Frères de Saint-Jean : frère Marie-François-Thérèse condamné à de la prison ferme

Il était accusé de viols justifiés par la doctrine philippienne de l'amour-d'amitié.

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Frère Marie-François-Thérèse était accusé de baisers sur la bouche, d'attouchements sur la poitrine, de fellations qui ont trouvés leur justification dans la doctrine de l'amour d'amitié du père Marie-Dominique Philippe. Selon frère Marie-François-Thérèse : « j'ai demandé conseil à mon fondateur et je mettais une limite : pas de sexualité vaginale, pas de sexualité anale, mais seulement buccale et sans éjaculation » 🡵.

Il a été condamné à six ans de réclusion criminelle pour agressions sexuelles et viols sur mineurs avec abus d'autorité 🡵.

La communauté saint Jean s'est portée partie civile lors du procès : « On a la volonté sincère de nettoyer les écuries d'Augias », a dit frère François-Xavier Cazali à la barre.

Le verdict

Jugé depuis mercredi devant la Cour criminelle de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), le père Marie-François Thérèse est finalement condamné à six ans de réclusion criminelle pour agressions sexuelles et viols sur mineurs avec abus d'autorité. Des faits qui remontent aux années 90.

Cet ancien frère de la communauté de Saint-Jean est reconnu coupable d'avoir imposé des fellations à plusieurs jeunes femmes mineures et majeures dans en France et au Cameroun. La décision est tombée en fin de journée après plusieurs heures de délibéré.

Un peu plus tôt, l'avocate générale avait notamment requis dix ans de prison ferme ainsi qu'une interdiction d'exercer une activité. Au moment de la plaidoirie de son avocat, le religieux a fondu en larmes. L'accusation a fait le lien entre son passage à l'acte et l'adhésion à la théorie « Amours amitiés sensualité », qui représente une « apologie de la pédophilie ».

Le père Marie-François Thérèse devra se conformer à une obligation de soins durant cinq ans. À sa sortie de détention, il aura définitivement l'interdiction d'exercer une activité avec des mineurs. Ainsi que d'entrer en contact avec sa victime.

France 3

A Murat, dans le Cantal, en 1994

« De fil en aiguille, il a instauré des gestes de tendresse qui ne me plaisaient pas du tout. Je n'en étais pas à l'initiative. Après, il me prenait à part dans des petites salles de parloir et il m'embrassait. J'avais 18 ans et je lui posais des questions sur ce lien qu'on avait. Je ne comprenais pas ce lien physique et lui m'a beaucoup renvoyée à la philosophie du fondateur de Saint-Jean, sur ce truc de l'amour amitié », raconte-t-elle. Son discours fait écho à ce qui a été dit la veille par l'accusé: en résumé, on lui a en- seigné que les caresses étaient acceptables si elles restaient sensuelles et non sexuelles.

Puis arrive mai 1994 et un jour qu'elle a longtemps effacé de sa mémoire. Mais dont elle se souvient désormais. « On a traversé une chapelle et, derrière, il y avait une pièce avec une chaise et un ma- telas. Il s'est déshabillé et m'a demandé de me déshabiller. » On comprend alors que l'étudiante s'est exécutée sans bien comprendre ce qu'était une fellation. La description des faits de Murat, c'est quasiment la même que celle de Bertoua, au Cameroun, quelques années plus tard.

Le Journal de Saône et Loire

A Bertoua, au Cameroun, à la fin des années 1990

Baisers sur la bouche, attouchements sur la poitrine, fellation… À la barre de la cour criminelle de Saône-et-Loire, Catherine est revenue sur la longue manipulation du père Marie-François Thérèse à son égard au cours de ce premier jour d'audience. Depuis ce mercredi 1er juillet, l'ancien ancien frère de la communauté de Saint-Jean, basée à Fley (Saône-et-Loire) est jugé pour des viols et agressions sexuelles sur mineur, commis il y a 30 ans au Cameroun.

La voix parfois brisée par l'émotion, la quadragénaire a raconté un long parcours de prière et de jeûne de plusieurs jours, et ce jour où elle s'est retrouvée dans une pièce seule avec le religieux. Elle n'a qu'une quinzaine d'années quand elle voit le prêtre se déshabiller et lui demander de lui « purifier » le sexe avec sa salive.

France 3

« Il me montre un album avec des filles qui ont été dans sa lutte (avec ses vœux de chasteté, NDLR). On arrive à la page 40 et il me demande si j'accepte ce rôle d'être la 40e. Je ne comprends pas. Le religieux, selon le récit de la désormais mère de famille, lui indique qu'ils vont suivre neuf jours de prière, neuf jours de jeûne et qu'au 9e jour, le moment sera venu. Mais quel moment? « On est dans une salle vide, avec un matelas au sol et il lit l'Évangile de la Samaritaine. Il se déshabille, il est tout nu », narre-t-elle à la barre. La conclusion de ce moment sordide sera une fellation. Il m'a menti. Je croyais aider quelqu'un. J'avais honte de ne pas avoir été capable de dire non « , enchaîne-t-elle.

Le Journal de Saône et Loire

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