Le père Gabriel María Ghilardini est-il chapelain à Lourdes ? La réponse improbable du sanctuaire

« Il est intégré aux chapelains sans en faire partie ».

  Semaine du 24 au 30 août 2026 (article 7/10)  

Père Gabriel María Ghilardini (2) Diocèse de Tarbes et Lourdes (22)

Le père Gabriel María Ghilardini est-il chapelain à Lourdes ?

Arrivé à Lourdes en 2023 🡵, il n'est pas immédiatement référencé sur la page des Chapelains. Il y sera ajouté dessus entre mai 🡵 et décembre 2024 🡵. Le 20 août 2026, il est encore présenté comme chapelain sur cette page 🡵, alors que le canard enchaîné vient de publier son article la veille 🡵.

Le père Ghilardini faisait-il partie des gardiens de la grotte ? Le sanctuaire indique qu'il faut distinguer trois catégories de prêtres en service à Lourdes : les chapelains, nommés par lettre de mission signée de l'évêque ; les confesseurs auxiliaires, présents une à trois semaines par an ; et les prêtres « en temps de ressourcement », accueillis « généralement pour une année éventuellement renouvelable ». Le père Ghilardini relève de la troisième catégorie, précise l'évêché. Interrogé par France 3 Occitanie, le sanctuaire indique qu'il est intégré aux chapelains sans en faire partie, qu'il est encadré par eux et qu'il ne porte pas leur croix.

Ce statut de prêtre en ressourcement, décrit comme annuel, dure pourtant depuis 2023 selon les informations communiquées par le sanctuaire.

France 3

Finalement, le père Gabriel María Ghilardini a été retiré de la page des chapelains 🡵 🡵.

L'enquête civile

Les faits dont le prêtre est accusé remontent à l'an 2000, à Capilla del Señor, dans la province de Buenos Aires. Le 6 avril 2020, une Argentine alors âgée de 31 ans dépose plainte contre le prêtre, qu'elle accuse d'une agression sexuelle qu'elle dit avoir subie à l'âge de 12 ans, alors qu'elle fréquentait le catéchisme. D'après son témoignage dans Le Semanario de Junín, elle aurait subi des attouchements et des baisers forcés.

L'Église argentine prend alors des mesures conservatoires : le diocèse de Nueve de Julio relève le prêtre de sa charge d'administrateur paroissial et lui interdit l'exercice public du ministère.

Le 23 octobre 2020, le juge prononce l'extinction de l'action pénale et un non-lieu, à cause d'un délai de prescription de dix ans. Cette décision n'est ni une condamnation, ni une relaxe : la justice argentine ne s'est pas prononcée sur la matérialité des faits. Le père Ghilardini bénéficie donc de la présomption d'innocence.

France 3

L'enquête canonique

Une enquête canonique a eu lieu… et sans grande surprise, ses conclusions n'ont pas été rendues publiques.

L'évêché ne présente pas pour autant le prêtre comme innocenté : « L'absence de poursuites ne signifie pas nécessairement qu'il est innocent des faits dont il est accusé », écrit-il. Et de préciser : « Malgré la prescription civile il y a eu une enquête canonique. Rome a conclu qu'il pouvait progressivement reprendre le ministère dont il avait été retiré le temps de l'enquête. »

L'évêché conclut sur une « nomination prudente » et un « cadre de vie sûr », en rappelant l'engagement du recteur et de l'évêque « auprès de tous les publics qui à Lourdes accueillent des mineurs et des personnes vulnérables ».

France 3

La « nomination prudente » et un « cadre de vie sûr » semblent indiquer que l'enquête canonique n'a pas totalement innocenté le prêtre, ou tout du moins qu'un doute subsiste.

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