Collège La Salle L'Aigle à Grenoble : « J'étais puni de manière inhumaine »

Soixante ans plus tard, un ancien élève témoigne.

  Semaine du 7 au 13 septembre 2026 (article 8/13)  

Collège La Salle L'Aigle à Grenoble (1) Frères des écoles chrétiennes (29) Diocèse de Grenoble-Vienne (14)

Patrick était scolarisé au collège La Salle L'Aigle, à Grenoble, de la sixième à la troisième. Un professeur le martyrisait physiquement et mentalement lors de sa première année. Soixante ans plus tard, il témoigne de son cauchemar 🡵.

D'abord, il y avait les injures, quasi quotidiennes, m'expliquant que j'étais nul, que je ne ferais rien de ma vie, qui vous marquent lorsque vous n'êtes qu'un adolescent. Ensuite, il y avait les brimades physiques, les coups, les claques dans la tête, les punitions car je n'avais pas de bons résultats. Je faisais énormément de fautes de français et j'étais puni de manière inhumaine."

Une punition revenait souvent : se mettre à genoux sur une règle en fer en tenant de lourds dictionnaires à bout de bras. « Outre la douleur physique, c'est ce sentiment d'humiliation permanente qui m'a le plus marqué. Ce n'est pas tellement la claque qui vous fait mal, ce sont les propos, le ton, le fait d'être constamment rabaissé. Vous êtes là, à être maltraité par un homme tous les jours et vous vous sentez coupable de ne pas réussir pour votre mère, qui était très triste de mes résultats. C'était dur. » Jamais il n'en a parlé à cette dernière.

Aujourd'hui, certains de ses souvenirs demeurent flous. Patrick a redoublé sa sixième et ne se souvient pas, par exemple, s'il a subi les mêmes brimades lors de sa deuxième année. Il n'a pas non plus la moindre bribe de souvenirs de la retraite de sa communion, un temps de préparation spirituelle d'un ou deux jours vécu en groupe. « Que s'est-il passé ? C'est comme un black-out. Je n'en sais rien. Comme si quelque chose était bloqué dans mon cerveau. »

Le Dauphiné Libéré

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