Peut-on facturer des prières ?
<< Semaine du 4 au 10 mai 2026 (article 11/14) >>
Peut-on facturer des prières ?
Dans l'Église catholique, non… mais en dehors ?
- https://www.courrier-picard.fr/id715953/article/2026-05-06/les-seances-de-prieres-facturees-navaient-pas-plu-leveque-damiens
- https://droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-1380-cic-1983-1380
- https://droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-1377-cic-1983-1377
- https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P79.HTM
- https://droitcanonique.fr/codes/cic-1983-1/c-1399-cic-1983-1399
Un autoentrepreneur amiénois de 50 ans voulait poursuivre en diffamation l'évêque d'Amiens pour l'avoir publiquement assimilé à un escroc lors d'une messe. Le tribunal a finalement donné raison à la défense : la procédure est nulle, et le dossier ne sera pas jugé sur le fond 🡵.
Tout part d'un dimanche d'octobre 2025. Lors de la messe célébrée à la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, le chancelier Michel Proyard lit publiquement, devant l'ensemble des fidèles présents, un décret signé de l'évêque Le Stang. Le texte, fondé sur les canons 48 et 52 du droit canonique, vise nommément Joseph Ramothe et son entreprise individuelle « Jésus Marie Joseph ». Il y est indiqué que ce dernier « n'est ni habilité ni autorisé à démarcher des personnes pour leur proposer des séances de prière facturées » dans les espaces de l'Église catholique du diocèse. Le décret va plus loin : il qualifie cette pratique de « simonie », et invite les éventuelles « victimes » à se manifester auprès de la cellule d'écoute diocésaine.
Pour Joseph Ramothe et son avocat Me Mike Sézille, ces propos étaient diffamatoires. « On a parlé de lui comme si c'était un escroc, un gourou, explique le conseil de la partie civile. Il est inadmissible qu'on le fasse passer pour un charlatan (l'évêque a indiqué que le plaignant « se recommande d'une origine surnaturelle »). Or, selon la défense, l'activité de M. Ramothe est parfaitement légale et déclarée. L'activité déclarée de l'entreprise est d'aider « les personnes à améliorer leur situation personnelle par la spiritualité ». Il « accompagne des personnes par la prière » et « propose uniquement un temps d'accompagnement », « sans promettre de résultats », « sans démarcher », et « facture en contrepartie une prestation de service ». Rien, selon l'avocat, qui justifiait une telle mise en cause publique.
Remarque : dans le cadre de l'Église catholique
Qui célèbre ou reçoit un sacrement par simonie sera puni d'interdit ou de suspense, ou des peines dont il s'agit au can. 1336, §§ 2-4.
§1. Qui donne ou promet quoi que ce soit pour que quelqu'un exerçant un office ou une charge dans l'Église fasse ou omette de faire quelque chose illégitimement, sera puni d'une juste peine selon le can. 1336, §§ 2-4 ; de même, celui qui accepte ces dons ou ces promesses sera puni suivant la gravité du délit, y compris par la privation de l'office, restant sauve l'obligation de réparer le dommage.
§2. Qui, dans l'exercice d'un office ou d'une charge demande une offrande qui dépasse ce qui est établi ou des sommes supplémentaires, ou quelque chose à son profit, sera puni d'une amende pécuniaire appropriée ou d'autres peines, y compris la privation de l'office, restant sauve l'obligation de réparer le dommage.
La simonie (cf. Ac 8, 9-24) se définit comme l'achat ou la vente des réalités spirituelles. A Simon le magicien, qui voulait acheter le pouvoir spirituel qu'il voyait à l'œuvre dans les apôtres, Pierre répond : " Périsse ton argent, et toi avec lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d'argent " (Ac 8, 20). Il se conformait ainsi à la parole de Jésus : " Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement " (Mt 10, 8 ; cf. déjà Is 55, 1). Il est impossible de s'approprier les biens spirituels et de se comporter à leur égard comme un possesseur ou un maître, puisqu'ils ont leur source en Dieu. On ne peut que les recevoir gratuitement de Lui.
En dehors des cas établis dans la présente loi ou dans d'autres lois, la violation externe d'une loi divine ou canonique ne peut être punie seulement, et alors d'une juste peine, que lorsque la gravité spéciale de la violation réclame une punition, et qu'il y a nécessité pressante de prévenir ou de réparer les scandales.
Informations complémentaires
Diocèse d'Amiens
Évêque : Mgr Gérard Le Stang
Vicaires généraux
- Père Louis-Pasteur Faye
- Père Nicolas Jouy
Chancelier : Michel Proyart
Économe diocésain : Céline Massamba
Derniers évêques
- 2003-2013 : Mgr Jean-Luc Bouilleret 🡵
- 2014-2020 : Mgr Olivier Leborgne 🡵
- Depuis 2021 : Mgr Gérard Le Stang 🡵
Voir aussi :
- Mgr Jean-Luc Bouilleret (fiche uniquement)
- Mgr Olivier Leborgne (5)