Mgr Vincent Landel fortement mis en cause par le rapport sur Notre-Dame de Bétharram

L'ex-directeur revendique avoir « respecté » un système qu'il savait problématique.

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Mgr Vincent Landel (3) Notre-Dame de Bétharram (54) Diocèse de Tarbes et Lourdes (17)

La semaine dernière, l'IFJD avait rendu son rapport sur les violences sexuelles et physiques commises à Notre-Dame de Bétharram. Voici le passage qui concerne plus spécifiquement Mgr Vincent Landel, directeur de l'établissement de 1993 à 1999.

Vincent Landel incarne pour sa part une logique de maintien du système en place. Lors de son audition, il reconnait qu'il existait un système sur lequel il s'est reposé pour organiser sa direction d'établissement, un « outil de travail » selon ses termes. Les termes employés sont choquants : ils témoignent non seulement d'une conscience de la problématique des violences, mais d'un également d'un « respect » pour ce fonctionnement des équipes. L'argument de défense face aux accusations est ici patent. Alors qu'en tant que directeur, il disposait des moyens nécessaires pour repenser le fonctionnement de l'établissement, il justifie le maintien des réseaux par une forme de loyauté à l'égard des équipes en place, et le fait que le licenciement irait à l'encontre de ses valeurs et serait trop complexe.

" Moi, je prends un outil de travail tel qu'il est. J'arrive de Rome. Je ne vais pas révolutionner la planète. Donc c'est avec cet outil de travail, avec les personnes qui sont là, que je vais… que je vais travailler. Alors qu'il y ait des déviations par rapport à ces deux-là, mais qui n'étaient pas toujours à coup de baffe. Il n'y avait pas que ça. Il y avait une présence auprès des gamins qui était importante. Et donc, j'ai respecté tout ça « .

Sa gestion davantage orientée vers la préservation de l'image de l'établissement. Dans cette configuration, la priorité accordée à la réputation institutionnelle tend à primer sur la reconnaissance et le traitement des situations signalées par les familles ou les élèves. Cette orientation peut conduire à des stratégies de minimisation des faits ou de mise en doute de la parole des plaignants, renforçant ainsi les asymétries de pouvoir entre l'institution et ses usagers.

L'ensemble de ces éléments met en évidence un modèle institutionnel fortement centralisé, dans lequel la figure du directeur occupe une position nodale. À la fois interface entre différentes sphères de pouvoir, acteur omniprésent du fonctionnement quotidien et, dans certains cas, vecteur de structuration des pratiques violentes, le directeur incarne une forme de concentration du pouvoir qui limite les contrepoids effectifs.

Bétharram : terreur et silence(s), p. 176

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