas ?
[Nadia Debbache, avocate de la plaignante] C'est odieux d'affirmer cela. Ma cliente a contacté la cellule d'écoute du diocèse alors qu'elle était complètement déboussolée, dissociée et traumatisée, incapable d'analyser ce qu'elle vivait. En examinant les échanges, on s'aperçoit que ce mot vient de la cellule d'écoute elle-même. Employer le mot « relation » sous-entend un rapport consenti. Le diocèse prétend ne pas trancher, mais il prend position et valide la thèse d'une relation partagée. Dès la sortie du communiqué du diocèse le 2 septembre, j'ai envoyé un courriel puis un courrier exigeant une rectification. Ils n'ont jamais répondu. Résultat : ma cliente a été insultée sur les réseaux sociaux et a subi une forte décompensation constatée par son psychiatre.
Dans son communiqué du 2 septembre, le Diocèse de Lyon expose ce dont il a été informé début juin. Ce communiqué précise qu'il s'agit d'une relation entre le directeur des Chartreux, prêtre, et une étudiante placée sous son autorité. Il reprend le mot « relation » parce que c'est le terme utilisé par la jeune femme elle-même. Il ajoute, qu'après avoir ouvert une enquête préliminaire, l'archevêque a retiré sa mission au Père Plessy. Il est donc évident pour le Diocèse de Lyon que cette jeune femme est victime de ce prêtre. C'est d'ailleurs ce que la cellule d'écoute, ayant toujours cru à sa parole, n'a cessé de lui dire dès le début des échanges avec elle. Le Diocèse a agi pour la protéger ; il lui redit toute sa compassion dans cette épreuve.
Il appartiendra à la justice, que le Diocèse a saisie dès le 6 juillet en la personne du procureur, de dire si les faits sont constitutifs d'infraction de viols et d'agressions sexuelles aggravés. Les autorités diocésaines n'ont ni la compétence ni l'autorité pour définir ces faits à la place des juridictions.
On notera que s'il appartient à la justice de qualifier les faits, rien n'empêchait le diocèse d'indiquer qu'il avait eu connaissance d'éléments extrêmement graves, laissant penser que le père Plessy aurait pu se rendre coupable de violences sexuelles. Et en indiquant que pour des raisons de prudence et sans présager de la qualification pénale des faits, Mgr de Germay avait retiré au père Plessy sa mission de directeur, ce dernier ayant alors remis sa charge. La non-qualification des faits par la justice n'empêche donc aucunement une explication des mesures prudentielles prises par Mgr de Germay.
Le diocèse laisse un mensonge prospérer
L'incompréhension règne parmi les fidèles. Notamment sur le silence du diocèse entre le 2 juillet, la destitution du père Plessy, et le 2 septembre, le premier communiqué officiel sur l'affaire. Durant ces deux mois, la version d'un départ pour « fatigue » a prospéré, alors que le prêtre avait déjà reconnu « la relation » et était sanctionné.
Nous avons dans un premier temps envisagé une communication en juillet. Il nous fallait cependant prendre en compte la demande de discrétion de la jeune femme.
Fin août, lorsque son avocate nous a fait savoir qu'elle souhaitait qu'une information claire soit donnée, nous avons publié le communiqué que vous connaissez.
— Lettre de Mgr Olivier de Germay aux prêtres du diocèse de Lyon, 16 septembre 2026
Le diocèse affirme avoir voulu protéger l'anonymat de la victime. Que répondez-vous ?
[Nadia Debbache, avocate de la plaignante] Prétendre avoir gardé le silence pour protéger ma cliente est faux. Elle n'a jamais été en capacité de faire cette demande tant en raison de son état psychologique que des pressions dont elle était victime de la part du mis en cause. Le diocèse a uniquement cherché à se protéger lui-même. Le 9 juillet, le directeur a présenté publiquement son départ comme lié à une « fatigue physique et mentale », ce qui est un mensonge validé par les autorités de tutelle de l'institution des Chartreux. Ce n'est qu'après mes courriers officiels du 27 août à l'archevêque et du 31 août à l'établissement des Chartreux, exigeant des précisions sur les mesures de protection et une communication conforme à la réalité, que le diocèse a publié son communiqué du 2 septembre.
« Il nous fallait cependant prendre en compte la demande de discrétion de la jeune femme ». Bien entendu, une certaine discrétion est nécessaire, et il n'est pas question de publier tous les détails ni de révéler l'identité de la jeune fille. Mais cela n'empêche pas pour autant d'annoncer que le père Plessy était suspecté de violences sexuelles, et à ce titre écarté de son poste de direction. En d'autres termes, une demande de discrétion n'est pas une demande de silence qui laisse des mensonges prospérer.
D'autre part, alors que la cellule d'écoute parlait « d'emprise » 🡵, s'appuyer exclusivement sur une demande de la jeune fille qui sert avant tout l'auteur de l'emprise suspectée devrait largement inquiéter une cellule d'écoute qui doit avant tout protéger les personnes.
L'éloignement à l'abbaye du Pesquié
L'évêque a déplacé le prêtre à l'abbaye du Pesquié dans l'Ariège, en prenant soin d'avertir l'évêque local, mais pas les religieuses qui désormais l'abritent.
Bien entendu, on ne peut que se réjouir que le père Plessy ait été éloigné de l'Institution des Chartreux. Cependant, si cette information de L'Express est exacte, il est ahurissant que les religieuses n'aient pas été prévenues de la raison de son séjour dans leur abbaye… d'autant plus que selon le site Internet de la communauté : « Nous sommes une communauté d'une quarantaine de moniales, où tous les âges de la vie sont bien représentés » 🡵. Il pourrait donc être de nouveau au contact de jeunes femmes, religieuses, cette fois-ci.
Par ailleurs, le choix même de cette abbaye interroge. En effet, ce lieu est loin d'être inconnu du père Plessy qui y emmenait des adolescentes de sa propre initiative mais sans y associer la pastorale de l'établissement. Une démarche qui pose fortement question :
[Le père Plessy] n'hésite pas non plus à sortir du cadre scolaire. Comme lors de ces retraites spirituelles qu'il propose à un groupe de six adolescentes à l'abbaye du Pesquié (Ariège) sans que le service de pastorale de l'établissement soit associé. C'est lui qui est aux commandes du minibus pendant les six heures du trajet et offre les repas au McDonald's, que les parents n'auront même pas à débourser.
— La Croix
La cellule d'écoute du diocèse mise en cause
Absence de mise en place immédiate de mesures de protection et d'éloignement
« L'avocate [de la plaignante] accuse la cellule d'écoute du diocèse d'avoir laissé la jeune fille en contact avec son agresseur pendant tout le mois de juin » 🡵. « Or, les viols continuent […] jusqu'au début du mois de juillet », accuse la plaignante 🡵.
Concernant le délai entre l'identification du prêtre et les mesures d'éloignement le 2 juillet, le diocèse explique avoir attendu la confirmation du passage en année supérieure de l'étudiante afin de préserver sa scolarité au sein des Chartreux.
Au regard de la gravité de la situation, « la confirmation du passage en année supérieure de l'étudiante » est certes à prendre en compte, mais sans commune mesure avec les viols dont elle aurait été victime le temps que les mesures d'éloignement soient prononcées.
Absence de réaction quand la cellule d'écoute du diocèse est informée que le père Plessy ne respecte pas l'interdiction de contacter la plaignante
[Nadia Debbache, avocate de la plaignante] Bien qu'informé en juin, le diocèse n'a pris aucune mesure d'éloignement immédiate : l'interdiction de contact n'a été signifiée qu'au début du mois de juillet. Et malgré cette interdiction formelle, le père Plessy a envoyé plus de 130 SMS et courriels entre le 3 juillet et le 4 août. Il se vantait, même après sa mise à pied, en répétant que l'évêché était de son côté. Ma cliente a prévenu la cellule d'écoute qu'il continuait à lui envoyer des messages malgré l'interdiction. Sans réaction de sa part. Entre fin juillet et fin août, la cellule a même totalement cessé de lui répondre, la laissant dans un abandon complet. […] La cellule d'écoute parlait « d'emprise » mais refusait de qualifier les violences sexuelles.
Si les faits dénoncés ici par l'avocate de la plaignante sont exacts, on retrouvera ici un schéma déjà observé dans d'autres affaires : des sanctions inopérantes car vraisemblablement connues de très peu de monde, et dont la violation n'a semble-t-il entraîné aucune conséquence. Et le tout sans tenir au courant la plaignante de la manière dont la violation des sanctions a été traitée.
La cellule d'écoute du diocèse aurait tenté implicitement de la dissuader de porter plainte
Pourquoi pensez-vous qu'il y a eu des pressions directes ou des tentatives d'entrave à la justice ?
[Nadia Debbache, avocate de la plaignante] La question se pose très clairement. Le père Plessy demandait systématiquement à ma cliente de détruire les SMS qui constituaient autant de preuves. Mais la cellule d'écoute suscite aussi de lourdes interrogations. Elle compte parmi ses membres un ancien commandant de la brigade de protection des familles. Or, il a affirmé à la jeune fille que si elle allait aux tribunaux civils, l'avocat de la défense allait « la massacrer », qu'il n'y aurait pas de suites judiciaires mais seulement des sanctions canoniques, tentant implicitement ainsi de la dissuader de porter plainte. Lorsqu'il a su qu'elle avait pris une avocate, il l'a appelée à 22 h pour lui déconseiller de suivre mes conseils. Il s'agit moins d'une incompétence grave que d'une stratégie délibérée pour étouffer l'affaire au profit de l'institution.
Concernant les accusations de dissuasion d'aller en justice par la cellule d'écoute, le diocèse assure qu'un SMS du membre de la cellule d'écoute atteste du contraire : « Il écrit noir sur blanc : ‘Je ne vous ai pas dissuadée de porter plainte.’ »
Absence de réponse pendant l'été de la part de la cellule d'écoute
Sur l'attitude de la cellule d'écoute après le signalement de l'évêque au procureur le 6 juillet, un proche de l'archevêque rappelle que « la cellule d'écoute n'a pas vocation à accompagner la personne une fois les signalements effectués. On reste en lien, on peut la rediriger vers des psychologues, le service de justice, mais ce n'est pas son rôle d'accompagner ».
Les demandes de la plaignante
La gestion de ce signalement met en lumière les défaillances structurelles de la cellule d'écoute lyonnaise. Pour y remédier, la plaignante formule deux exigences claires :
- L'ouverture immédiate d'un audit indépendant pour évaluer cette structure.
- Le transfert complet de l'accueil des victimes à des organismes extérieurs et neutres.
Le manque d'objectivité est inévitable lorsque les membres d'une cellule interne côtoient les personnes mises en cause (supérieurs hiérarchiques, collègues, figures d'autorité). Le Diocèse ne peut cumuler les rôles de lieu de recueil de la parole, d'employeur du suspect et de juge. La question de l'aptitude réelle des bénévoles à traiter des traumatismes lourds reste entière.
— Communiqué de presse de Nadia Debbache, avocate de la plaignante
Des dysfonctionnements institutionnels
Un directeur charismatique, omniprésent, sans contre-pouvoir efficace
Un autre article du journal La Croix dresse cette semaine un portrait du père Plessy.
L'article le présente comme extrêmement investi dans sa mission. L'Institution des Chartreux lui doit beaucoup, étant devenue sous son mandat une institution d'excellence. Point d'orgue, le grandiose bicentenaire de l'Institution des Chartreux, auquel se rend le tout-Lyon.
Mais cette réussite a été construite en concentrant les pouvoirs de manière préoccupante. Le tableau que dressent les témoins est celui d'une omniprésence sans garde-fou : c'est lui qui recrute les 450 enseignants, leur attribue classes et niveaux, préside tous les conseils de classe de la troisième à l'enseignement supérieur, annote à la main certains bulletins. Entre 2001 et 2026, il a cumulé les fonctions de chef d'établissement et de directeur général, sans directeur des études pour partager la charge. Autour de lui, les contre-pouvoirs se sont réduits : les représentants des parents d'élèves ne siègent pas aux conseils de classe, le dialogue syndical reste étroit, la tutelle n'exerce aucun contrôle officiel et ne prépare pas la succession.
De plus, prêtre et chef d'établissement, il décide des passages en classe supérieure et confesse certains de ses élèves, mélangeant for interne et for externe.
S'y ajoutent les sorties du cadre institutionnel : des retraites spirituelles proposées à un petit groupe d'adolescentes à l'abbaye du Pesquié (Ariège) sans que le service de pastorale de l'établissement soit associé, avec lui au volant du minibus. Et une proximité physique et affective que plusieurs anciennes élèves décrivent comme parfois gênante : embrassades, main sur l'épaule, correspondance où revient l'expression « vive affection ».
La faillite des systèmes de contrôle
Un article publié par le journal La Croix s'intéresse aux mécanismes défaillants de contrôle de l'Institution des Chartreux.
- Concentration des pouvoirs : jusqu'à cet été, le père Bruno Martin cumulait l'autorité de tutelle sur l'établissement (via la Société des prêtres de Saint-Irénée) et la présidence de l'association de gestion. Il représentait donc à la fois le contrôleur et le contrôlé.
- Absence des visites de tutelle : alors qu'elles doivent en principe avoir lieu tous les trois à cinq ans, ces visites n'auraient pas eu lieu de façon formalisée depuis 2001 selon les personnels et le syndicat Snec-CFTC.
- Contrôle externe du rectorat inopérant : l'inspection du rectorat de novembre 2025, pourtant conduite par dix inspecteurs, n'a produit que des mises en demeure mineures portant sur les cours de culture religieuse et une messe substituée à une heure de cours. Aucun dysfonctionnement institutionnel majeur n'a été pointé.
En 2022, plusieurs anciennes élèves ont également accusé d'agressions sexuelles le père Georges Babolat (décédé en 2006), qui dirigeait l'établissement avant le père Plessy 🡵. Ce précédent aurait dû servir de signal d'alerte pour revoir les mécanismes de contrôle au sein de l'Institution des Chartreux.
« Nous avons demandé la cotutelle du diocèse à partir de juillet [2026] », se défend l'évêché 🡵.
Lettre de Mgr Olivier de Germay
Cette semaine, Mgr Olivier de Germay s'est adressé aux personnes les plus impliquées dans la vie du diocèse.
La lettre ci-dessous a été transmise aux prêtres. Elle a également fait l'objet d'une diffusion aux diacres, aux LeME, aux coordinateurs et assistants paroissiaux, aux chefs de pôle et de service, aux salariés de l'ADL.
Mercredi 16 septembre 2026
Aux prêtres du diocèse de Lyon,
Chers frères prêtres,
Ce courrier est envoyé également aux diacres, salariés et fidèles du diocèse, mais j'ai une pensée particulière pour vous puisqu'il s'agit d'un prêtre. J'ai bien conscience qu'en tant que membres d'un même presbyterium, nous nous sentons particulièrement concernés par cette douloureuse révélation.
Comme vous le comprendrez en lisant ce texte, nos actions ont été avant tout guidées par le souci de respecter le cheminement de cette jeune femme victime.
En vous demandant de relayer le courrier ci-dessous à vos communautés, je vous assure de ma prière, de ma confiance et de ma gratitude pour votre engagement sacerdotal au service de la mission.Chers frères et sœurs,
Je m'adresse à vous à propos de ce qui s'est passé aux Chartreux. Une jeune femme a déposé plainte le 10 septembre à la suite de faits qu'elle dénonce. Cela est avant tout dramatique pour elle qui est profondément blessée par le traumatisme qu'elle a subi. Je lui exprime tout mon soutien et lui redis que nous croyons à sa parole.
Avec mes collaborateurs, nous nous sommes efforcés d'accompagner cette situation de façon collégiale, en croisant diverses compétences, avec sérieux, humanité, mais aussi avec humilité car ce genre de situations est particulièrement complexe.
Dans la mesure où le Père Plessy dirigeait un établissement catholique d'enseignement, le Directeur diocésain de l'Enseignement catholique a été associé au traitement de cette affaire.
Je voudrais aujourd'hui essayer d'apporter des éléments de réponse à une question qui a été souvent formulée, et que l'on peut tout-à-fait comprendre : si le diocèse a si rapidement pris des mesures pour protéger la jeune femme en écartant le directeur des Chartreux, pourquoi n'a-t-il pas communiqué plus tôt ?
Notre cellule d'écoute a reçu début juin un message anonyme d'une jeune femme majeure faisant état de la situation qu'elle vivait avec un prêtre beaucoup plus âgé qu'elle, dont elle ne donnait pas le nom. Il lui a immédiatement été indiqué que cette situation n'était pas normale et qu'elle en était victime. La cellule d'écoute lui a également conseillé de conserver la preuve des échanges.
Dès que nous avons connu son identité, nous avons pris les mesures qui s'imposaient en démettant le Père Plessy de ses fonctions et en lui interdisant d'entrer en contact avec la jeune femme (mesures prises le 6 juillet, complétées le 1er septembre par une interdiction d'exercer tout ministère dans le territoire de l'archidiocèse de Lyon et communiquées sur notre site internet le 2 septembre). Par ailleurs, nous avons fait un signalement au procureur de la République le 6 juillet dernier.
Nous avons dans un premier temps envisagé une communication en juillet. Il nous fallait cependant prendre en compte la demande de discrétion de la jeune femme.
Fin août, lorsque son avocate nous a fait savoir qu'elle souhaitait qu'une information claire soit donnée, nous avons publié le communiqué que vous connaissez.
Nous avons bien conscience que cette situation est douloureuse pour l'ensemble de la communauté éducative des Chartreux, pour les élèves et anciens élèves, pour les communautés éducatives de l'Enseignement catholique, pour les prêtres, ainsi que pour l'ensemble de notre Église diocésaine.
Il faut désormais attendre que les juridictions canoniques et étatiques se prononcent quant à la qualification des faits dénoncés. Les mesures conservatoires prises témoignent du sérieux avec lequel nous traitons ces faits. Tout au long de ce processus, notre priorité a été d'accompagner la jeune femme et de la soutenir dans cette épreuve.
J'invite toute personne qui aurait des informations supplémentaires en lien avec cette affaire à contacter le procureur de la République de Lyon.
En espérant que cette lettre vous aura apporté des éclairages, je vous assure de ma prière et de mon engagement à prendre cette affaire avec toute la compassion et le sérieux qu'elle mérite.
+ Olivier de Germay
Archevêque de Lyon
— Lettre de Mgr Olivier de Germay aux prêtres du diocèse de Lyon
Informations complémentaires
Père Jean-Bernard Plessy
- https://www.leprogres.fr/education/2014/06/08/le-superieur-de-l-institution-des-chartreux-j-b-plessy-chevalier-de-la-legion-d-honneur
- https://mesinfos.fr/auvergne-rhone-alpes/portrait-jean-bernard-plessy-le-temporel-au-service-du-spirituel-75004.html
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/affaire-babolat-meurtri-et-peine-par-ces-accusations-le-directeur-des-chartreux-s-adresse-aux-parents-2439526.html
- https://www.france-catholique.fr/aux-chartreux-de-lyon-on-eduque-le-coeur-lame-lesprit.html
- https://www.famillechretienne.fr/contenu/archives/archive/le-pere-jean-bernard-plessy-une-paternite-educative-34710
- https://www.lexpress.fr/societe/religion/a-lyon-lecole-des-chartreux-dans-la-tourmente-apres-la-plainte-pour-viols-contre-lex-directeur-XGLQ6NY6CJD6LLBLBBMEF7A2V4/
- https://www.lyoncapitale.fr/societe/plessy-diocese-de-lyon-enquete
- https://www.lyoncapitale.fr/religion/avocate-de-la-victime-nadia-debbache-affaire-plessy-on-retrouve-la-volonte-de-minimiser-les-faits-et-de-proteger-linstitution
- https://lyon.catholique.fr/communique-relatif-a-la-plainte-deposee-contre-le-pere-plessy/
- https://web.archive.org/web/20260805224307/leschartreux.com/actualites/information-10-juillet-2026
- https://www.leschartreux.com/information-importante
- https://mesinfos.fr/69000-lyon/institution-des-chartreux-une-cellule-d-ecoute-mise-en-place-pour-les-eleves-et-les-enseignants-338082.html
- https://lyon.catholique.fr/au-sujet-de-linstitution-des-chartreux/
- https://threadreaderapp.com/thread/2095165526712439047.html
- https://www.la-croix.com/religion/lyon-un-pretre-a-la-tete-d-un-groupe-scolaire-demis-apres-une-relation-avec-une-eleve-majeure-20260902
- https://www.rcf.fr/vie-spirituelle/regard-chretien-sur-lactualite-rcf-lyon?episode=708439
- https://www.lyonmag.com/article/153949/lyon-accuse-de-viols-par-une-etudiante-des-chartreux-le-pere-plessy-conteste-fermement-les-faits
Dates clés
- 1991 Ordonné prêtre à Saint-Étienne 🡵
- 1991-1995 Vicaire et aumônier des jeunes à Montbrison 🡵
- 1995-2001 Professeur de philosophie à l'Institution des Chartreux 🡵 et également vice-supérieur en 2000-2001 🡵
- 2001-2026 Supérieur général du groupe scolaire des Chartreux 🡵
- 2003-2026 Il devient également directeur général du groupe scolaire des Chartreux 🡵
- 2014 Il reçoit les insignes de chevalier de la Légion d'honneur 🡵
- 2022 Alors que le père Georges Babolat, ancien supérieur des Chartreux (de 1978 à 2001), est accusé par trois plaignantes d'agressions sexuelles subies lors d'une colonie de vacances dans les années 1990, il a apporté son soutien aux victimes déclarées (le dossier a été classé sans suite, l'accusé étant décédé) 🡵
- Démission, puis révélation des accusations (voir ci-dessous)
Remarques
- Le père Jean-Bernard Plessy a été le dernier prêtre directeur d'un établissement catholique sous contrat 🡵
- Il fait partie de la Société des prêtres de Saint-Irénée, qui réunit missionnaires diocésains, curés de paroisse et professeurs, et qui a donné à l'Institution des Chartreux tous ses directeurs depuis sa fondation en 1825 🡵 jusqu'en 2026.
L'affaire qui a entraîné le retrait de fonctions du père Jean-Bernard Plessy
Cette section se base principalement sur les informations révélées par l'article du journal L'Express : A Lyon, l'école des Chartreux dans la tourmente après la plainte pour viols contre l'ex-directeur.
Année 2025
- Septembre Une élève alors mineure entre aux Chartreux. Ses parents, non lyonnais, lui louent un studio 🡵
- Octobre Lors d'une soirée organisée par des élèves, après avoir bu un verre, elle se sent mal. Un camarade propose de la raccompagner et la viole en chemin. Elle dépose plainte au commissariat le lendemain 🡵
- Octobre–novembre Le père Jean-Bernard Plessy est informé de la plainte. Il convoque l'élève encore mineure, lui donne son numéro de portable en présentant ce geste comme un privilège rare, puis prend régulièrement de ses nouvelles 🡵
- Novembre Elle atteint sa majorité. Selon son avocate Nadia Debbache, le prêtre devient alors de plus en plus pressant, voire tactile 🡵
Année 2026 : avant l'été
Février Premier viol allégué. Selon son avocate, beaucoup d'autres suivent dans les mois suivants, jusqu'à plusieurs fois par semaine, accompagnés d'une correspondance constante (centaines de textos et mails) 🡵
« Plusieurs proches de la victime font alors état d'une relation d'emprise avec pour conséquence, selon eux, un isolement social de cette dernière, un arrêt de son suivi psychologique et une dégradation générale de son état de santé – elle se présentera deux fois aux urgences médicales [dans deux lieux différents, pour saignements et douleurs 🡵] – sur fond de menaces du père Plessy sur la bonne poursuite de sa scolarité et de chantage au suicide si elle parlait » 🡵.
Selon son avocate : « Connaissant sa vulnérabilité, le mis en cause s'est immiscé dans sa vie jusqu'à l'isoler de tous les adultes référents dont ses propres parents. Il a écarté sa psychologue en affirmant qu'elle ne servait à rien. Il cumulait toutes les casquettes : directeur, supérieur religieux, guide spirituel et même médecin, prétendant avoir étudié la médecine au séminaire. Il lui posait des diagnostics, lui prescrivait du repos et lui interdisait de voir des docteurs. Il a aussi exercé un chantage au suicide et des menaces, affirmant que tout révéler le détruirait. C'est de l'emprise totale et de la contrainte absolue » 🡵.
Printemps 2026 : Recherche d'aide par la jeune fille auprès de services d'écoute externes (SOS Amitié, Nightline) 🡵
Année 2026 : été
- Juin
- 4 juin Elle obtient une réponse de la cellule d'écoute après avoir envoyé un mail anonyme à une adresse générique du diocèse de Lyon 🡵.
- 16 juin Une enseignante contacte le vicaire général après avoir reçu les confidences de la jeune fille. Celui-ci la renvoie vers la cellule d'écoute 🡵. À ce moment, la personne de la cellule d'écoute avait « déjà deviné » qu'il s'agissait du père Plessy 🡵
- 19 juin « Ne sentant pas la jeune fille suffisamment protégée » 🡵, l'enseignante dépose un signalement à la brigade des mineurs 🡵
- Juillet
- 2 juillet
- L'archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay convoque le père Plessy 🡵
- Des mesures conservatoires sont signifiées au père Plessy : retrait de la mission de directeur au père Plessy par l'archevêque, assorti d'une interdiction de ministère et de contact avec la victime 🡵
- À partir de cette date, la plaignante n'est reçue ni par Mgr de Germay ni par l'évêque auxiliaire Mgr Loïc Lagadec 🡵
- Début juillet À la suite du signalement de l'enseignante, le procureur ouvre une enquête préliminaire pour agressions sexuelles aggravées 🡵
- Bien que démis, le père Plessy continue d'écrire à la jeune fille, lui dicte ce qu'elle devra répondre en audition (« ce serait l'idéal que ça en reste là ») et lui demande d'effacer chaque message. Elle répond : « Je suis perdue, j'ai peur » 🡵
- 6 juillet Le diocèse effectue un signalement au procureur de la République 🡵
- 9 juillet Le père Plessy adresse une lettre de deux pages aux parents d'élèves pour annoncer son départ. Il évoque alors son épuisement physique et moral, aggravé par l'incendie qui a touché l'établissement le 1er avril 2026. Arthur Gouhier est annoncé pour lui succéder à compter du 1er septembre 🡵
- 2 juillet
- Août Selon la défense de la victime, le prêtre aurait encore échangé 130 messages entre le 2 juillet et le 4 août, alors qu'il avait interdiction d'entrer en contact avec la jeune fille 🡵
- Durant l'été Le père Plessy est déplacé par Mgr de Germay à l'abbaye du Pesquié (Ariège). L'évêque local est averti des accusations dont il fait l'objet, contrairement aux religieuses qui l'accueillent 🡵
Année 2026 : à partir de la rentrée
- 31 août À la veille de son entrée en fonction, Arthur Gouhier envisage un pot de départ pour le père Plessy… avant d'être mis au courant des accusations pesant sur le prêtre 🡵 🡵 🡵
- 2 septembre, un communiqué du diocèse de Lyon est publié. Il ne parle pas de violences sexuelles, mais de « relation », laissant supposer une relation consentie entre personnes majeures. Le communiqué annonce également qu'une enquête canonique a été ouverte, sans indiquer de date. Ce communiqué est immédiatement très vivement critiqué par Natalia Trouiller, qui décrit une réalité infiniment plus sombre. Elle met en cause plus spécifiquement trois personnes :
- Père Jean-Bernard Plessy : emprise construite sur une élève à partir d'octobre alors qu'elle était mineure (isolement de ses proches, arrêt de son suivi psy…), puis violences sexuelles une fois majeure, aggravées par sa position d'autorité. Il aurait scripté les propos qu'elle devait tenir aux urgences, exercé un chantage au suicide, violé l'interdiction de contact décidée par l'évêque et demandé par mail la destruction des preuves.
- Mgr Olivier de Germay : alerté le 3 juillet, il a laissé le père Plessy quitter sa charge en invoquant une fatigue liée notamment à l'incendie, alors qu'il avait été démis de ses fonctions. Puis après deux mois sans que la situation évolue, « il est apparu indispensable que la communauté éducative soit informée et qu'une enquête interne puisse être diligentée » et un communiqué minimisant les faits sous le mot « relation » est alors publié.
- Le responsable de la cellule d'écoute (ancien commandant de police) : il aurait découragé la victime d'aller au pénal en préjugeant de l'issue du dossier, et aurait sciemment caché à l'évêque que le mis en cause désobéissait à ses ordres. Ses conseils seraient toujours allés vers la solution la moins coûteuse pour l'institution.
- 2 septembre (également) Les Chartreux annoncent la mise en place d'une cellule d'écoute avec l'aide d'un cabinet extérieur, pour les élèves et les enseignants qui en exprimeraient le besoin 🡵. Il est donc très clair que l'on est bien au-delà de ce que l'on entend habituellement par « relation » entre deux personnes majeures
- 4 septembre
- Christophe Ravinet, responsable de la communication externe du diocèse, défend le diocèse dans La Croix au sujet de l'emploi d'un vocabulaire euphémisant : « Nous n'avons aucun droit de qualifier les faits avant qu'ils ne soient jugés, que ce soit par la justice civile ou canonique » 🡵
- Sur RCF, Mgr Loïc Lagadec utilise pour la première fois les expressions d’« éléments graves » et invoque « la dissymétrie des situations, le rapport d'autorité, la différence d'âge » 🡵, ce qui marque une évolution nette par rapport au communiqué publié deux jours plus tôt
- Une lettre du Directeur Général est transmise à tous les parents d'élèves du Groupe Chartreux pour les avertir de l'ouverture effective du dispositif d'écoute
- 10 septembre (le 11 selon L'Express) La plaignante dépose plainte avec son avocate contre le père Plessy. La victime demande que l'enquête judiciaire porte explicitement sur des viols aggravés ainsi que sur des agressions sexuelles aggravées en raison des fonctions d'autorité exercées par le père Plessy et des éléments de vulnérabilité tenant à la victime, et également sur une possible tentative d'entrave à la justice, suite à des pressions exercées sur la plaignante pour falsifier son récit et lui imposer le silence. L'avocat du père Plessy, Thomas Ginoux, indique que son client conteste vigoureusement les faits 🡵 🡵
- 11 septembre Dans un nouveau communiqué, le diocèse indique, au sujet du communiqué du 2 septembre : « Il reprend le mot « relation » parce que c'est le terme utilisé par la jeune femme elle-même ». Cependant, cette fois-ci et contrairement au précédent communiqué, un soutien à la plaignante est mentionné : « Le Diocèse lui exprime tout son soutien », « il est donc évident pour le Diocèse de Lyon que cette jeune femme est victime » (la qualification de « victime » est ici employée) 🡵
- 16 septembre
- Publication d'un article de L'Express qui critique la gestion de cette affaire par le diocèse 🡵
- Mgr de Germay écrit aux prêtres de son diocèse en leur demandant de relayer un message à leurs communautés. Il réaffirme notamment ne pas avoir communiqué en juillet pour « prendre en compte la demande de discrétion de la jeune femme »
Institution des Chartreux
- https://jeanpaul2compiegne.fr/
- https://www.archives-lyon.fr/arrive-a-lyon?search=chartreux&day=&month=&year=&start_year=&end_year=&op=Rechercher
- https://www.leschartreux.com/qui-sommes-nous/histoire-de-linstitution-1
- https://tribunedelyon.fr/justice/exclusif-encore-un-pretre-lyonnais-ancien-superieur-des-chartreux-accuse-de-pedophilie/
- https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2024/11/12/affaire-du-pere-babolat-une-quatrieme-victime-de-lex-superieur-des-chartreux-saisit-la-justice/
- https://mesinfos.fr/auvergne-rhone-alpes/portrait-jean-bernard-plessy-le-temporel-au-service-du-spirituel-75004.html
- https://web.archive.org/web/20260805224307/leschartreux.com/actualites/information-10-juillet-2026
- https://www.la-croix.com/religion/apres-des-accusations-de-viols-contre-l-ancien-directeur-des-chartreux-des-dysfonctionnements-qui-interrogent-20260915
- https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/05/17/conflit-aux-chartreux-de-lyon-sur-fond-de-soupcon-d-integrisme_4171751_1819218.html
- https://www.20minutes.fr/justice/3221147-20220121-lyon-nouvelle-enquete-pretre-lyonnais-accuse-agressions-sexuelles
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/affaire-babolat-meurtri-et-peine-par-ces-accusations-le-directeur-des-chartreux-s-adresse-aux-parents-2439526.html
- https://tribunedelyon.fr/justice/chartreux-de-lyon-le-pere-plessy-vise-par-une-plainte-pour-viols-et-agressions-sexuelles/
Origine
- 1816 Ordonnance des vicaires généraux décidant l'établissement aux Chartreux d'une communauté de prêtres missionnaires : la « Société de la Croix de Jésus », qui devient après 1824 la Société des prêtres de Saint-Irénée, est couramment dénommée « Les Chartreux ». Les premiers prêtres s'installent début août 1816 🡵
- 1825 Le Père Pousset, membre de cette communauté et curé de la paroisse Saint-Bruno, fonde le cours classique de Jésus adolescent, ébauche de la future Institution des Chartreux 🡵
Un très fort développement depuis la fin des années 1970
Sous la direction du père Georges Babolat
Le père Babolat a triplé le nombre d'élèves dans l'Institution des Chartreux 🡵.
Sous la direction du Père Jean-Bernard Plessy
Entre 2001 et 2019, 5 établissements scolaires rejoignent l'Institution des Chartreux 🡵 :
- 2001 La Sainte-Famille à Saint-Étienne. École et collège
- 2008 Le collège Saint-Charles – Lyon 4 et l'école Saint-Romain à Caluire-et-Cuire
- 2011 L'Internat Saint-Irénée. Internat pour les étudiants des classes préparatoires scientifiques C.P.E
- 2012 L'école Sainte-Blandine à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or
- 2019 L'école Saint-Joseph à Champagne-au-Mont-d'Or et le site dédié aux formations supérieures Sup Alta
Dernières personnes à avoir assuré la fonction de supérieur général
- 1978-2001 Père Georges Babolat 🡵
- 2001-2026 Père Jean-Bernard Plessy 🡵
- Depuis 2026 Arthur Gouhier 🡵
Tutelle
Jusqu'à juillet 2026, les Chartreux étaient sous tutelle exclusive de la Société des prêtres de Saint-Irénée dont son supérieur était autorité de tutelle de l'établissement. De plus, la gestion financière et administrative de l'établissement était confiée à l'association Saint-Irénée des Chartreux, présidée par le supérieur de la Société des prêtres de Saint-Irénée. Ce dernier cumulait donc gestion et tutelle 🡵.
A partir de juillet 2026 et avec l'affaire "Plessy", la tutelle des Chartreux est assurée conjointement par les prêtres de Saint-Irénée et le diocèse de Lyon 🡵.
Affaires médiatisées
Père Matteo Lo Gioco
En 2001, le lycée traverse un conflit ouvert entre sa direction et une partie de son corps enseignant. Une soixantaine de professeurs écrivent au cardinal Louis-Marie Billé, archevêque de Lyon, pour alerter sur ce qu'ils décrivent comme des dérives intégristes ou dogmatiques, liées au rôle croissant du Père Matteo Lo Gioco. Responsable de la catéchèse, il est un ancien militant des commandos anti-IVG, condamné en 1995 pour s'être enchaîné aux portes de salles d'opération pratiquant des IVG à l'hôpital de la Croix-Rousse. Dans le cadre du groupe « approfondissement de la foi », il étudie ses thèmes de prédilection : « L'Évangile et les conduites sexuelles », « Les relations sexuelles avant le mariage », ou encore l'affaire Galilée, qui selon lui « constitue avec l'Inquisition et la Saint-Barthélemy une trilogie classique dans l'arsenal anticatholique ». Un des signataires, convoqué par le directeur adjoint le Père Jean-Bernard Plessy, est licencié après avoir refusé de se rétracter publiquement 🡵.
Père Georges Babolat
Le Père Georges Babolat a dirigé les Chartreux durant vingt-trois ans, jusqu'en 2001. Il y a triplé le nombre d'élèves et a reçu la Légion d'honneur à son départ à la retraite ; à ses funérailles en 2006, présidées par le Cardinal Philippe Barbarin, les hommages ont afflué. En 2016, l'évêché de Lyon est informé par la mère d'une victime présumée que le prêtre se serait livré, dans les années 1990, à des attouchements sur des fillettes d'une dizaine d'années, lors d'une colonie de vacances indépendante de l'établissement. Le cardinal lui demande pardon au nom de l'Église et promet d'ouvrir les archives, sans qu'aucun élément ne lui revienne. La mère saisit le procureur en avril 2019. Deux femmes entendues durant l'enquête préliminaire confirment des attouchements subis dans l'infirmerie de la colonie. Le parquet classe l'affaire sans suite par extinction de l'action publique, en raison du décès du prêtre 🡵 en 2020 🡵.
Lorsque les accusations paraissent dans la presse en 2022, le père Jean-Bernard Plessy, alors supérieur général des Chartreux apporte son soutien aux victimes déclarées 🡵
Père Jean-Bernard Plessy
En 2026, le père Jean-Bernard Plessy démissionne de ses fonctions de supérieur général du groupe scolaire des Chartreux prétextant qu’« une fatigue au sortir de l'hiver s'est transformée en épuisement au début de l'été » 🡵. En réalité, son départ serait davantage lié à des accusations de « viols et agressions sexuelles » 🡵.
Cette affaire est toujours en cours, et le père Jean-Bernard Plessy n'a pas encore été jugé. Il demeure de ce fait présumé innocent.
Voir aussi :
Société des prêtres de Saint-Irénée
- https://www.archives-lyon.fr/arrive-a-lyon?search=chartreux&day=&month=&year=&start_year=&end_year=&op=Rechercher
- https://www.diocese-saintetienne.fr/evenements/les-racines-chretiennes-du-forez
- https://paroissesaintbrunolyon.fr/trombi.html
- https://lyon.catholique.fr/a-propos-de-la-paroisse-de-la-croix-rousse/
- https://www.leschartreux.com/actualites/soiree-festive-autour-du-pere-cacaud-et-du-superieur-de-linstitution-des-chartreux
- https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/une-affaire-d-agression-sexuelle-ebranle-le-prestigieux-lycee-des-chartreux-a-lyon
- https://web.archive.org/web/20260124120258/https://paroisse-saint-claude-tassin.fr/Info_LeCure.html
- https://www.linternaute.com/actualite/societe/1287131-jerome-billioud-le-pretre-accuse-de-pedophilie-ne-se-souvient-de-rien/
- https://www.yumpu.com/fr/document/read/16682494/georges-babolat-institution-des-chartreux/25
- https://www.leschartreux.com/nos-atouts/ouverture-chretienne/le-padre-club
- https://www.lyoncapitale.fr/religion/affaire-plessy-chartreux-societe-des-pretres-de-saint-irenee
- https://www.laredemption-stjoseph.fr/votre-ensemble-paroissial/informations-pratiques/bulletin-paroissial/bp-13-09-17
Origine
1816 Ordonnance des vicaires généraux décidant l'établissement aux Chartreux d'une communauté de prêtres missionnaires : la « Société de la Croix de Jésus », qui devient après 1824 la « Société des prêtres de Saint-Irénée », est couramment dénommée « Les Chartreux ». Les premiers prêtres s'installent début août 1816 🡵.
Derniers supérieurs des prêtres de Saint-Irénée
IMPORTANT : les informations ci-dessous n'ont pas pu être vérifiées avec toute la rigueur que je souhaiterais. Elles sont donc à prendre avec précaution. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des éléments permettant de confirmer, de réfuter, ou de préciser ces informations.
- Père Georges Babolat
- Père Eric de Nattes (semble avoir quitté la société)
- Père Bruno Martin (Supérieur des prêtres de Saint-Irénée) 🡵 🡵
Membres actuels
IMPORTANT : les informations ci-dessous n'ont pas pu être vérifiées avec toute la rigueur que je souhaiterais. Elles sont donc à prendre avec précaution. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des éléments permettant de confirmer, de réfuter, ou de préciser ces informations.
La Société des prêtres de Saint-Irénée compte actuellement un petit nombre de membres :
- Père Bruno Martin (Supérieur des prêtres de Saint-Irénée) 🡵 🡵
- Mgr Alain Planet 🡵
- Père Jean-Bernard Plessy
- Père Michel Cacaud 🡵
- Père Mattéo Lo Gioco 🡵
- Père Thierry Tabone 🡵
- Père Jérôme Billioud 🡵
- Père Didier Pirrodon 🡵
- Père Guillaume Wehrlé 🡵
- Père Bernard Planche
Affaires médiatisées
Père Georges Babolat
Deux femmes ont témoigné en 2016, puis une troisième en 2019, dénonçant des attouchements commis dans les années 1990 alors qu'elles étaient enfants. L'enquête judiciaire a été classée sans suite, par extinction, en avril 2020 en raison du décès du prêtre en 2006 🡵.
Père Jérôme Billioud
Le Père Jérôme Billioud avait déjà été condamné en 1998 à un mois de prison avec sursis pour atteinte sexuelle. En 2009, un homme l'a accusé d'agressions sexuelles à Biarritz en 1990, alors qu'il avait 16 ans, puis à Lourdes en 1993. La plainte a été classée pour prescription. En 2016, le père Billioud a été suspendu de tout ministère 🡵 puis a retrouvé un ministère un an plus tard 🡵.
Père Jean-Bernard Plessy
Cela concerne une affaire en cours. Voir la page dédiée.
Voir aussi :
- Institution des Chartreux (3)
- Père Jean-Bernard Plessy (3)
- Père Jérôme Billioud (fiche uniquement)
Mgr Olivier de Germay
- https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/personne/mgr-olivier-de-germay/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_de_Germay
- https://ec.cef.fr/wp-content/uploads/sites/2/2014/05/cp_ajaccio_2012.pdf
- https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2020-10/mgr-olivier-de-germay-nouvel-archeveque-lyon-france-barbarin.html
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/nominations/366565-mgr-de-germay-nomme-eveque-dajaccio/
- https://www.youtube.com/watch?v=rCE6yvYB2P4
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/comprendre-laffaire-louis-ribes-le-picasso-des-eglises-accuse-dagressions-sexuelles-sur-mineurs-80439.php
- https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/loire/saint-etienne/revelations-d-abus-sexuels-sur-mineurs-commis-par-le-pretre-ribes-l-eveque-de-saint-etienne-a-la-rencontre-des-habitants-de-grammond-2422399.html
- https://nouveaulyon.fr/2020/09/15/journees-du-patrimoine-sur-les-traces-des-pretres-artistes/
- https://web.archive.org/web/20230203184639/https://lyon.catholique.fr/actualites/textes-et-communiques/2022/05/06/suivi-de-laffaire-louis-ribes/
Dates clés
- 1960 Naissance 🡵
- 1998 ordonné prêtre pour le diocèse de Toulouse 🡵
- 1999-2001 Vicaire de l'ensemble paroissial de Castanet et aumônier diocésain des Guides de France 🡵
- 2001-2006 Curé de l'ensemble paroissial de Castanet 🡵
- 2003-2006 Doyen de la zone Banlieues-Sud de Toulouse 🡵
- 2004-2012 Vicaire épiscopal chargé de l'accompagnement des banlieues de Toulouse ; membre du Conseil épiscopal 🡵
- 2006-2012 Curé de l'ensemble paroissial de Beauzelle 🡵
- 2008-2012 Professeur de théologie sacramentelle et de la famille à l'Institut catholique de Toulouse 🡵
- 2009-2012 Doyen du doyenné de Blagnac 🡵
- 2010-2012 Prêtre accompagnateur du Service diocésain de pastorale familiale 🡵
- 2012-2020 Évêque d'Ajaccio 🡵
- Depuis 2020 Archevêque de Lyon 🡵
Déclaration de Mgr Olivier de Germay après la publication du rapport de la Ciase
Le rapport de la CIASE a été publié ce matin. Les chiffres qu'il donne dépassent ce que l'on pouvait imaginer. Derrière les chiffres, il y a des personnes. Des vies souillées, meurtries, brisées. Personnellement, ce rapport me bouleverse, m'écoeure et me scandalise. Les personnes victimes que j'ai rencontrées m'ont aidé à prendre conscience du traumatisme que représentent ces actes odieux. J'ai honte de ce qui s'est passé. De ces actes inqualifiables, mais aussi de la façon dont les affaires ont été traitées. Ces chiffres effroyables montrent que dans le passé, l'Église a été défaillante en voulant gérer en interne ces questions. Elle n'a pas su ou n'a pas voulu voir ce qui se passait et a mis bien du temps à réaliser l'ampleur du phénomène.
Des personnes victimes ont eu le courage de parler, parfois grâce à des associations. On a pu parfois se sentir agressé par de telles associations, mais il faut bien reconnaître qu'elles ont permis de faire avancer les choses. C'est en partie grâce à la parole libérée à Lyon, que l'église qui est en France a mandaté une commission indépendante pour faire la vérité et à aboutir à la publication de ce rapport.
Dans le diocèse de Lyon, de 1950 à aujourd'hui, 76 cas de prêtres et religieux auteurs d'abus sexuels ont été recensés, dont 49 sur personnes mineures. Mais ce rapport établit que de nombreuses personnes victimes ne se sont pas fait connaître. La publication de ce texte est douloureuse. C'est un choc pour l'Église. Ce choc sera salutaire s'il est l'occasion de regarder la réalité en face et de prendre les mesures nécessaires. Le rapport Sauvé révèle également l'ampleur que l'on ne soupçonnait pas des abus sexuels dans l'ensemble de la société. Cela ne diminue pas la responsabilité de l'Église. Elle peut cependant ouvrir la voie d'un véritable changement au sein de la société tout entière. Certaines des mesures préconisées par le rapport ont déjà été mises en place. Mais le président Sauvé nous demande d'aller beaucoup plus loin. Il préconise des réformes structurelles que nous étudierons dès notre prochaine assemblée plénière à Lourdes.
En terminant, je voudrais redire aux personnes victimes notre honte et notre compassion. Au nom de l'Église, je leur demande pardon.
Je voudrais également inviter les fidèles laïques à affronter cette épreuve avec courage. Je pense aussi aux innombrables prêtres, diacres, religieux, religieuses qui se mettent humblement et quotidiennement au service des autres. Nous sommes fiers de l'Évangile qui demeure une bonne nouvelle pour notre temps. Mais nous avons honte de ce qui s'est passé et nous ne devons pas craindre de faire la lumière sur tous ces faits.
Ensemble, travaillons à restaurer la confiance.
Affaires médiatisées
Père Louis Ribes
Le père Louis Ribes (1920-1994) est originaire de Grammond (dans la Loire) 🡵 et incardiné dans le diocèse de Lyon 🡵. Il a fait un nombre extrêmement important de victimes (peut-être plusieurs centaines) dans les diocèses de Lyon, Saint-Étienne et Grenoble.
En 2016, on sait de manière certaine que des personnes ont dénoncé les agissements pédo-criminels du père Ribes.
Cependant, en 2020 est publié le livre « Prêtres & Artistes » à l'initiative de la Commission diocésaine d'art sacré de Lyon pour mettre à l'honneur des prêtres lyonnais… dont le père Ribes 🡵. Selon le diocèse, cette publication est intervenue à un moment où on « ignorait ses agissements pédo-criminels, sans quoi, évidemment, il n'aurait jamais vu le jour »… ce qui est faux, notamment en raison des alertes de 2016. Ce livre a été retiré de la vente en septembre 2021 🡵.
Père Jean-Bernard Plessy
Cette affaire étant en cours, merci de vous référer à la page dédiée à ce sujet.
Diocèse de Lyon
Archevêque : Mgr Olivier de Germay
Évêques auxiliaires
- Mgr Thierry Brac de la Perrière
- Mgr Loïc Lagadec
- Mgr Patrick Le Gal
Vicaires généraux
- Père Xavier Grillon
- Père Matthieu Thouvenot
Chancelier : Hervé Bourloux
Économe diocésain : Véronique Bouscayrol
Derniers évêques
- 2002-2020 : Cardinal Philippe Barbarin 🡵
- Depuis 2020 : Mgr Olivier de Germay 🡵
Voir aussi :
- Collège Saint-Louis de la Guillotière (1)
- Institution des Chartreux (3)
- Mgr Loïc Lagadec (1)
- Mgr Olivier de Germay (9)
- Père Guy Gérentet de Saluneaux (1)
- Père Jean Beau (1)
- Père Jérôme Billioud (fiche uniquement)
- Père Louis Ribes (5)
- Saint-Thomas-d'Aquin, à Oullins (3)
- Société des prêtres de Saint-Irénée (3)