Diocèse de Paris : le curé de Saint-Denys du Saint-Sacrement mis en cause par des témoignages d'enfants

Le curé a porté plainte contre X pour diffamation et dénonciation calomnieuse.

  Semaine du 20 au 26 juillet 2026 (article 1/8)  

Diocèse de Paris (28) École Sainte-Geneviève du Marais (1) Enseignement privé catholique (243)

D'après nos informations, le curé a été écarté de la paroisse à titre conservatoire.

En cause, des témoignages d'enfants qui ont fait état de propositions de nature sexuelle qui auraient été faites par le prêtre au sein de l'église, ce que ce dernier conteste vigoureusement. Contacté, son avocat, Me Dominique Inchauspé, fait savoir que son client a porté plainte contre X pour diffamation et dénonciation calomnieuse. « Il réfute toutes les accusations portées contre lui », souligne l'avocat.

L'affaire commence par le biais d'un parent d'élève de l'école maternelle et élémentaire Sainte-Geneviève du Marais, établissement privé catholique, qui rapporte les propos qu'un enfant lui a confiés. Celui-ci explique avoir entendu, à l'occasion d'une confession au catéchisme, pendant la période de Noël 2025, le prêtre demander à une petite fille : « Est-ce que je peux te toucher la zezette ? » Une autre enfant relate avoir vu le religieux demander à une petite fille, à la sortie de la messe, si elle souhaitait lui « toucher [s]on zizi ».

Interrogée, la direction de l'enseignement catholique de Paris confirme avoir été avisée et précise que l'établissement Sainte-Geneviève du Marais a traité ces propos « comme il se doit, par un signalement aux services de protection de l'enfance et une communication aux familles ». Et renvoie au diocèse de Paris, décisionnaire dans cette affaire.

Contacté, le diocèse de Paris affirme avoir « informé le procureur de la République de Paris » après avoir été alerté des récits des enfants. Il précise « sans se prononcer sur la véracité des propos rapportés, qui s'ils étaient avérés, seraient d'une gravité extrême ». Et, accueillant avec « la plus vive attention la parole des enfants », affirme avoir pris des « mesures de prudence », le 21 juin, à l'égard de l'ecclésiastique jusqu'à nouvel ordre.

Celles-ci consistent à « le tenir éloigné de la paroisse Saint-Denys du Saint-Sacrement », de « s'abstenir de tout ministère pastoral à l'égard d'enfants mineurs » et « d'entrer en relation de quelque manière que ce soit avec les personnes concernées par les procédures civile et le cas échéant canonique ».

« Aujourd'hui et dans les temps à venir, le diocèse de Paris veillera avec la plus grande attention au respect de la présomption d'innocence à laquelle le Père L. a droit », prévient encore l'institution. À la sortie de la messe ce dimanche, les fidèles qui ont accepté de nous répondre font bloc derrière le prêtre. À l'image d'Étienne, qui se dit très surpris des accusations. « À titre personnel, je n'y crois pas », indique-t-il. Même chose du côté de Monique qui décrit le père L. comme « quelqu'un de bien ».

Ce mardi, nous avons pu joindre le prêtre qui se pose la question de savoir qui est « aussi remonté » contre lui pour « véhiculer ces rumeurs » ? « Mais c'est très violent », déplore le père L. « J'ai 63 ans, voilà trente ans que je suis au contact des enfants. Il n'y a jamais eu de problèmes ou de signalements contre moi. Et je me mettrais aujourd'hui à faire des propositions à des petites filles ? C'est très étonnant », commente le prêtre.

Et de rappeler qu'il a été « le premier curé de Paris à nommer un délégué paroissial pour la protection des enfants » après la publication du rapport de la Ciase sur les violences sexuelles dans l'Église. « Ce sont des accusations extrêmement fragiles, tout cela est très peu étayé », reprend-il. Pour autant, le prêtre dit avoir du « mal à penser que les enfants mentent ». « Peut-être a-t-elle mal entendu », estime le religieux à propos des faits relatés dans l'église.

Le Parisien

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