La journaliste Clémence Badault vient de publier Stanislas, la loi du silence : Enquête sur la face cachée d'une institution d'excellence (Ed. Michel Lafon). Voici la liste des principales personnes accusées dans son livre.

Aumôniers

Abbé H. (ou père H.)

Dans les années 1970, l'abbé H. était chargé de la catéchèse des classes élémentaires – dites le « petit collège » –, et l'abbé Blaise de Quesada, aumônier des plus grands (p. 32).

Il m'explique avoir été violemment frappé par cet abbé en 1976. « Il voulait nous enseigner le catéchisme et désirait commencer ses cours par un chant. J'avoue que c'était un joyeux bordel dans la classe. Il est tombé sur moi, m'a frappé au torse et au visage jusqu'à ce que je tombe à terre. Là, il a continué à me rouer de coups de pied dans le ventre. » Rien de sexuel, mais une vraie perversion dont Georges-Henri porte encore les stigmates. « Heureusement pour nous, H. a été victime d'une chute sur un sentier de montagne le lendemain de cette agression et il a disparu bien vite. Mais je sais qu'il y a eu bien pire. Je sais que H. a abusé d'enfants ! L'une de ses victimes m'a contacté. Il s'appelle Amaury, il aurait été victime de ce prêtre quand il travaillait au sein du prestigieux établissement Stanislas. »

— page 30

Abbé Don Blas Garcia de Quesada (Blaise de Quesada)

Il a officié comme aumônier à Stanislas de 1967 à 1977. Mort en 2006, à l'âge de 72 ans, il fut une figure importante de l'Opus Dei (p. 47).

Sans hésiter une seconde, l'abbé [H.] répond : « Ah, Quesada, mais il avait déjà été exfiltré en Espagne pendant deux ans, avant d'arriver à Stan, à la suite d'affaires qui étaient arrivées dans une paroisse ou une école, je ne me souviens plus… et il a recommencé à Stan et il a été exfiltré de nouveau. »

— page 41

Assis sur son canapé, Amaury décrit avec douleur les scènes d'agressions qui lui sont revenues. « C'était lors d'un camp d'été en 1976, en Dordogne. Je me souviens uniquement que c'était un été caniculaire, que le goudron fondait sous nos pieds. La nuit, j'ai l'image d'une fellation imposée, la sensation de ce liquide dans ma gorge. L'impression d'étouffer. »

— page 47

Il tient l'abbé de Quesada pour responsable d'avoir enrôlé Guillaume. À Stan, cet abbé organise des récollections, à savoir des retraites spirituelles au château de Couvrelles, dans l'Aisne, propriété de l'Opus Dei, avec des élèves de quatrième et troisième. Stan lui a délégué une partie de la gestion de l'aumônerie. Pour Amaury, Quesada repère la brebis égarée Guillaume Derville. C'est une proie idéale. Avec son frère le plus proche en âge, il fréquente également le Club Fennecs, sur le boulevard Saint-Germain, un centre de loisirs animé par l'Opus Dei qui propose des activités et des séjours. Guillaume va au club, y est repéré par les prêtres, puis se voit invité à des conférences. Les mêmes le confessent et il se rend à des retraites spirituelles. « Il devient surnuméraire, puis numéraire, détaille Amaury. Ils saignent leur proie ; la spirale l'amène tout droit dans un vivier où on l'appelle un jour à devenir prêtre. »

— pages 54-55

L'Abbé V.

En 1977, il est nommé à Stan à l'âge de 35 ans pour succéder à l'abbé de Quesada en tant qu'aumônier. Lorsqu'il arrive à Stan, l'abbé V. est chargé des classes de quatrième. Mais il n'est pas le seul. Il y a aussi un autre prêtre opusien qui assure l'aumônerie avec lui, l'abbé Thieux, pour les classes de troisième (p. 69).

Mais un jour [au cours d'une confession], relate-t-il, « notre hystérique s'est mis à me poser des questions. Je venais de déballer mes turpitudes et puis au lieu de me donner l'absolution, il s'est mis à me poser des questions : « As-tu déjà vu le corps d'une femme ? », « Y a-t-il des magazines remplis de péchés qui circulent dans le collège ? », « As-tu déjà eu des désirs coupables ?"… Moi ça ne me dérangeait pas d'admettre, pour une fois qu'on faisait le boulot à ma place pour me trouver des péchés. » Et de poursuivre que l'enfant naïf qu'il était a tout avoué : « Les désirs coupables, la masturbation, les magazines, et tout et tout. » La confession dérape. « Mais le curé, ça l'exaltait. Il parlait de plus en plus fort, il voulait en savoir encore plus. Au bout d'un moment ça devenait embarrassant, et surtout vaguement inquiétant. Il était tout rouge. D'excitation, je suppose.

— pp. 72-73

Frères de saint jean, aumôniers durant les années 1990

Sur les sept frères de Saint-Jean présents à Stan pendant six ans, quatre ont un casier judiciaire ou une condamnation canonique en cours pour des faits de nature sexuelle (p. 94).

Frère Samuel Rouvillois

Né en 1962, il intègre la communauté en 1982 et y est ordonné prêtre en 1988. Prieur de Stan, philosophe et théologien, il est pressenti pour devenir l'un des héritiers spirituels de Marie-Dominique Philippe. Il se définit comme « son bras droit » et fait partie du premier cercle, une valeur sûre de la communauté (p. 87).

Je parviens à entrer en contact avec un de ses proches qui me décrit un homme très attiré par les femmes, qui a toujours eu un rapport problématique à elles, et qui, malgré sa vocation, passait souvent des séjours seul à seul avec des jeunes femmes sous couvert d'accompagnement spirituel. En réalité, il s'agissait d'abus spirituels.

Ce secret finit par éclater le 18 juin 2019, par le biais d'un communiqué de Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d'Avignon. Il annonce avoir « eu connaissance de faits mettant en cause frère Samuel Rouvillois, de la congrégation Saint-Jean, affecté au prieuré de Saint-Ruf d'Avignon ». Après la plainte déposée par la mère d'une jeune femme majeure, l'estimant sous l'emprise de Frère Samuel, il est aussitôt chassé du diocèse d'Avignon. Il n'a fait l'objet d'aucune condamnation, ni judiciaire ni canonique. Aujourd'hui, il vit principalement dans la Drôme où, selon une source proche, « il vadrouille, végète, ne porte plus l'habit et plus aucun évêque ne veut de lui ». La communauté serait en train de le réintégrer dans un prieuré.

— p. 88

Frère F.

Il était prieur, c'est-à-dire qu'il occupait la fonction de supérieur des frères de Saint-Jean à Stan (p. 88).

Une agression en particulier attire mon attention, celle qui a lieu dans les locaux de Stan, un jour de 1996. Le frère F. est son confesseur. À l'époque, il est considéré comme un saint par la communauté. Son intelligence remarquable et sa connaissance phénoménale de l'histoire de la congrégation lui avaient octroyé une position privilégiée.

Il donne rendez-vous un dimanche matin à la religieuse trentenaire, en dehors des heures de cours. L'établissement est désert. Il la fait entrer dans l'immeuble où les frères logeaient, au sixième étage du bâtiment Nazareth, sous les combles. Ils montent par l'ascenseur qui s'actionne avec un badge. Tatiana en garde un souvenir précis : « L'appartement des frères est vide. Je revois une salle assez grande, un peu biscornue avec un mobilier dépouillé. Je me confesse et, une fois qu'il me donne l'absolution, il sort sans donner d'explication. Il revient les yeux exorbités, le corps tendu. Je comprends instinctivement ce qui va se passer. Je me souviens avoir pensé de manière triviale : « Je vais passer à la casserole ». » Elle tire sur sa cigarette et poursuit : « Je cherche à m'échapper. Si je vais vers la seule porte de la pièce, je tombe dans ses bras. Du côté de la fenêtre, impossible, on est au sixième et puis les fenêtres sont scellées. Pas d'échappatoire ! Je ne bouge pas. Il s'approche de moi. Je n'arrive pas à réagir, résignée. Il me prend dans ses bras et commence à explorer mon corps à travers les vêtements. Je ne réagis toujours pas, ni pour me défendre et dégager ni pour collaborer. Nos visages se touchent. Il n'y a pas de baiser sur les lèvres. Combien de temps cela dure-t-il ? Je suis incapable d'évaluer la durée. » Elle finit par se dégager. Il lui demande ce qui ne va pas. Tatiana lui répond : « Je me sens comme Marie-Madeleine avant sa conversion. »

— pp. 90-91

En 2022, le frère F. est poursuivi par la justice canonique dans une autre affaire. Il est alors interdit de confession et de direction spirituelle pour cinq ans.

— p. 91

Je contacte par téléphone une autre ancienne sœur, Karine, une des premières à avoir dénoncé dès 1996 les dérives de la communauté. « Frère F. ? Il a couché avec toutes mes amies du couvent, lance-t-elle. Sans se soucier d'une quelconque notion de consentement, bien sûr. Il exprimait ainsi la tendresse de Dieu… Aucune des sœurs n'aurait trouvé la force de témoigner contre lui.

— p. 92

Frère Stephan-Emmanuel Simonin

Que dire du frère Stephan-Emmanuel, lequel a été condamné par la justice pénale après des abus sexuels commis à Londres en juillet 2014 sur deux jeunes qui participaient à un voyage avec lui ? À l'époque, ces adolescents auraient considéré cet homme comme un mentor. Je trouve un article de Ouest-France daté du 27 janvier 2026 qui précise l'agression. Frère Stephan-Emmanuel aurait profité de cette position pour laver le dos, puis les pieds d'un des adolescents, avant de lui demander qu'il lui lave ses parties intimes. La gendarmerie a procédé à une perquisition au domicile du suspect, qui a mené à la découverte d'une centaine d'images pédopornographiques…

— p. 93

Frère Marie-Angel Carré

En 2023 il est mis en examen pour des faits de viol et d'agressions sexuelles sur mineur en dehors de Stan, où il ne réside plus depuis longtemps.

— p. 94

Abbé Guillaume Seguin

« L'abbé Seguin… On se rend compte qu'après chaque confession avec lui, nous sommes systématiquement convoqués dans le bureau de Chapellier. Il sait des choses qu'on ne lui a pas dites. Nous en concluons que Seguin brise systématiquement le secret de la confession en rapportant tout ce qu'on lui confie à Chapellier. »

p. 155

En 2015 et 2018, deux hommes dénoncent auprès du diocèse de Paris des faits d'agressions sexuelles pendant la confession. Seguin clame son innocence. Les autres prêtres, ses collègues du Padreblog, le somment de dire toute la vérité. Mais l'abbé Seguin n'en démord pas. Il jure ses grands dieux que ces accusations sont fausses, qu'il s'agit d'une cabale contre lui, à cause de sa proximité avec Vincent Bolloré. Il assure qu'on veut sa peau par jalousie. C'est tout juste s'il admet avoir passé une main dans le dos d'un élève, un geste d'affection qui aurait été mal interprété.

pp. 168-169

Jusqu'à ce mois de février 2002, où Seguin lui propose, avec un autre petit groupe d'étudiants, de passer une nuit d'adoration chez les bénédictines de Montmartre au Sacré-Cœur. Le jeune Antoine accepte. « Tout a dérapé pendant la confession. Il se jette sur moi. Il me pelote partout. Je suis resté agenouillé tout du long, pendant qu'il me pelotait et se collait contre moi, sa joue contre la mienne, sa respiration dans mon cou, tout en m'encourageant à l'aveu durant la confession. « Non mais vas-y, continue ! », susurrait-il doucement dans mon oreille. Ce n'était pas pour m'encourager à ne pas faire attention à ce qu'il faisait, mais il se parlait à lui-même. Et de fait, je suis resté inerte, complètement tendu, « raide comme une bûche », et oui, je me disais : « Ce n'est pas possible, ce n'est pas en train d'arriver. » »

Inerte, totalement dissocié, Antoine est dans l'incapacité de réagir. Puis, Seguin lui donne l'absolution, comme si de rien n'était. Et ça se termine comme ça.

— p. 174

Luc, étudiant en prépa et interne, me raconte que Seguin avait des comportements totalement déviants : « Il entrait dans nos chambres, s'asseyait sur nos lits, squattait, tapait l'incruste dans notre lieu d'intimité. Je me souviens qu'il nous mettait la main sur la cuisse avec insistance. On se sentait tellement mal à l'aise. Il fallait trouver une parade pour le faire partir. Ça m'a dégoûté de la religion qu'un prêtre se comporte comme cela. »

— pp. 185-186

Abbé Philippe de Maistre

L'arrivée de l'abbé Philippe de Maistre en 2013 en tant qu'aumônier général à Stan ne passe pas inaperçue (p. 96). Âgé de 42 ans, cet ancien élève du lycée lasallien privé La Rochefoucauld à Paris s'y est fait remarquer en organisant, en 2008, un rassemblement devant l'établissement scolaire contre la venue de Simone Veil, invitée par un prof de philo à donner une conférence sur la déportation (p. 97).

En 2013, lorsque de Maistre arrive à Stanislas, son mode opératoire ne varie pas. D'après Mayeul, il choisit les garçons qui ont des failles familiales ou des blessures intimes, qui ont besoin de reconnaissance ou ont manqué d'une figure paternelle. Même procédé que l'abbé Seguin. Ils visent les plus fragiles. « De Maistre est obsédé par le sujet de la sexualité : 80 % de ses interventions tournent autour de cela. Avec les jeunes qu'il choisit, le jeu affectif devient un moyen de contrôle sur leur personne. » Les conférences qu'il donne tournent autour de l'identité masculine, une obsession au long cours avec l'adolescence et le dévoiement de l'éducation des garçons. Il est donc parfaitement compatible avec Daniel Chapellier, qui s'échine à empêcher garçons et filles de se côtoyer.

pp. 197-198

Chaque nouveau témoignage d'ancien que je recueille met en lumière l'obsession commune de de Maistre et Chapellier pour le sexe et la masturbation. On sait aujourd'hui que ces discours biaisés et intrusifs sont parfois le signal précurseur et inquiétant d'un éventuel passage à l'acte.

— p. 199

Direction et enseignants

Abbé Claude Rechain

L'abbé Claude Rechain a été directeur de Stanislas de 1982 à 1995 (p. 279).

Ayant le soutien implicite de son ami cardinal, Rechain règne sur Stan. Cassant, dirigiste et hyper strict, il est craint par les élèves. Réputé pour son humour sarcastique et son odeur de tabac, il se serait baigné nu le soir dans la piscine de l'établissement en compagnie de jeunes élèves.

— p. 108

Le jour du retour [d'un voyage de classe], elle récupère son fils avec un énorme coquard à l'œil gauche. L'adolescent lui confie en larmes que c'est Amoros qui l'a frappé parce qu'il chahutait dans les dortoirs.

Bénédicte et son mari, avocat, demandent à être reçus par le directeur, l'abbé Rechain. Ils menacent de porter plainte. « Dans un premier temps, se souvient cette mère, Rechain nous joue la scène du III ! Amoros peut être un peu « soupe au lait », confesse-t-il, mais ce n'est pas un mauvais bougre, loin de là… » Face à la détermination de Bénédicte et de son mari, le directeur consent à convoquer Amoros. Ce dernier arrive dans le bureau tout penaud, s'excuse et se met à genoux en balbutiant un pathétique « pardon »… « Devant le grotesque de la scène, nous menaçons à nouveau de porter plainte. L'abbé Rechain fait tout ce qui est dans son pouvoir pour nous en empêcher. Et de façon très théâtrale, il attrape une pochette jaune en carton et déclare : « Eh bien voilà, je vais ouvrir le dossier Amoros. Vous êtes les tout premiers à vous plaindre de lui. » » Puis plus de nouvelles. Bénédicte est convaincue que le directeur va traiter cette affaire, mais en dépit de ses relances, elle n'en entend plus parler jusqu'en 2000. Cette année-là, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Dans le cadre de l'enquête sur Jean-Yves Amoros, les policiers prennent contact avec tous les parents d'enfants présents lors des voyages organisés par l'animateur. Bénédicte se livre à l'enquêtrice, persuadée qu'elle connaît déjà son histoire. Il n'en est rien. Pas plus de son entretien avec l'abbé Rechain que de l'existence de la pochette jaune.

pp. 110-111

Jean-Yves Amoros

Jean-Yves Amoros, directeur des loisirs et de la culture qui vécut à Stan pendant trente-deux ans. Il a été arrêté dans les locaux en 1998, après une plainte pour tentative de viol déposée par un élève (p. 24).

Amoros organise des séjours. Chaque année, il emmène des groupes d'élèves au chalet Sainte-Marie de Courchevel, propriété de l'école Sainte-Marie d'Anthony, où l'abbé de Quesada, agresseur désigné d'Amaury, va être déplacé après son éviction de Stan. Situé à Courchevel 1650, avec une vue panoramique sur les Alpes, il peut accueillir jusqu'à 70 élèves. Ce chalet est le théâtre d'une tentative de viol que la victime, Nicolas, un élève de Stan troisième au moment des faits, va dénoncer dix ans plus tard, en 1998. Date à laquelle Amoros se fait arrêter par les gendarmes dans l'enceinte du collège.

p.102

Le jour du retour [de voyage scolaire], elle récupère son fils avec un énorme coquard à l'œil gauche. L'adolescent lui confie en larmes que c'est Amoros qui l'a frappé parce qu'il chahutait dans les dortoirs.

p. 110

Pierre Rumiac

Pierre Rumiac était en effet préfet de collège à Stanislas et s'occupait de la chorale. Il dirigeait le très réputé ensemble vocal de Stan et passait dans toutes les classes pour recruter des élèves (p. 40).

Nicolas me confirme qu'il est aujourd'hui convaincu que Rumiac savait ce que faisait Amoros avec lui et que tous les commentaires sur son carnet de notes sont d'une ignominie sans nom, un cynisme poussé à l'extrême. « En fait, tout Stan savait, confie Nicolas. Rumiac était toujours fourré avec Amoros. Je revois son regard vicieux. Il savait ce que je subissais et je pense qu'il faisait la même chose avec d'autres. » Ces propos viennent s'ajouter à l'ensemble des témoignages d'anciens, comme celui de Simon Liberati, qui ont identifié et dénoncé l'attitude déplacée de Rumiac avec les élèves.

— p. 124

Daniel Chapellier

Certains enfants se décident à parler à leurs parents de ces convocations dans son bureau, de ces longs interrogatoires, entrecoupés de questions intimes qui ont trait à la sexualité. Un des pères concernés me raconte qu'une dizaine d'entre eux se réunissent. Et bien que conscients de la dérive que cela représente, ils décident collégialement de ne pas agir, car nombreux sont ceux qui ont des enfants plus jeunes scolarisés à Stan. Ils ne veulent pas prendre le risque de compromettre leur avenir.

— p. 152

Daniel Chapellier est poursuivi par la justice pour agression sexuelle sur mineur commise dans un autre établissement (Saint-Jean-de-Passy).

Chapellier est condamné à cinq ans de prison avec sursis, soit au-delà des trois ans requis par la procureure. La juge a estimé que la version de Valentin était plus vraisemblable que celle de Daniel Chapellier.

[…]

L'homme a fait appel de sa condamnation. Il est donc présumé innocent. Le prochain procès se tiendra le 16 novembre 2026.

— p. 263-264

Olivier Parent

Olivier Parent, a été responsable du foyer Ozanam de 2013 à 2018 et licencié en 2018 pour détention sur son ordinateur professionnel d'images pédopornographiques. Il a été condamné à un an de prison avec sursis le 6 juin 2025 pour violences physiques sur six élèves de Stan. Il est également mis en examen pour des faits de viol datant de 2001 au collège Saint-Martin-de-France (p. 24).

Olivier Parent se réfugie derrière le règlement qu'il aurait voulu appliquer à la lettre, mais est-ce que demander à un élève de dénoncer les homosexuels de sa classe sur un trombinoscope fait partie du règlement ? Des claques derrière la tête, des coups de cravache, des plaquages au sol, des demandes inappropriées – comme celle de faire essayer devant lui un déguisement de magicien à un élève en le regardant pendant plus de dix minutes alors qu'il se change… La liste des humiliations et des violences est longue. Pendant cinq ans, il a vu défiler de nombreux élèves… Et comme si cela ne suffisait pas, quelques mois avant son procès, l'homme est placé en garde à vue et mis en examen pour des faits de viol sur mineur par personne ayant autorité, commis en 2001 à Saint-Martin-de-France, au sein de l'établissement catholique privé.

Pourtant, la raison première du licenciement d'Olivier Parent par la direction de Stan est tout autre. Il a été démontré que le sexagénaire faisait une consultation effrénée de sites pédopornographiques pendant ses heures de travail. Près de 1 402 connexions en un mois et demi pour des images de jeunes adolescents du même âge que les élèves de l'internat, des achats de sex-toys et des paiements sur des sites spécialisés dans la pornographie des très jeunes hommes. Il est licencié pour « faute lourde ».

— pp. 209-2010

Frédéric Gautier

Frédéric Gautier a été directeur de l'établissement de 2015 à 2024 (p. 280).

Le directeur Frédéric Gautier, en place depuis 2015, ne change pas une méthode qui a fait ses preuves. Il éloigne discrètement Olivier Parent. Au conseil d'administration du collège, personne ne connaît la cause réelle de son licenciement, mais le directeur assure que « la situation est sous contrôle ». Quinze ans après la condamnation pour viol d'Amoros, on aurait pu imaginer que la direction lance un appel à témoin pour identifier d'éventuelles autres victimes ou pour alerter sur le profil d'Olivier Parent. Mais non. Une fois encore, on ne veut pas attenter à la réputation du collège, tant pis que cela soit au détriment de potentielles victimes.

— p. 218

Igor Le Diagon

Igor Le Diagon a été préfet (p. 154) et préfet des classes prépas (p. 215). Il est actuellement directeur de Stanislas depuis 2024 (p. 281).

Au cours de mon enquête, j'avais déjà entendu parler d'Igor Le Diagon pour de mauvaises raisons. Souvenez-vous de l'affaire de Simon et des interrogatoires malaisants de Daniel Chapellier. Simon s'était confié à Le Diagon, sans savoir qu'il s'adressait à un proche de Chapellier. Puis il a le courage d'en parler à sa mère, qui écrit aussitôt une lettre au rectorat et au diocèse. Simon est exclu de Stan et refusé par tous les établissements catholiques parisiens. Le Diagon reçoit aussi les confidences de Niels, présent à Stan dans les années 2013, sur les agissements de violences et de harcèlement d'Olivier Parent. Bien sûr, il n'en fait rien. Aux premières loges des dysfonctionnements systémiques, tant sur les dérives idéologiques et la violation de l'intimité des jeunes que sur les encadrants à la mauvaise réputation, Le Diagon participe à les couvrir pendant des années. Jusqu'à sa nomination en tant que directeur du prestigieux établissement privé catholique Marcq Institution, près de Lille.

— p. 231

Mlle Seguin (sœur de l'abbé Guillaume Seguin)

Professeure en classe de CP (p. 158).

« En classe de CP, ma maîtresse est Mlle Seguin. Elle vient d'arriver, elle est toute jeune, nous sommes, je crois ses premiers élèves. Elle ne sait pas comment gérer. Ses méthodes sont particulières. Je me souviens qu'elle attachait les élèves turbulents à leur chaise, qu'elle bâillonnait les plus bavards, qu'elle en enfermait d'autres dans le grand placard de la classe. J'ai écopé de ma première heure de colle à 6 ans parce que j'ai répondu à une question sans lever la main. Elle va rester en poste pendant des années. »

— p. 158-159

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