Père Francis B. : un prêtre du diocèse de Paris mis en examen pour viols sur mineur

Le prêtre avait déjà été interdit d'exercer auprès de mineurs entre 2018 et 2020 à la suite d'autres signalements auprès du diocèse.

  Semaine du 17 au 23 août 2026 (article 4/9)  

Père Francis B. (1) Diocèse de Paris (29)

Le père Francis B., prêtre du diocèse de Paris, a été mis en examen pour « viols sur mineur de moins de 15 ans entre 1997 et 2000 », « viols sur mineur de plus de 15 ans par personne abusant de l'autorité de sa fonction entre 2000 et 2003 », « viols par personne abusant de l'autorité de sa fonction entre 2007 et 2015 », a détaillé le parquet 🡵.

C'est dans l'espoir de « faire avancer la machine » que Jean-Charles, 41 ans, témoigne auprès du Figaro. L'homme accuse le père Francis B., qui a officié durant plus de trente ans dans différentes paroisses parisiennes, d'avoir abusé de lui. Il a porté plainte et le religieux de 81 ans a été mis en examen jeudi dernier à Paris pour des viols répétés commis notamment lorsque la victime était mineure, révèle Le Figaro. Trois autres plaignants se sont signalés mais les faits sont prescrits.

Après des années de silence, Jean-Charles a porté plainte en juin 2024 pour dénoncer les agissements de cet ecclésiastique. Il situe la première tentative d'agression en 1994, alors qu'il n'avait que 9 ans. « Il a tenté de m'embrasser alors qu'on préparait la cérémonie de la promesse des louveteaux », confie-t-il. Puis trois ans plus tard, la prédation aurait franchi un nouveau cap lors des journées mondiales de la jeunesse, organisée en 1997 à Paris. « À partir de cet instant, il y a eu des viols répétés, j'avais alors 12 ans. J'ai coupé les relations sexuelles bien après ma majorité, en 2014. »

Durant toute cette période, la famille de Jean-Charles n'en a rien su. « Ils savaient que j'allais chez lui, mais ils n'étaient pas au courant du reste. C'est quelqu'un qui a une grande emprise. Il est admiré par tout le monde, tout le monde lui faisait confiance aveuglément », soupire Jean-Charles. Il en a d'abord parlé à une première amie en fin d'année 2023, puis s'est confié à son médecin qui l'a dirigé vers un psychologue. Il l'a ensuite annoncé à sa mère qui « est tombée des nues ». Aujourd'hui, il dit garder « beaucoup de séquelles », sans s'étendre davantage.

Sa plainte a entraîné l'ouverture d'une enquête menée par la brigade de protection des mineurs de Paris. Deux nouvelles plaintes ont été déposées à l'encontre de l'ecclésiastique, dénonçant des faits similaires qui se seraient produits notamment lors d'un rassemblement Scouts et Guides de France, au château de Jambville, en 1979. Interpellé à son domicile puis placé en garde à vue la semaine dernière, l'octogénaire a admis une relation « affective et amoureuse » avec Jean-Charles, et ce, malgré sa minorité. Il a en revanche nié les faits pour les deux autres plaignants , dénonçant une « cabale », à son encontre, selon une source policière.

Le Figaro

Au total, quatre victimes aujourd'hui adultes ont dénoncé des « faits similaires », mais ils remontaient aux années 1979 à 1986 pour trois de ces victimes et étaient prescrits, a précisé le parquet, confirmant une information du Figaro et du Parisien.

Le prêtre mis en cause avait déjà été interdit d'officier auprès de mineurs entre 2018 et 2020 à la suite d'autres signalements auprès du diocèse, a-t-il ajouté. La victime, aujourd'hui quadragénaire, pour laquelle les faits ne seraient pas prescrits, avait déposé plainte en juin 2024.

BFM TV

Une forme de complicité du diocèse de Paris ?

Jacques en est certain, le diocèse de Paris connaissait depuis longtemps les attraits présumés du père Francis B. pour les jeunes garçons. « Tout le monde savait », avance Jacques, qui affirme avoir lui-même prévenu plusieurs prêtres, dont il est resté proche, qui ont à leur tour alerté l'instance sur le comportement de Francis B. « Les évêques successifs de Paris, de Monseigneur Lustiger (1981-2005) à Monseigneur Ulrich (depuis 2022), en passant par André Vingt-Trois (2005-2017) et Michel Aupetit (2017-2021), ils étaient tous au courant », martèle Jacques.

Et le sexagénaire va même encore plus loin. Selon lui, l'Église catholique mettrait en place des mécanismes de « mises à l'écart » pour les prêtres « qui posent problème, les alcooliques, les pédophiles » : « On les prête au diocèse aux armées françaises ou on les envoie à l'étranger plusieurs années pour des missions d'études, c'est une manière de les écarter discrètement quand ça commence à devenir un peu chaud. »

Le Parisien

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