Abus sexuels dans l'Église : l'heure de la responsabilité individuelle des évêques

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Abus sexuels dans l'Église : l'heure de la responsabilité individuelle des évêques

Une tribune de Paul Airiau dans Aleteia.

CEF (44) Évêques (27)

Membre du groupe de recherches socio-historiques de la Ciase, l'historien Paul Airiau estime que l'enquête ouverte sur les abus sexuels dans l'Église de France n'est pas achevée. Selon lui, la dimension nationale du phénomène a trop dilué les responsabilités locales, en particulier diocésaines 🡵.

En toutes ces choses, les décisions et les actions fondamentales reviennent aux évêques. Bref, des soucis supplémentaires, en sus de la déliquescence de la pratique, de la disparition tendancielle du recrutement sacerdotal et religieux et de la vidange progressive des caisses diocésaines… Mais, si l'on peut se permettre une cynique réflexion de laïc qui n'a jamais aspiré à la noble fonction épiscopale, il n'a jamais été dit que l'exercice des tria munera garantissait ceux qui l'assumaient des conséquences du péché, de la souffrance et du mal. Au contraire, la configuration au Christ-Tête impliquerait même sans doute qu'elles soient davantage présentes, aujourd'hui particulièrement, en France. Car l'on ne saurait se contenter du « temps mémoriel et pénitentiel » du 6 novembre 2021, quoi qu'il signe une étape symbolique de transformation collective. En effet, une Conférence épiscopale n'appartient pas à la « divine constitution de l'Église », puisqu'elle n'est jamais qu'une structure administrative dont le ressort dépend de frontières étatiques sans rapport direct avec la logique ecclésiale. Ce qui compte encore dans l'Église, c'est bien le diocèse, Église particulière, réalisation locale de l'Église catholique.

Le temps n'est-il donc pas venu pour chaque évêque dans son propre diocèse d'expier publiquement les crimes et les délits de ceux qui, par-delà l'espace et le temps, lui sont spécialement unis par le ministère épiscopal et sacerdotal et de prendre résolument la tête de son troupeau en portant visiblement, à la face de l'Église et du monde, pour lui-même et pour ses brebis, la croix, le seul trône que le Christ ait jamais occupé sur la Terre et la forme la plus authentique de la houlette du bon pasteur ?

Aleteia

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