Humiliations, isolement, emprise… D'anciennes sœurs de l'Institut du Christ Roi brisent le silence
Des témoignages extrêmement préoccupants.
Lors du premier office, elle croise les jambes en s'asseyant. Une faute. La maîtresse des postulantes l'interpelle devant toute la communauté : « Maintenant que tu as quitté le monde, tu dois suivre les règles ». Elle le vit comme une humiliation.
Au fil des années, chaque geste du quotidien devient contrôlé, codifié. Les mères supérieures apprennent aux sœurs à faire le signe de croix de la même manière et à la même vitesse.
Si l'actuelle mère supérieure des Sœurs Adoratrices évoque une formation menée avec « souplesse », les témoignages recueillis dressent un tableau bien différent. Il faut fermer les portes comme les autres, sans bruit mais d'un geste franc. Il faut marcher « sur la pointe des pieds, sans claquer les talons », se souvient sœur Béatrice. Une consigne difficile à respecter lorsqu'il faut se dépêcher.
D'autant que leur quotidien est minuté. Réveil à 6 heures, ménage, messe, méditation, étude du catéchisme et du français. À 13 heures, déjeuner en silence, suivi de nouvelles tâches ménagères, puis d'une sieste obligatoire. L'après-midi alterne entre chant grégorien, prières, méditation et travaux domestiques. Les prières s'achèvent vers 21h30 avant le « grand silence ». Enfin, à 22 heures, extinction des feux. Le lendemain, la journée recommence à l'identique.
Les rapports avec les hommes de l'Institut et entre les religieuses sont aussi très réglementés. « Nous n'avions pas le droit de regarder les prêtres dans les yeux », racontent Christine et Mélina. Leur adresser la parole est également proscrit, « sauf autorisation d'une mère supérieure », précise Benoît, un prêtre membre de l'ICRSP, contacté par Le Parisien.
Les conversations entre deux sœurs sont, elles aussi, limitées afin d'éviter ce que les mères supérieures appellent les « amitiés particulières ». Peu à peu, chacune apprend à s'effacer derrière le collectif. Elles finissent par être « complètement isolées les unes des autres », au point que « l'individualité n'existait plus », résument Mélina et Christine.
Les relations avec l'extérieur sont aussi contrôlées, avec un courrier par mois maximum à la famille. La précieuse lettre est remise ouverte aux supérieures, et « sûrement lue », selon Christine.
Informations complémentaires
Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- https://adoratrices.icrss.org/fr
- https://icrspfrance.fr/institut/vocation-institut
- https://kloster-engelport.de/schwestern/die-anbetungsschwestern/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/gricigliano
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/cotes
- https://kloster-engelport.de/kloster/geschichte/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/preston
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/naples
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/livourne
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/wausau
- https://riposte-catholique.fr/archives/159015
- https://riposte-catholique.fr/archives/170891
- https://www.pillarcatholic.com/p/you-just-feel-so-defeated-women-await
- https://threadreaderapp.com/thread/2032371926799110434.html
- https://www.leparisien.fr/oise-60/humiliations-isolement-emprise-danciennes-soeurs-de-linstitut-du-christ-roi-brisent-le-silence-07-08-2026-XAMSMPM7A5C2FKUUJGKGDQHWXQ.php
⚖️ Statut canonique
Association publique de fidèlesUnies à l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et partageant sa spiritualité, les sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre ont pour vocation particulière de prier pour la sanctification des prêtres, notamment ceux de l'Institut, et de les soutenir dans leur apostolat. Durant leurs années de noviciat, les postulantes et les novices se forment à la vie religieuse et cherchent à s'unir toujours davantage au divin Maître, en particulier dans l'adoration eucharistique quotidienne 🡵.
Dates clés
- 2001 Fondation 🡵
- 2004 L'archevêque de Florence, le cardinal Ennio Antonelli, remet l'habit aux trois premières sœurs 🡵
- 2005 Ouverture de la maison du Cœur Royal (Gricigliano, Italie), après plusieurs installations provisoires dans les environs de Florence 🡵
- 2008 Reconnue comme association de droit pontifical
- 2011 Ouverture de la maison mère : maison du Cœur Eucharistique 🡵
- 2014 Ouverture de la maison Maria Engelport (diocèse de Trèves, Allemagne) 🡵
- 2018 Ouverture de la maison Saint-Augustin (Preston, Angleterre) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison Saint-Thomas-d'Aquin (Naples, Italie), qui devient le noviciat 🡵
- 2019 Ouverture de la maison du Sacré-Cœur (Livourne, Italie) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison de la Nativité de Notre-Dame (Wausau, Wisconsin, États-Unis) 🡵
- 2021 Ouverture de la maison de Notre-Dame du Très Saint Rosaire (Ardee, Irlande) 🡵
- 2022 Ouverture de la maison Notre-Dame-de-Bonne-Délivrance (Loisy, France) 🡵
Critiques
En mars 2026, un article publié dans The Pillar (traduction) fait état de dysfonctionnements graves chez les Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus.
En juillet 2026, des témoignages publiés dans un article du Parisien décrivent un fonctionnement dans lequel l'individu doit totalement s'effacer au profit du collectif :
Lors du premier office, elle croise les jambes en s'asseyant. Une faute. La maîtresse des postulantes l'interpelle devant toute la communauté : « Maintenant que tu as quitté le monde, tu dois suivre les règles ». Elle le vit comme une humiliation.
Au fil des années, chaque geste du quotidien devient contrôlé, codifié. Les mères supérieures apprennent aux sœurs à faire le signe de croix de la même manière et à la même vitesse.
Si l'actuelle mère supérieure des Sœurs Adoratrices évoque une formation menée avec « souplesse », les témoignages recueillis dressent un tableau bien différent. Il faut fermer les portes comme les autres, sans bruit mais d'un geste franc. Il faut marcher « sur la pointe des pieds, sans claquer les talons », se souvient sœur Béatrice. Une consigne difficile à respecter lorsqu'il faut se dépêcher.
D'autant que leur quotidien est minuté. Réveil à 6 heures, ménage, messe, méditation, étude du catéchisme et du français. À 13 heures, déjeuner en silence, suivi de nouvelles tâches ménagères, puis d'une sieste obligatoire. L'après-midi alterne entre chant grégorien, prières, méditation et travaux domestiques. Les prières s'achèvent vers 21h30 avant le « grand silence ». Enfin, à 22 heures, extinction des feux. Le lendemain, la journée recommence à l'identique.
Les rapports avec les hommes de l'Institut et entre les religieuses sont aussi très réglementés. « Nous n'avions pas le droit de regarder les prêtres dans les yeux », racontent Christine et Mélina. Leur adresser la parole est également proscrit, « sauf autorisation d'une mère supérieure », précise Benoît, un prêtre membre de l'ICRSP, contacté par Le Parisien.
Les conversations entre deux sœurs sont, elles aussi, limitées afin d'éviter ce que les mères supérieures appellent les « amitiés particulières ». Peu à peu, chacune apprend à s'effacer derrière le collectif. Elles finissent par être « complètement isolées les unes des autres », au point que « l'individualité n'existait plus », résument Mélina et Christine.
Les relations avec l'extérieur sont aussi contrôlées, avec un courrier par mois maximum à la famille. La précieuse lettre est remise ouverte aux supérieures, et « sûrement lue », selon Christine.
Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP)
- https://www.icrsp.org/accueil.php
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_du_Christ-Roi_Souverain_Pr%C3%AAtre
- https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Rome/Deux-visites-canoniques-a-l-Institut-du-Christ-Roi-2014-04-22-1139618
- https://www.icrsp.org/Pages/droit-pontifical.html
- https://www.leparisien.fr/societe/religions/il-y-a-des-signes-de-derives-sectaires-a-linstitut-du-christ-roi-lalerte-de-mgr-brunin-eveque-d-havre-30-09-2023-S7N6G2MA5NENLLWYPWJ5P2RBWE.php
- https://icrspfrance.fr/institut/informations
- https://tribunechretienne.com/que-sest-il-passe-a-notre-dame-du-lys-entre-larcheveche-de-paris-et-linstitut-du-christ-roi/
- https://www.icrsp-victimes.org/
- https://www.facebook.com/profile.php?id=61575367463178
- https://x.com/ICRSP_victimes
⚖️ Statut canonique
Société de vie apostolique de droit pontificalDates clés
- 1990 Fondation au Gabon (diocèse de Mouila) par deux prêtres français, Gilles Wach et Philippe Mora en société cléricale de vie apostolique de droit diocésain 🡵
- 1991 L'ICRSP installe sa maison généralice et son séminaire dans le diocèse de Florence 🡵
- 2008 Reconnaissance comme société de vie apostolique de droit pontifical par le décret « Sæculorum Rex » 🡵
- 2014
- Un rapport rédigé par sœur Chantal-Marie Sorlin (Pour le bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France) dresse un tableau très sombre de l'institut : « le culte du fondateur », « le dénigrement de l'Église », « la coupure avec l'extérieur » ou « la vie évangéliquement incohérente des chefs » 🡵
- Le Saint-Siège mandate deux visites canoniques à l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre : la première porte sur l'institut lui-même et est confiée à Mgr François Bacqué. La seconde concerne le séminaire international Saint-Philippe-Néri. Elle est menée par le dominicain Luc-Thomas Somme 🡵
- 2016 Le Saint-Siège approuve de manière définitive les Constitutions de l'Institut 🡵
- 2026 Mgr Laurent Ulrich renonce à confier la chapelle et le patronage de Notre-Dame-du-Lys (à Paris) à l'ICRSP alors que cela avait été initialement envisagé, selon Tribune Chrétienne 🡵
Effectifs
En 2013, 67 prêtres, 11 diacres et 85 séminaristes, dont un tiers provenant des États-Unis et du Canada 🡵
Autres branches
- Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- La Société du Sacré-Cœur, pour les fidèles laïcs
Collectif de victimes
Voir aussi :