Institut du Christ Roi Souverain Prêtre : un rapport sur des accusations de dérives sectaires resté sans suite depuis 2014
Le document est demeuré confidentiel. Un collectif dénonce « douze ans d'inaction ».
Un rapport confidentiel a été rédigé en février 2014 par sœur Chantal-Marie Sorlin, ancienne juge d'instruction, à l'occasion de la création du Bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France. Ce rapport retrace les accusations de dérives sectaires de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP). Douze ans plus tard, le document n'a jamais été rendu public et n'aurait connu aucune suite. Un collectif de victimes, créé en mars 2026, dénonce cette absence de réaction : « Douze ans d'inaction, de silence. Une forme de complicité dès lors. »
En effet, où se situe la maison provinciale à Montagny-Sainte-Félicité dans une vaste propriété de Loisy occupée depuis quelques années par l'ICRSP, près d'Ermenonville, un religieux (cité dans le dossier des évêques de France de 2014) est accusé d'abus sur l'un de ses proches. Le collectif créé en mars 2026 dénonce un rapport des évêques de France pour lequel il n'y a « pas de suite ». Et d'ajouter que « rien n'est fait depuis 2014 ». Cependant, à la connaissance du collectif, aucune plainte n'aurait été déposée contre ce membre de l'Église.
[…]
Le rapport rédigé en 2014 par sœur Chantal-Marie Sorlin, ancienne juge d'instruction, à l'occasion de la création du Bureau des dérives sectaires dépendant de la Conférence des évêques de France, est resté confidentiel et n'a jamais été rendu public.
Selon le collectif, « la parole se libère doucement » : des témoignages émergent pour la branche féminine de l'institut, les Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP).
De plus, « Depuis la création de notre collectif, des témoignages sont arrivés, révélant des affaires jusque-là étouffées, des cas de prêtres abuseurs déplacés systématiquement au Gabon, etc. ».
Informations complémentaires
Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP)
- https://www.icrsp.org/accueil.php
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_du_Christ-Roi_Souverain_Pr%C3%AAtre
- https://www.courrier-picard.fr/id740271/article/2026-08-23/dans-loise-linstitut-du-christ-roi-une-mouvance-catholique-traditionaliste-qui
- https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Actualite/Rome/Deux-visites-canoniques-a-l-Institut-du-Christ-Roi-2014-04-22-1139618
- https://www.icrsp.org/Pages/droit-pontifical.html
- https://www.leparisien.fr/societe/religions/il-y-a-des-signes-de-derives-sectaires-a-linstitut-du-christ-roi-lalerte-de-mgr-brunin-eveque-d-havre-30-09-2023-S7N6G2MA5NENLLWYPWJ5P2RBWE.php
- https://icrspfrance.fr/institut/informations
- https://tribunechretienne.com/que-sest-il-passe-a-notre-dame-du-lys-entre-larcheveche-de-paris-et-linstitut-du-christ-roi/
- https://www.icrsp.org/Pages/communique-mg-2014.html
- https://www.icrsp.org/Pages/election-prieur-general-2020.php
- https://www.icrsp-victimes.org/gilles-wach/r%C3%A9%C3%A9lection-gilles-wach
- https://www.icrsp-victimes.org/documents/pouvoirs-sup%C3%A9rieur-icrsp
- https://www.icrsp-victimes.org/
- https://www.facebook.com/profile.php?id=61575367463178
- https://x.com/ICRSP_victimes
⚖️ Statut canonique
Société de vie apostolique de droit pontifical.Le siège de la provincede France est depuis 2020 à Montagny-Sainte-Félicité (Oise) 🡵.
Dates clés
- 1990 Fondation au Gabon (diocèse de Mouila) par deux prêtres français, Gilles Wach et Philippe Mora en société cléricale de vie apostolique de droit diocésain 🡵
- 1991 L'ICRSP installe sa maison généralice et son séminaire dans le diocèse de Florence 🡵
- 2008 Reconnaissance comme société de vie apostolique de droit pontifical par le décret « Sæculorum Rex » 🡵
- 2014
- Un rapport rédigé par sœur Chantal-Marie Sorlin (Pour le bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France) dresse un tableau très sombre de l'institut : « le culte du fondateur », « le dénigrement de l'Église », « la coupure avec l'extérieur » ou « la vie évangéliquement incohérente des chefs » 🡵
- Le Saint-Siège mandate deux visites canoniques à l'Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre : la première porte sur l'institut lui-même et est confiée à Mgr François Bacqué. La seconde concerne le séminaire international Saint-Philippe-Néri. Elle est menée par le dominicain Luc-Thomas Somme 🡵
- 2016 Le Saint-Siège approuve de manière définitive les Constitutions de l'Institut 🡵
- 2026 Mgr Laurent Ulrich renonce à confier la chapelle et le patronage de Notre-Dame-du-Lys (à Paris) à l'ICRSP alors que cela avait été initialement envisagé, selon Tribune Chrétienne 🡵
Supérieur Général
Mgr Gilles Wach est à la tête de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre depuis sa fondation, en 1990. Il a été réélu pour plusieurs mandats de six ans.
- 1990 Fondation au Gabon (diocèse de Mouila) par deux prêtres français, Gilles Wach et Philippe Mora 🡵
- 2008-2014 Mgr Gilles Wach (1ère élection)
- 2014-2020 Mgr Gilles Wach (2ème élection) 🡵
- 2020-2026 Mgr Gilles Wach (3ème élection) 🡵
- 2026-2032 Mgr Gilles Wach (4ème élection) 🡵
Remarque : en 2026, le collectif des victimes de l'ICRSP a publié sur son site Internet une analyse des constitutions et du directoire de l'ICRSP. Cet article montre comment les pouvoirs sont concentrés entre les mains de l'abbé Gilles Wach. Depuis qu'il a fondé l'ICRSP en 1990, il le dirige en qualité de Modérateur suprême, sur des mandats de six ans dont le nombre n'est pas limité. L'article détaille comment le supérieur nomme lui-même la majorité des membres du Chapitre général appelés à le réélire, et concentre entre ses mains les nominations, les visites canoniques, les finances et l'autorité sur la branche féminine et sur les associations de laïcs. Il souligne que les Constitutions reprennent le paragraphe 1 du canon 624 mais omettent le paragraphe 2, qui prescrit d'éviter qu'un supérieur demeure trop longtemps sans interruption en charge de gouvernement.
Effectifs
En 2013, 67 prêtres, 11 diacres et 85 séminaristes, dont un tiers provenant des États-Unis et du Canada 🡵
En 2026, l'Institut compte en France 35 prêtres dans 29 diocèses 🡵.
Autres branches
- Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- La Société du Sacré-Cœur, pour les fidèles laïcs
Collectif de victimes
Voir aussi :
Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus (ICRSP)
- https://adoratrices.icrss.org/fr
- https://icrspfrance.fr/institut/vocation-institut
- https://kloster-engelport.de/schwestern/die-anbetungsschwestern/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/gricigliano
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/cotes
- https://kloster-engelport.de/kloster/geschichte/
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/preston
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/naples
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/livourne
- https://adoratrices.icrss.org/fr/maisons/wausau
- https://riposte-catholique.fr/archives/159015
- https://riposte-catholique.fr/archives/170891
- https://www.pillarcatholic.com/p/you-just-feel-so-defeated-women-await
- https://threadreaderapp.com/thread/2032371926799110434.html
- https://www.leparisien.fr/oise-60/humiliations-isolement-emprise-danciennes-soeurs-de-linstitut-du-christ-roi-brisent-le-silence-07-08-2026-XAMSMPM7A5C2FKUUJGKGDQHWXQ.php
- https://www.icrsp-victimes.org/s%C5%93urs-adoratrices/t%C3%A9moignages-vie-sr-adoratrices-icrsp
⚖️ Statut canonique
Association publique de fidèlesUnies à l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre et partageant sa spiritualité, les sœurs Adoratrices du Cœur Royal de Jésus-Christ Souverain Prêtre ont pour vocation particulière de prier pour la sanctification des prêtres, notamment ceux de l'Institut, et de les soutenir dans leur apostolat. Durant leurs années de noviciat, les postulantes et les novices se forment à la vie religieuse et cherchent à s'unir toujours davantage au divin Maître, en particulier dans l'adoration eucharistique quotidienne 🡵.
Dates clés
- 2001 Fondation 🡵
- 2004 L'archevêque de Florence, le cardinal Ennio Antonelli, remet l'habit aux trois premières sœurs 🡵
- 2005 Ouverture de la maison du Cœur Royal (Gricigliano, Italie), après plusieurs installations provisoires dans les environs de Florence 🡵
- 2008 Reconnue comme association de droit pontifical
- 2011 Ouverture de la maison mère : maison du Cœur Eucharistique 🡵
- 2014 Ouverture de la maison Maria Engelport (diocèse de Trèves, Allemagne) 🡵
- 2018 Ouverture de la maison Saint-Augustin (Preston, Angleterre) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison Saint-Thomas-d'Aquin (Naples, Italie), qui devient le noviciat 🡵
- 2019 Ouverture de la maison du Sacré-Cœur (Livourne, Italie) 🡵
- 2019 Ouverture de la maison de la Nativité de Notre-Dame (Wausau, Wisconsin, États-Unis) 🡵
- 2021 Ouverture de la maison de Notre-Dame du Très Saint Rosaire (Ardee, Irlande) 🡵
- 2022 Ouverture de la maison Notre-Dame-de-Bonne-Délivrance (Loisy, France) 🡵
Critiques
En mars 2026, un article publié dans The Pillar (traduction) fait état de dysfonctionnements graves chez les Sœurs adoratrices du Cœur Royal de Jésus.
Dans Le Parisien
En juillet 2026, des témoignages publiés dans un article du Parisien décrivent un fonctionnement dans lequel l'individu doit totalement s'effacer au profit du collectif :
Lors du premier office, elle croise les jambes en s'asseyant. Une faute. La maîtresse des postulantes l'interpelle devant toute la communauté : « Maintenant que tu as quitté le monde, tu dois suivre les règles ». Elle le vit comme une humiliation.
Au fil des années, chaque geste du quotidien devient contrôlé, codifié. Les mères supérieures apprennent aux sœurs à faire le signe de croix de la même manière et à la même vitesse.
Si l'actuelle mère supérieure des Sœurs Adoratrices évoque une formation menée avec « souplesse », les témoignages recueillis dressent un tableau bien différent. Il faut fermer les portes comme les autres, sans bruit mais d'un geste franc. Il faut marcher « sur la pointe des pieds, sans claquer les talons », se souvient sœur Béatrice. Une consigne difficile à respecter lorsqu'il faut se dépêcher.
D'autant que leur quotidien est minuté. Réveil à 6 heures, ménage, messe, méditation, étude du catéchisme et du français. À 13 heures, déjeuner en silence, suivi de nouvelles tâches ménagères, puis d'une sieste obligatoire. L'après-midi alterne entre chant grégorien, prières, méditation et travaux domestiques. Les prières s'achèvent vers 21h30 avant le « grand silence ». Enfin, à 22 heures, extinction des feux. Le lendemain, la journée recommence à l'identique.
Les rapports avec les hommes de l'Institut et entre les religieuses sont aussi très réglementés. « Nous n'avions pas le droit de regarder les prêtres dans les yeux », racontent Christine et Mélina. Leur adresser la parole est également proscrit, « sauf autorisation d'une mère supérieure », précise Benoît, un prêtre membre de l'ICRSP, contacté par Le Parisien.
Les conversations entre deux sœurs sont, elles aussi, limitées afin d'éviter ce que les mères supérieures appellent les « amitiés particulières ». Peu à peu, chacune apprend à s'effacer derrière le collectif. Elles finissent par être « complètement isolées les unes des autres », au point que « l'individualité n'existait plus », résument Mélina et Christine.
Les relations avec l'extérieur sont aussi contrôlées, avec un courrier par mois maximum à la famille. La précieuse lettre est remise ouverte aux supérieures, et « sûrement lue », selon Christine.
Témoignages de quatre anciennes sœurs adoratrices
Le Collectif victimes Institut du Christ Roi diffuse la traduction des témoignages de quatre anciennes sœurs adoratrices qui mettent gravement en cause la communauté :
- Infantilisation et déresponsabilisation : interdiction de gérer soi-même son courrier, ses effets personnels ou son emploi du temps ; obligation de justifier la moindre décision auprès de la Maîtresse des novices.
- Interdiction de toute critique ou remise en question : règle explicite proscrivant le signalement de dysfonctionnements, assimilé à un manque de charité ou d'humilité.
- Moralisation excessive des fautes anodines : erreurs involontaires (fausse note, vaisselle cassée) systématiquement interprétées comme des péchés d'orgueil ou de paresse.
- Punitions disproportionnées et dégradantes : privation de récréation, corvées supplémentaires, envoi ramasser des seringues usagées et des excréments en pleine rue en guise de pénitence.
- Exigences physiques dangereuses : imposition de génuflexions et d'agenouillements prolongés (jusqu'à deux heures par jour) malgré des blessures constatées (subluxation de la rotule), sans réelle prise en charge médicale.
- Isolement familial : interdiction de fait d'écrire à sa famille dans les délais promis, contact maintenu secrètement par la Supérieure avec les proches à l'insu de la postulante, délai de « moins de dix minutes » imposé sous la contrainte pour rédiger une lettre.
- Isolement social et interdiction d'amitié : interdiction de nouer des liens amicaux entre postulantes/novices, séparation punitive de deux amies déjà proches sans en informer l'une d'elles, réprimandes pour un simple sourire jugé « trop amical ».
- Ostracisme organisé : mise à l'écart délibérée d'une postulante pendant six semaines, sans explication, avec consigne implicite à toute la communauté de l'ignorer.
- Humiliation et rabaissement verbal : qualificatifs dégradants (« sangsues », « désordonnée », « paresseuse », « vagabonde »), reproches sur l'apparence physique d'une postulante en pleurs plutôt que compassion.
- Instrumentalisation des confidences : reprise et utilisation contre les postulantes d'éléments partagés en entretien privé ou dans des notes personnelles.
- Travail excessif : journées de travail de 16 heures, refus de repos supplémentaire même en cas d'épuisement documenté (évanouissements, vertiges chroniques), présenté comme un manque de sainteté.
- Négligence médicale et dentaire : soins dentaires effectués sans anesthésie ni consentement éclairé, dossier médical incomplet ou dissimulé, ongle incarné traité par extraction brutale sans anesthésie, port de chaussures inadaptées maintenu malgré des blessures documentées.
- Privation de moyens d'hygiène de base : rationnement arbitraire du papier toilette et des protections périodiques, refus d'ajuster les rations aux besoins réels, réprimande pour avoir partagé ses propres protections avec une visiteuse en détresse.
- Conditions de vie insalubres : absence chronique d'eau chaude, chauffage limité à quelques heures par jour, port imposé de bas et chaussures fermées 16 heures par jour dans un climat subtropical sans renouvellement suffisant.
- Alimentation inadéquate et nourriture avariée : régime pauvre en fibres provoquant des troubles digestifs graves, consigne de servir de la confiture moisie plutôt que de la jeter.
- Détournement d'aide destinée aux plus démunis : denrées du Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), y compris des produits « pour enfants », consommées par la communauté tout en exigeant une contribution mensuelle des postulantes.
- Défaut de transparence et de consentement : dissimulation de l'identité réelle des produits (étiquettes FEAD masquées), absence d'information donnée aux visiteuses en détresse, opacité totale sur le contenu des « pilules sans étiquette » administrées.
- Culture du silence institutionnel : maintien en poste de la responsable mise en cause malgré les signalements, aucune réponse ni sanction apparente de la hiérarchie.