Cardinal Cristóbal López Romero : l'archevêque de Rabat est accusé de violences sexuelles par au moins cinq femmes

Il a annoncé prendre du recul.

  Semaine du 6 au 12 juillet 2026 (article 1/7)   >>

Cardinal Cristóbal López Romero (2) Diocèse de Rabat (12)

Au moins cinq femmes accusent le Cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat de violences sexuelles 🡵.

A l'AFP, le cardinal a déclaré n'avoir commis « ni agression, ni violence, ni harcèlement sexuel » 🡵.

Notons que deux prêtres français qui ont exercé leur ministère dans le diocèse du cardinal et sous sa responsabilité sont accusés d'accusations d'agression sexuelle sur mineur : le père Yves Grosjean et le père Antoine Exelmans.

Je suis accusé de comportements inappropriés à l'égard de femmes adultes. Cette situation a conduit l'Église à ouvrir une enquête préliminaire. Cette dernière est en cours et entre les mains des instances romaines de l'Église, avec lesquelles je coopère.

Durant cette période d'enquête, pour ne pas l'entraver, je vais prendre du recul, ne présidant aucune célébration publique, et n'intervenant dans aucune activité pastorale, et vous le comprendrez.

Diocèse de Rabat

Ce qui lui est reproché

Selon l'Agence France-Presse, qui a enquêté sur ces plaintes, au moins cinq femmes accusent l'archevêque de violences sexuelles. Parmi les témoignages recueillis, une femme dénonce notamment des « gestes physiques » qu'elle a « perçus comme déplacés », parmi lesquels « des accolades particulièrement appuyées et prolongées » et « une tentative de rapprochement physique pouvant être assimilée à une tentative » de l'embrasser, à laquelle elle dit avoir échappé « tant bien que mal ».

Une source au sein du diocèse a aussi indiqué à l'AFP avoir été informée qu'au moins trois autres femmes avaient dit avoir été victimes de « faits similaires », des propos tenus notamment dans le cadre de la confession.

[…]

Selon des sources interrogées par La Croix dans le diocèse de Rabat, et dans le sillage de l'enquête de l'AFP, l'archevêque aurait avoué à ses collaborateurs avoir entretenu des relations affectives inappropriées avec plusieurs femmes. Selon la même source interne au diocèse, le Vatican enquêterait sur le sujet depuis Pâques, et lui aurait demandé de se mettre en retrait.

La Croix

Selon Nadia Debbache, avocate spécialisée dans les violences sexuelles, les faits décrits relèvent « de harcèlement sexuel aggravé et d'agressions sexuelles aggravées » pour Adélaïde et « de harcèlement sexuel aggravé et de tentative d'agression sexuelle aggravée » dans celui de l'autre femme, « l'aggravation tenant à l'abus d'autorité de leur auteur présumé » 🡵.

Dans son communiqué, le cardinal Romero dit être accusé de « comportements inappropriés à l'égard de femmes adultes » 🡵. A l'AFP, il a déclaré n'avoir « commis ni agression ni violence ni harcèlement sexuel » 🡵.

Selon une source citée par Le Monde, des agissements similaires ont été signalés lorsqu'il était au Paraguay, puis « provincial salésien en Bolivie et en Espagne » 🡵.

L'archevêque va prendre du recul

Durant cette période d'enquête, pour ne pas l'entraver, je vais prendre du recul, ne présidant aucune célébration publique, et n'intervenant dans aucune activité pastorale, et vous le comprendrez.

Diocèse de Rabat

Communiqué de l'archevêque

Église Catholique au Maroc
Archevêché de Rabat

Communiqué de l'archevêque

Au terme d'une riche année pastorale, notre Église de Rabat est confrontée à un évènement difficile.

Je suis accusé de comportements inappropriés à l'égard de femmes adultes. Cette situation a conduit l'Église à ouvrir une enquête préliminaire. Cette dernière est en cours et entre les mains des instances romaines de l'Église, avec lesquelles je coopère.

Durant cette période d'enquête, pour ne pas l'entraver, je vais prendre du recul, ne présidant aucune célébration publique, et n'intervenant dans aucune activité pastorale, et vous le comprendrez.

Cet évènement nous bouscule tous. L'archevêque que je suis est pleinement conscient des difficultés que cela provoque et des interrogations légitimes que cela pourrait susciter auprès de tous. Aussi, je tiens à ce que les membres de la communauté diocésaine en soient informés dès maintenant.

Dans l'attente des décisions qui seront prises par l'Église, prions ensemble pour les personnes qui souffrent de cette situation, prions pour notre Église, prions les uns pour les autres et priez pour moi.

Si vous souhaitez, à propos de la teneur de ce communiqué, vous exprimer ou échanger, rapprochez-vous des prêtres des paroisses. Vous pouvez également contacter la cellule d'écoute du Service de la prévention des abus du diocèse : 00212 6 68 31 34 63 / celluledecoute.dioceserabat@gmail.com

Notre Église diocésaine est vivante, continuons, dans la confiance, à la nourrir du goût de l'Evangile. Restons soudés et laissons la vie avec le Christ nous gagner et nous pousser en avant, ce qui est le plus important.

Durant cette période de l'été, merci de contacter le vicaire général pour toutes les questions pastorales.

Rabat, ce 6 juillet 2026

Cristobal, votre archevêque.

Ce communiqué est diffusé auprès des fidèles du diocèse de la manière qui sera jugée opportune par les responsables des communautés chrétiennes. Il est également consultable sur le site web du diocèse.

Contact: secretariat@dioceserabat.org / vicairegeneral@dioceserabat.org

Diocèse de Rabat

Communiqué du collectif La parole accueillie

8 Juillet 2026,

Communiqué du collectif La parole accueillie, suite aux révélations par l'AFP des accusations de violences sexuelles commises par l'archevêque de Rabat, sur plusieurs femmes

Notre collectif croit les victimes et les soutient. Nous déplorons la minimisation des accusations dans le communiqué du cardinal. Le choix des mots est important : les victimes parlent d'agressions sexuelles aggravées et de harcèlement sexuel aggravé.

Nous prenons au mot les déclarations du pape Léon pour la transparence et la vérité : « La communauté ecclésiale est appelée à répondre par l'écoute, la vérité, la justice, la réparation et un engagement toujours plus résolu en matière de prévention et de culture du soin ».

Il est paradoxal que ce soient les victimes qui doivent rappeler ces engagements aux responsables d'Église.

Ces affaires en France ou en Afrique exigent une réponse universelle : toutes les victimes ont droit à la vérité et à la justice. Nous sommes à leurs côtés. Nous demandons la considération des victimes et de leur parole, et un engagement résolu et déterminé des responsables pour la justice.

Certaines victimes du cardinal Romero nous ont déjà contactés, le collectif se tient à la disposition de toutes les victimes qui souhaitent libérer leur parole et cherchent du soutien.

Le collectif La parole accueillie,
(soutenant les victimes d'Yves Grosjean,
en poste au diocèse de Rabat entre 2017 et 2024)
E-mail : laparoleaccueillie@gmail.com

Collectif La parole accueillie, sur Twitter/X

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