Le dispositif Renaître soulève la colère des victimes

<<   Semaine du 4 au 10 mai 2026 (article 8/14)   >>

Le dispositif Renaître soulève la colère des victimes

La vague de mécontentement ne cesse de grossir.

Dispositif "Renaître" (9) Inirr (10) CEF (43)

Accusant l'Église de vouloir tourner la page, les associations de victimes ne décolèrent pas. Le nouveau modèle, conçu sans nous, s'éloigne dangereusement des principes qui ont fait la pertinence de l'Inirr, s'est inquiété sa présidente, Marie Derain de Vaucresson. Relocaliser le dispositif revient, aux yeux de la juriste, à supprimer la distance recommandée par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase) pour garantir l'indépendance et l'impartialité des mesures de réparation.

Les décisions d'indemnisation seront prises dans le cadre de cellules locales d'écoute, en association avec les évêques et sous leur autorité, pointe la Conférence catholique des Baptisé.e.s francophones (CCBF). Plusieurs collectifs de victimes ont rejeté ce qu'elles qualifient de recul visant à évacuer toute notion de responsabilité de la hiérarchie catholique dans les actes commis. Ampaseo (Association pour la mémoire et la prévention des abus sexuels dans l'Église catholique de l'Ouest), évoque un choc, provoquant stupeur et incompréhension parmi les personnes concernées.

L'indemnisation financière sera engagée sur demande explicite des victimes, sur la base d'une grille nationale. Il ne s'agit plus de réparer, mais d'aider. Aide bien limitée puisque les indemnisations ne seront que potentielles et conditionnées à l'appréciation subjective des commissions nationales et locales, contrôlées par les évêques qui les financeront, s'inquiète par ailleurs la CCBF.

Les accompagnants ne seront que des personnes expérimentées et formées aux démarches restauratives, ce qui diffère du simple accueil et de l'écoute dans les cellules diocésaines, rassurent les évêques. En soulignant que leur réflexion a été nourrie par tous les témoignages reçus directement des personnes victimes depuis 10 ans et de l'expérience de l'Inirr.

Ouest France

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