Marianistes : plusieurs anciens professeurs du collège saint-André de Colmar accusés
Les Dernières Nouvelles d'Alsaces poursuivent leur recherche de témoins et victimes.
Les Dernières Nouvelles d'Alsaces poursuivent leur enquête sur les Marianistes. Dans un nouvel article, le journal a recueilli de nouveaux témoignages et dresse la liste de plusieurs professeurs du collège saint-André de Colmar accusés de violences physiques et/ou sexuelles :
- Emile G. (1919-1991) : enseignant de sciences naturelles
- Abbé Louis B. (1922-2011) : professeur de mathématiques et de sciences
- Frère Paul R. (1922-2019) : professeur de français
- Pierre B. (1918-2007) : professeur de français, latin et grec
- Pierre D. (1926-2003)
- Frère Florent S. (1908-1996) : professeur de mathématiques
- Père Jules H. (1919-2016)
Le journal indique également qu'un des témoins cité dans l'enquête a créé une adresse email en vue de trouver d'autres victimes des marianistes du collège saint-André de Colmar : anciennesvictimesstandre@gmail.com
Communiqué de presse de mars 2026
Communiqué de presse
A Paris, le 26 mars 2026
Des articles publiés par le journal Les Dernières Nouvelles d'Alsace dans ses éditions des 19 janvier et 7 mars 2026, repris depuis par d'autres organes de presse, ainsi que par les réseaux sociaux, ont révélé la situation de trois personnes ayant subi des actes d'agressions sexuelles et de violences physiques ou psychologiques commis par d'anciens membres de la Congrégation des Marianistes de France, aujourd'hui décédés.
Parmi ces personnes, deux étaient scolarisées au Collège épiscopal de Colmar, dont la Congrégation a assuré la tutelle jusqu'en 2009, et une au sein du collège Saint Hippolyte, que la Congrégation dirigeait dans les années 60.
La Congrégation a été informée de ces témoignages au mois d'octobre 2022 par la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR), instituée par la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF) afin de permettre aux victimes d'abus de bénéficier d'un processus de justice restaurative.
Ces témoignages ont provoqué consternation, colère et indignation au sein de la Congrégation, qui tient à exprimer sa profonde sollicitude à l'égard des personnes qui ont eu le courage de témoigner de la gravité des actes qu'elles ont très injustement subis.
La Congrégation s'est immédiatement mise à la disposition de la CRR pour contribuer au processus d'écoute, de reconnaissance et de réparation de ces trois victimes. Chaque situation portée à sa connaissance a fait l'objet d'une attention rigoureuse, dans un souci constant d'écoute, de discernement et de responsabilité. Les recommandations formulées par la CRR, qui comprenaient des mesures de réparation financières et non financières, ont été acceptées.
Ces processus de réparation n'ont d'abord fait l'objet d'aucune mesure de communication, afin de permettre à la CRR d'instruire les témoignages dans le respect de la confidentialité souhaitée par les victimes. Depuis, certaines d'entre elles ont témoigné publiquement sur les violences qu'elles ont subies. La Congrégation ne peut qu'encourager ces témoignages, qui font partie de leur chemin de guérison et qui contribuent à libérer la parole d'éventuelles autres victimes.
Cette situation a conduit la Congrégation à engager plusieurs chantiers prioritaires :
- Un travail de recherche dans ses archives, tant au niveau national qu'international, a été effectué. Son Supérieur majeur s'est également rapproché du Collège épiscopal Saint André, dont il a rencontré le chef d'établissement dès 2023 ;
- L'actualisation de son protocole visant à renforcer la prévention des abus, l'accueil de la parole et les procédures de signalement. Sans attendre la publication du rapport de la CIASE en octobre 2021, la Congrégation avait déjà élaboré au mois de mars précédent un protocole visant à renforcer la prévention des abus. Ce protocole, à destination de la Famille marianiste et des structures qui lui sont liées, fait l'objet d'une nouvelle publication sur son site internet ;
- Des rencontres régulières sont organisées avec les responsables d'établissements afin de renforcer la vigilance, de rappeler les obligations en matière de protection des mineurs et de veiller à la mise en œuvre effective des directives de l'Enseignement catholique. Une charte de la bientraitance est en cours d'élaboration à destination de tous les salariés et bénévoles des structures marianistes, qu'elles aient ou non une activité scolaire.
Si les recherches menées n'ont pas permis d'identifier, à ce jour, d'autres cas d'agressions que ceux déjà portés à la connaissance de la CRR, rien ne permet d'affirmer qu'il n'y aurait pas d'autres victimes.
La Congrégation entend donc poursuivre son engagement en concertation avec la Direction diocésaine de l'Enseignement catholique d'Alsace, et le Chef d'établissement du Collège épiscopal Saint-André, contacté par nos soins au mois de janvier 2026, afin de favoriser l'écoute et la reconnaissance d'éventuelles autres victimes, que leurs témoignages soient relayés directement ou indirectement (presse, lanceurs d'alertes, etc.).
Elle exprime à nouveau sa volonté de s'engager encore plus dans le processus de vérité, de reconnaissance et de réparation de toutes formes d'abus commis par ses membres, qu'il ne sera jamais question de protéger, à quelque titre que ce soit.
Toute personne qui aurait été victime ou témoin, par le passé, d'abus sexuels ou de violences physiques et psychologiques dans l'un des établissements scolaires autrefois placés sous la tutelle, ou dirigés par la Congrégation, est ainsi encouragée à effectuer un signalement, au moyen du canal de son choix, auprès des institutions suivantes :
- la Congrégation (contact.abus@marianistes.com),
- la cellule d'écoute mise en place par la Direction diocésaine de l'Enseignement catholique d'Alsace (cellule.ecoute@ddec-alsace.fr),
- la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR) (accueil@crr.contact ou https://www.reconnaissancereparation.org/contact),
- France Victimes (ligne d'écoute nationale pour les victimes d'abus sexuels dans l'Église catholique : 01 41 83 42 17).
La Congrégation s'efforcera de traiter le plus rapidement possible les plaintes et signalements qui seront le cas échéant portés à sa connaissance, et dont elle informera systématiquement les autorités judiciaires si l'agresseur est encore en vie, conformément à sa volonté de transparence et de coopération.
Contact :
Le Supérieur régional - regionalsmfrance@marianistes.com
Informations complémentaires
Société de Marie (Marianistes)
La Société de Marie (Marianistes) est une congrégation religieuse catholique masculine fondée le 2 octobre 1817 à Bordeaux par, entre autres, Guillaume-Joseph Chaminade (8 avril 1761, Périgueux - 22 janvier 1850 à Bordeaux), ordonné prêtre en 1785, ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé (réfractaire) lors de la Révolution, réfugié en Espagne, béatifié par Jean-Paul II le 3 septembre 2000 à Rome 🡵.
La Société de Marie a pour but l'enseignement de la foi et s'est consacrée depuis sa fondation, à l'éducation des jeunes, en particulier dans le monde scolaire. La formation chrétienne des adultes (spécialement des jeunes adultes) est aussi l'une de ses activités fondamentales, notamment dans les groupes de foi dont les Communautés laïques marianistes (CLM) occupent une place de choix.
Diocèse de Strasbourg
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Archidioc%C3%A8se_de_Strasbourg
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Dor%C3%A9
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Grallet
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Ravel
- https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/personne/mgr-pascal-delannoy/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/laicite/le-concordat/509180-regime-concordataire-laicite/
- https://eglise.catholique.fr/glossaire/seminaire/
Archevêque : Mgr Pascal Delannoy
Évêque auxiliaire : Mgr Christian Kratz
Vicaire général : Père Jean-Luc Liénard
Chancelier : Père Bernard Xibaut
Économe diocésain : Xavier Steiner
Derniers évêques
- 1997-2006 : Mgr Joseph Doré 🡵
- 2007-2017 : Mgr Jean-Pierre Grallet 🡵
- 2017-2023 : Mgr Luc Ravel 🡵
- Depuis 2024 : Mgr Pascal Delannoy 🡵
Les dispositions qui régissent l'Alsace-Moselle 🡵
En vertu du Concordat de 1801
Préambule : « le Gouvernement de la république française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine, est la religion de la grande majorité des citoyens français ».
- Article 1 : Exercice public du culte, en se conformant aux règlements de police que le Gouvernement jugera nécessaire pour la tranquillité publique.
- Article 4 : Intervention de l'autorité suprême de l'État (actuellement : le président de la république) dans la nomination des évêques.
- Article 8 : Prière pour le salut de l'État et de ses autorités.
- Article 10 : Agrément du gouvernement pour les titulaires de cures (depuis peu délégué aux préfets)
- Article 12 : Mise à disposition des édifices nécessaires au culte (cathédrales et églises paroissiales)
- Article 14 : Traitement convenable pour les évêques et les curés (étendu aux vicaires, qui démarrent à 1250€, tandis que les curés culminent, en fin de carrière à 2400€).
- Article 15 : Facilitation par les autorités de l'État des fondations faites par les fidèles au profit des églises.
En vertu des Articles Organiques (1802)
Les dispositions de ces Articles ont été d'abord vues comme des entraves à l'exercice de la liberté de culte. Leur application actuelle est suffisamment souple pour ne plus entraîner cet inconvénient. De fait, l'instauration d'articles semblables pour l'Islam permettrait une tutelle pour cette confession jusqu'à ce qu'elle soit arrivée au terme de pouvoir s'en passer.
- Article 1 : Contrôle des documents pontificaux (n'est plus appliqué que pour les nominations d'évêques). Cet article pourrait servir, dans le cas d'autres cultes, à filtrer les interventions étrangères.
- Article 3 : Conformité des décrets des synodes étrangers et conciles avec les lois, droits et franchises de la République. Cet article n'est plus appliqué.
- Article 9 : Le culte est assuré sous la direction des évêques. Cet article indique la reconnaissance par les autorités publiques d'un principe de hiérarchie et de connaissance des responsables.
- Article 16 : L'évêque doit être français. Importance aussi, dans le cas d'autres cultes, de l'appartenance des autorités à la citoyenneté française.
- Articles 23 et 25 : Organisation du séminaire : règlements et listes ne sont plus envoyés depuis longtemps aux autorités publiques. Ces articles définissent néanmoins une attention de l'État vis-à-vis des candidats à un ministère.
- Article 32 : Obligation d'agrément pour les ministres du culte étrangers.
- Article 41 : Autorisation du gouvernement pour l'instauration des fêtes.
- Article 44 : Autorisation à demander pour l'ouverture des chapelles.
- Article 49 : Possibilité pour le gouvernement d'ordonner des prières publiques.
- Article 52 : Interdiction des attaques, dans les sermons, contre les autres cultes reconnus.
- Article 54 : Nécessité de mariage civil avant la cérémonie religieuse.
- Article 62 : Nécessité d'autorisation pour la création des paroisses.
Voir aussi :