Père Hyacinthe Houard : critiques au sujet de la cérémonie de reconnaissance, de repentance et de pénitence

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Père Hyacinthe Houard : critiques au sujet de la cérémonie de reconnaissance, de repentance et de pénitence

En particulier, Mgr Delmas ne reconnaît pas la responsabilité spécifique de l'institution et des évêques successifs.

Père Hyacinthe Houard (4) Mgr Emmanuel Delmas (6) Diocèse d'Angers (12)

Il y a quelques jours, le site internet du diocèse d'Angers annonçait une cérémonie ouverte à tous, organisée avec des personnes victimes de Hyacinthe Houard, présidée par Mgr Emmanuel Delmas le samedi 30 mai.

Une personne qui se présente sur sur Twitter/X comme victime formule plusieurs critiques par rapport à cette cérémonie :

J'ai été la 1ère #victime à alerter, en 2016, Mgr #Delmas, évêque d’#Angers, sur les agressions sexuelles commises par Hyacinthe #Houard, prêtre présent à Angers depuis les années 60 et mort en 2012. Pourtant, je ne me rendrai pas à la cérémonie de repentance organisée ce 30 mai.

En 2016, la réponse de Mgr Delmas a été : « Il est mort. Je ne vois pas vraiment ce que je peux faire. » Puis j'ai été livrée à moi-même, heureusement, accompagnée notamment par un prêtre du diocèse, alors curé de la cathédrale.

En 2017, l'affaire a été rendue publique sans même que Mgr Delmas ne m'en informe en amont. Entre-temps, j'avais continué à avancer de mon côté. J'avais trouvé d'autres chemins pour aller mieux. Et j'avais besoin de tout, sauf que cette affaire éclate au grand jour. Aujourd'hui, le même fonctionnement se répète : apprenant la tenue prochaine de cette cérémonie, j'ai écrit à Mgr Delmas le 21 avril en lui faisant part de mes réserves sur plusieurs points de la cérémonie et non sur son principe. À ce jour, je n'ai reçu AUCUNE réponse de sa part. En guise d'accusé de réception, l'annonce officielle de la cérémonie a été mise en ligne quelques jours plus tard. Sur le site web du diocèse. Une autre victime de Houard a découvert l'existence de cette cérémonie à ce moment seulement !

Mgr Delmas annonce publiquement vouloir demander pardon au nom de « l'Église d'Angers ». Mais ce n'est pas aux fidèles angevins de porter cette faute ! La responsabilité est d'abord celle de l'institution et l'institution c'est le diocèse et en premier lieu l'évêque. C'est le diocèse, Mgr Delmas et ses prédécesseurs qui ont laissé Houard évoluer pendant des décennies sur leur territoire sans cadre ni contrôle. Ce n'est donc pas aux fidèles de demander pardon mais à ceux qui avaient la responsabilité de gouverner, protéger et écouter.

Une plaque doit être dévoilée et être posée ultérieurement dans une chapelle attenante à la cathédrale d'Angers. Or Hyacinthe Houard n'a jamais été prêtre du diocèse d'Angers. Il était prêtre du diocèse de Saint-Brieuc et l'est resté jusqu'à sa mort. Une cathédrale est l'église-mère d'un diocèse. Le lieu de rassemblement de tous les fidèles. Ce n'est pas à elle de porter durablement le sceau de l'infamie. S'il faut marquer un lieu, c'est à l'évêché, là où s'exerce la responsabilité institutionnelle.

Le texte de la plaque en lui-même pose question : nulle part n'est fait mention du « diocèse d'Angers » mais seulement de l'Église d'Angers" qui demande pardon aux personnes victimes. Quelle prise de responsabilité de la part de Mgr Delmas qui ne signe même pas. Mais surtout la dernière phrase de la plaque, sur la base du projet qui m'a été transmis, me scandalise : « Notre-Dame l'Angevine, priez pour nous pauvres pécheurs. » Les victimes sont-elles donc « de pauvres pécheurs » ? Ou alors sont-elles invitées à prier pour les coupables ?

Un autre point profondément problématique : le QR code prévu sur la plaque. Il a été présenté comme une solution de compromis entre les partisans et opposants de la mention explicite de Houard. Mais à ce jour, personne n'est capable de dire clairement vers quoi il renverra. Le diocèse évoque des « ressources pour les victimes ». D'autres parlent d'un « accès aux rappels des crimes qui ont été commis par Hyacinthe Houard ». Alors vers quoi ce QR code mènera-t-il réellement ? Qui en décidera ? Qui l'écrira ? Qui le fera évoluer dans le temps ?

Dix ans après, en 2016 comme en 2026, la parole de certaines victimes reste ignorée, contournée, minimisée, étouffée. Lorsqu'elle dérange, on tente encore de la faire taire plutôt que de l'entendre. Et en 2026, un évêque français ne peut plus se permettre d'agir ainsi.

@MathildeAngers, sur Twitter/X

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