Michaël Langlois : peine réduite en appel à un an de suspension
<< Semaine du 4 au 10 mai 2026 (article 9/14) >>
Michaël Langlois : peine réduite en appel à un an de suspension
Il avait été condamné en 2023 à trois ans d'interdiction d'enseignement en raison de comportements inappropriés envers des étudiantes.
Condamné en 2023 à trois ans d'interdiction d'enseignement en raison de comportements inappropriés envers des étudiantes, un maître de conférences en théologie protestante de l'Unistra a vu sa sanction sensiblement allégée en appel 🡵.
Le fond du dossier a été réexaminé le 4 février 2026 à Paris par le Cneser, qui a rendu son jugement trois semaines plus tard. Échanges à caractère intime, remarques sur la tenue vestimentaire, questions sur la situation conjugale, gestes déplacés : Michael Langlois a adopté « à l'égard de plusieurs étudiantes, sur une période courant au moins de 2009 à 2014, un comportement qui a méconnu la distance requise entre un enseignant et ses étudiants », blâme l'instance nationale, s'appuyant sur les témoignages recueillis par le Collectif anti-sexiste de lutte contre le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur (Clasches). Cette proximité inadéquate a suscité chez plusieurs étudiantes « un malaise qu'elles n'ont pu pallier qu'en mettant en œuvre des techniques de contournement ». Certaines d'entre elles ont carrément choisi de réorienter leur cursus universitaire.
Est également pointé du doigt « un voyage privé organisé en 2010 en Israël dans la continuation de ses enseignements », au cours duquel l'enseignant « a manœuvré pour que, les soirs de bivouac, il ne soit dressé qu'une seule tente alors que le groupe en disposait d'une seconde, le conduisant ainsi à dormir avec ses étudiants et étudiantes ».
Le Cneser contredit néanmoins l'analyse du conseil académique de l'Unistra au sujet de liaisons que le professeur a entretenues. Ce dernier « ne saurait se voir reprocher une relation sexuelle nouée en 2012 avec une jeune femme qui ne s'est inscrite à la faculté de théologie protestante de Strasbourg que postérieurement, ni une autre relation avec une étudiante inscrite à la même faculté, sans toutefois suivre ses enseignements, avec laquelle il a eu un enfant et a partagé une vie commune jusqu'en 2021 ».
Informations complémentaires
Michaël Langlois
- https://www.mediapart.fr/journal/france/310823/violences-sexistes-la-fac-de-strasbourg-un-universitaire-interdit-d-enseigner-pendant-trois-ans
- https://www.mediapart.fr/journal/france/060125/metoo-les-protestants-de-france-font-leur-examen-de-conscience
- https://www.dna.fr/education/2026/05/04/gestes-et-propos-deplaces-peine-reduite-en-appel-a-un-an-de-suspension-pour-le-professeur-de-theologie
Dates clés
- 9 décembre 2021 Le dossier « Langlois » est signalé à l'université de Strasbourg par le Clasches (Collectif de lutte antisexiste contre le harcèlement sexuel dans l'enseignement supérieur) 🡵
- 20 janvier 2023 Ouverture d'une section disciplinaire par l'université 🡵
- 10 février 2023 suspension de Michaël Langlois à titre conservatoire de toutes ses fonctions en tant qu'enseignant-chercheur 🡵
- Août 2023 La section disciplinaire rend sa décision : Michaël Langlois « est interdit d'exercer toutes fonctions d'enseignement et ou de recherche dans l'établissement pendant une durée de trois ans avec privation de la totalité du traitement [de son salaire – ndlr] » 🡵
- Septembre 2023 Michaël Langlois est exclu pour trois ans, avec suspension de son salaire 🡵
- Septembre 2024 Michaël Langlois est réintégré en raison d'un vice de forme dans la procédure 🡵 et reprend donc ses enseignements face aux élèves 🡵. Une pétition appelant à la démission ou à l'exclusion de Michael Langlois de l'Université de Strasbourg avait recueille plus d'un millier de signatures 🡵
- Février 2026 En appel, la sanction de Michaël Langlois est allégée. Il est condamné à une année d'interdiction d'enseignement assortie de la privation de la moitié de son traitement 🡵