Accusations visant le cardinal Cristóbal López Romero : au Maroc, arrivée de deux enquêteurs du Vatican

Par ailleurs, une association pointe des « tentatives de mise à l'écart » dans cette affaire.

  Semaine du 3 au 9 août 2026 (article 1/11)  

Cardinal Cristóbal López Romero (3) Diocèse de Rabat (13) Maroc (13) Père André Kemaleu (1)

Le Cardinal Cristóbal López Romero est évêque de Rabat, au Maroc, depuis 2017 🡵. Il est accusé de violences sexuelles 🡵 qu'il nie avoir commises 🡵.

En France, il est plus connu pour avoir accueilli deux prêtres français Fidei donum qui ont reconnu avoir commis des agressions sexuelles :

  • le père Antoine Exelmans, qui a été responsable du service d'accueil des migrants à l'église Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca entre 2021 et 2024
  • le père Yves Grosjean, qui a exercé à Rabat entre 2017 et 2024

Un article du journal le Monde publié cette semaine nous apprend que :

  • Deux enquêteurs du Vatican sont arrivés à Rabat pour interroger les personnes qui accusent le cardinal
  • Le cardinal Romero a quitté son diocèse pour l'Espagne 🡵 (depuis quelques jours, le père Mario Leon Dorado, actuel préfet apostolique de Laâyoune-Sahara, est nommé administrateur apostolique « sede plena » de l'archidiocèse de Rabat, avec « tous les droits et facultés accordés aux évêques résidents » 🡵)
  • Des personnes auraient été mises à l'écart alors qu'elles tentaient d'alerter dans le cadre de l'affaire Romero
  • Le père André Kemaleu, le successeur du père Antoine Exelmans comme curé de Notre-Dame-de-Lourdes à Casablanca est depuis peu accusé de viols (accusations qu'il conteste)

L'Eglise marocaine est secouée par des dénonciations visant son clergé. Révélées en juillet, celles mettant en cause son archevêque ont conduit deux enquêteurs du Vatican à se rendre à Rabat, mardi 4 août. C'est la première fois depuis au moins dix ans qu'une délégation de ce type visite le pays, selon plusieurs prêtres interrogés.

Les auditions à la nonciature ont, notamment, permis d'entendre, vendredi, deux victimes du prélat espagnol. Leurs témoignages écrits avaient été remis à l'ambassade vaticane, il y a plusieurs mois, qui les avait ensuite transmis « aux services compétents du Saint-Siège ». La première a été auditionnée par téléphone, la seconde en présentiel. Cette dernière se dit « écœurée », selon le collectif Zéro tolérance.

L'association, qui réunit victimes et lanceurs d'alerte au Maroc et en Europe, veut que toute la vérité soit faite et pointe les « tentatives de mise à l'écart » dans l'affaire Romero. Un homme impliqué dans les révélations ne peut plus accéder à son bureau au sein de l'archevêché, dont la serrure a été changée ; un autre s'est vu conseiller par sa hiérarchie de prendre une année sabbatique. Et sur les cinq femmes accusant l'archevêque, deux ont définitivement quitté le Maroc.

Le Monde

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