Ex-religieuses à la rue : la réponse scandaleuse du président de la Corref

Le droit canonique fait pourtant peser sur les communautés une obligation d'équité envers celles qui les quittent.

  Semaine du 7 au 13 septembre 2026 (article 10/13)  

Père Jean-Pascal Lombart (2) Religieuses abusées (9) Corref (17) Code de droit canonique (18)

RTL consacre un article à la réinsertion des religieuse quand elles quittent leur communauté. L'article rappelle que « certaines finissent même à la rue, faute de ressources ».

Dans ce contexte décrit par l'article, la réaction du père Jean-Pascal Lombart, président de la Corref est tout bonnement inadmissible. Après avoir parlé de la formation, il ajoute : « les personnes doivent être informées du cadre que leur offre la vie religieuse pour qu'elles s'engagent en connaissance de cause ». Dit autrement, à partir du moment où les religieuses sont informées qu'elles peuvent se retrouver à la rue en quittant une communauté, libre à elles de s'engager ou non.

Bien entendu, le droit de l'Église n'en reste pas là. Le canon 702 §2 fait obligation à l'institut de garder « l'équité et la charité évangélique à l'égard du membre qui en est séparé ». Le Vademecum des droits des religieux et religieuses, voté en assemblée générale de la Corref le 24 novembre 2023, le rappelle en son article 31. Pour être complet : le §1 du même canon prive l'ancienne religieuse de toute créance au titre du travail accompli, et le §2 n'ouvre aucun recours. Mais l'obligation du §2 existe bel et bien, et elle pèse sur les instituts.

Renvoyer religieux et religieuses à leur consentement éclairé, c'est donc déplacer sur eux la charge de ce qui incombe à leur communauté.

Je me suis quasiment retrouvée à la rue. Heureusement, j'avais mes parents", raconte-t-elle. À cause du vœu de pauvreté, les sœurs de Bethléem n'ont pas de compte en banque. Résultat : les femmes souhaitant quitter l'établissement ont beaucoup de difficultés à trouver un logement, obtenir les aides auxquelles elles ont droit, se faire une situation stable. Certaines finissent même à la rue, faute de ressources.

Dans d'autres témoignages, certaines racontent le manque de papiers d'identité, de cartes vitales. Une situation qui a pu dissuader plusieurs de ses connaissances de quitter le couvent, raconte Véronique.

Afin de leur venir en aide, Mélanie De Brabant s'est donnée pour mission de les accompagner dans leur réinsertion en travaillant pour l'association Fraternité Victime.

« Il y en a plusieurs dizaines chaque année », explique-t-elle. Avant de détailler : « Ce sont des femmes qui ont l'habitude qu'on ne s'intéresse pas à elles, qui ont fait en plus un vœu de pauvreté. Une religieuse qu'on accompagnait qui est sortie sans papier d'identité à jour, qui ne pouvait pas créer de compte en banque, demander le RSA, etc. Il faut effectivement libérer la parole sur cette forme d'abus qui existe aussi dans l'Église catholique. »

Au sein de l’Église, le problème est connu. La Conférence des religieux de France a d'ailleurs créé des formations pour prévenir ces risques. Mais l'institution n'a pas vraiment de pouvoir, comme l'explique le père Jean-Pascal Lombard, président de cette conférence.

« Les personnes doivent être informées du cadre que leur offre la vie religieuse pour qu'elles s'engagent en connaissance de cause », prévient le religieux.

RTL

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