Frères des écoles chrétiennes : jusqu'à deux fois plus de victimes qu'à Bétharram

Les écoles « La Salle » bientôt poursuivies pour abus sexuels et violences.

  Semaine du 27 juillet au 2 août 2026 (article 5/10)  

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53 établissements seraient concernés, et 90 % des faits auraient été commis entre les années 1960 et 1990. Le nombre de 500 victimes sera atteint d'ici la fin de l'année. Soit le double de Bétharram , l'institution béarnaise contre laquelle 217 personnes ont déposé plainte. À venir : « Dix ans de procédure », avance Aymeric de Bézenac, l'avocat des victimes. Dès septembre, il déposera deux assignations par semaine contre la congrégation - une par victime.

« Un rang mal aligné, un sourire, une mauvaise note et boom, ça tombait », rembobine Philippe, scolarisé là-bas du CP à la 3e. Il se souvient du prof de sport, « ancien légionnaire qui utilisait la corde de son sifflet pour (le)fouetter ». Un retard ? « Ils nous mettaient sur le pupitre à genoux, appuyés de tout notre poids sur les mains. »

Gare à celui qui flanche : « Coups de poing ou de clés, tampon jeté au visage sans pouvoir se protéger », poursuit Philippe. Il se rappelle aussi ces camarades « accrochés par le col au portemanteau ou mis dans des poubelles ». Il en a encore des diarrhées régulières. « Ils m'ont brisé. Ma mère ne voulait pas comprendre et disait : Les bagarres, c'est un classique ! »

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Le collectif pointe des dérives « systémiques », engendrées par le postulat de ces écoles conçues, à l'origine, pour les pauvres : « Dresser les gamins », juge Geneviève. Des violences instituées qui permettent les abus sexuels. « Quel enfant va se plaindre qu'un adulte lui a mis la main dans le slip, s'il risque de se faire taper ? »

Selon le collectif, il y aurait 30 000 victimes potentielles, estimation à l'échelle d'un réseau dont le siège est au Vatican, et qui scolarise un million d'élèves à l'échelle planétaire, dans 1 500 établissements.

Le Parisien

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