Exclu des lazaristes, un prêtre accusé d'agressions sexuelles lâché dans la nature par l'Église

Le diocèse d'Aire et Dax ayant refusé de l'incardiner, aucune institution ne se sent responsable du prêtre.

  Semaine du 3 au 9 août 2026 (article 3/11)  

Père Vincent Goguey (7) Diocèse d'Aire et Dax (12) Lazaristes (8)

Situation actuelle

La congrégation confirme l'avoir exclu, la démarche ayant été officialisée dans un décret de décembre 2025. « Dès octobre 2024, en apprenant qu'une plainte avait été déposée contre lui, nous lui avions déjà retiré toute fonction », nous précise un porte-parole.

Dans la foulée de cette exclusion, le diocèse n'a pas souhaité l'incardiner, c'est-à-dire le rattacher officiellement à son territoire et lui confier des messes, précise un proche de Nicolas Souchu, l'évêque du diocèse d'Aire et Dax. Pourtant, ce dernier avait accueilli le père G. à bras ouverts il y a quelques années, alors que des signalements avaient déjà été effectués à son sujet. Il lui avait ainsi confié l'animation de la pastorale des jeunes, permettant au prédateur présumé de partir en pèlerinage avec des jeunes filles.

À l'époque, l'évêque « savait qu'il avait eu des restrictions par le passé (interdiction de confesser des femmes durant cinq ans), mais comme elles étaient levées, il a considéré, sans doute à tort, qu'il pouvait le nommer » à ce poste, explique son entourage, confirmant qu'aujourd'hui, alors qu'une enquête de police est en cours, le diocèse n'en veut pas.

Reste une question : qui, aujourd'hui, est garant du vagus ? « C'est à lui de trouver un institut ou un diocèse de tutelle », répondent les Lazaristes. Pas si simple, explique l'un des meilleurs canonistes de l'Église, au fait du dossier : « La bonne application du droit canonique implique que, tant que le religieux n'a pas trouvé une incardination définitive, il reste sous la responsabilité de son ancien institut », estime ce spécialiste, renvoyant la balle aux Lazaristes, lesquels évoquent « un flou » dans les textes.

« Ils l'ont exclu et désormais, ils s'en lavent les mains ! Les victimes en sont traumatisées », déplore Me Nadia Debbache, qui estime que la congrégation aurait dû s'assurer que le religieux trouve un nouveau chef avant d'être mis à la porte. « En l'état, il a tout loisir de se présenter comme prêtre ici ou là, de faire de nouvelles victimes », ajoute l'avocate, qui craint que le père G. ne cherche d'ailleurs à retrouver Léa.

Le Parisien

Le témoignage de Léa

L'article du journal Le Parisien mentionne une plaignante ayant le pseudonyme de Léa. Celle-ci avait été reçue par la chaîne youtube Les Médiateurs où elle avait livré un témoignage bouleversant.

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