« Stanislas, la loi du silence » : le livre de Clémence Badault dénonce une continuité dans la pédocriminalité des années 1970 à aujourd'hui

Pour l'auteure "les choses se répètent et c'est ce qui est impardonnable".

  Semaine du 24 au 30 août 2026 (article 1/10)  

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La journaliste Clémence Badault vient de publier Stanislas, la loi du silence : Enquête sur la face cachée d'une institution d'excellence (Ed. Michel Lafon).

Le 25 août 2026, elle était l'invitée de Marc-Olivier Fogiel dans RTLMatin.

[Clémence Badault] J'ai été très impressionnée de me rendre compte qu'en partant des années 70 à aujourd'hui, il n'y avait pas eu d'interruption dans la pédocriminalité. C'est-à-dire qu'à chaque décennie, j'ai trouvé des prédateurs au niveau des aumôniers, au niveau des surveillants, au niveau du directeur. C'est terrifiant de faire ce constat-là. Stanislas se targue d'être un lycée d'excellence, mais l'excellence, elle est où ? et elle est à quel prix ? Pour moi, l'excellence, elle doit d'abord être dans la protection de nos enfants. On est en 2026 !

[Marc-Olivier Fogiel] […] Les petits neveux du Général de Gaulle, aujourd'hui décédés, auraient été victimes d'agression de la part de l'éducateur Jean-Yves Amoros.

[Clémence Badault] Ça, c'était une découverte incroyable parce qu'à Bétharram, on s'est rendu compte qu'on s'attaquait plutôt aux familles un petit peu démunies. Là, se dire que Jean-Yves Amoros, qui était un prédateur, tout le monde connaissait son parcours, a pu s'attaquer au petit-neveu du général de Gaulle, sachant qu'il est vraiment la figure tutélaire de Stanislas — il y a une plaque qui raconte qu'il était lui-même élève de prépa à Stanislas — on se dit : « personne n'est épargné ».

[Marc-Olivier Fogiel] Mais vous diriez qu'il y a un système « Stanislas » ?

[Clémence Badault] Ce n'est pas systémique comme à Bétharram, mais en tout cas, les choses se répètent et c'est ce qui est impardonnable. C'est-à-dire que l'affaire que vous venez de citer d'Amoros, qui se déroule en 1998, on va retrouver exactement la même chose en 2018 avec Olivier Parent. Et donc on se dit : « mais en fait, il ne tire aucune leçon de ce qui se passe ! ». Pourquoi ? Parce que les victimes ne sont pas au centre. Ce qui est au centre, c'est l'institution, c'est l'image, il faut protéger l'image, coûte que coûte, il faut protéger l'image de l'institution et faire en sorte que les victimes disparaissent, soient totalement silenciées.

RTLMatin (à partir de 6min 22)

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