Diaconie de la beauté : un legs de Michael Lonsdale entaché de soupçons de captation

Poursuivis pour abus de faiblesse et recel, les époux Facérias risquent le sursis et une interdiction de gérer.

  Semaine du 29 juin au 5 juillet 2026 (article 1/11)   >>

Diaconie de la Beauté (3)

Anne et Daniel Facérias, fondateurs de la Diaconie de la beauté, ont comparu les 29 et 30 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. Anne Facérias est poursuivie pour « abus de faiblesse et abus de confiance » envers l'acteur Michael Lonsdale, et son mari Daniel pour « recel ».

Le fonds de dotation de la Diaconie a été désigné « légataire universel » de Michael Lonsdale via une série de testaments olographes accordant des parts croissantes de son patrimoine, au détriment de bénéficiaires initialement prévus (association diocésaine de Paris, Fondation pour le logement (ex fondation abbé Pierre), Aide à l'Église en détresse). Anne Facérias est accusée d'avoir abusé de la confiance de l'acteur dans le contexte de la fin de sa vie, durant laquelle ses capacités cognitives diminuaient.

D'un côté la défense insiste sur le désintéressement d'Anne Facérias (mode de vie simple, générosité, temps donné gratuitement). De l'autre, l'accusation fait valoir l'inquiétude de deux proches (une banquière et une médecin) face à un comportement jugé « intrusif » ainsi que la forme troublante des testaments : écriture enfantine, fautes, petite fleur dessinée…

Reste à savoir si ce rapprochement était intéressé. Jean-Claude Lemaire, trésorier de la Diaconie de la beauté, n'y croit pas. Anne mange « des graines », ne va pas dans des restaurants gastronomiques, et se vêt simplement, argue-t-il. D'autres témoins soulignent « le désintéressement », la « gentillesse » et la façon « de donner du temps gratuitement » de la cofondatrice de la Diaconie de la beauté. Quand elle était avec « Michael », c'était pour lui, et non pour elle, selon les récits qui se succèdent à la barre.

La Croix

Pour cette seconde audience, les documents scannés sont projetés dans la salle. On peut y lire des mots de travers composés à la fois de lettres cursives et capitales. Certains comportent des fautes d'orthographe grossières. L'écriture semble enfantine, une impression renforcée par la petite fleur dessinée sur deux des testaments. « Il était attiré par la nature, par la création, par la vie. Quand il était heureux, c'était un peu sa marque », soutient la prévenue face à la présidente d'audience pour expliquer ces drôles d'ornements.

La Croix

Le parquet a requis dix mois de prison avec sursis et 20 000 € d'amende pour Anne Facérias ; huit mois avec sursis et 15 000 € pour Daniel Facérias. En complément, une interdiction de gérer pour les deux, l'affichage des condamnations sur le site de l'organisation pendant un mois, et une diffusion pendant sept jours dans Aujourd'hui en France et La Croix. La date exacte du délibéré n'a pas été communiquée publiquement.

Informations complémentaires