« Jésus nous restaure de nos dépressions » : un titre d'article qui mélange dangereusement spirituel et psychologique

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« Jésus nous restaure de nos dépressions » : un titre d'article qui mélange dangereusement spirituel et psychologique

L'occasion de rappeler pourquoi le mélange spirituel et psychologique est dangereux.

Abus spirituels (18) Diocèse de Fort-de-France (3) Natalia Trouiller (36) Thread twitter (32)

⚠️ Pourquoi le mélange du spi et du psy est-il si dangereux ?

Pour une raison toute simple. Ce que les gens viennent chercher dans la guérison miraculeuse, c'est un soulagement immédiat et sans effort d'une souffrance parfois insupportable. Ça ne marche pas comme ça.

Que ce soit dans un milieu charismatique ou dans un milieu plus tradi, les techniques d'hypnose et d'auto-hypnose par la prière répétitive (il faut voir la « manducation de la Parole » chez les Sœurs de l'agneau) ou la louange, ou encore le fameux « repos dans l'Esprit » régulent pour un temps les troubles psy. Les symptômes s'effacent ou sont moins prononcés. On croit à la guérison, au miracle.

Cela dure rarement. Et c'est grave. Parce que non seulement les personnes sont abusées, mais… Dans l'exemple cité, il est question de dépression.

Elargissons. Je vais parler ici d'un tabou absolu. S'il y a tant de clercs malades dans leur sexualité dans les milieux où l'on considère la prière comme un lieu de guérison psychologique (charismatique et néo-tradi), c'est parce que ces milieux persistent à confondre les plans psy et spi.

Vous voulez faire de l'Église une maison vraiment sûre ?
Arrêtez de prétendre guérir le psychisme des gens en leur imposant les mains, en coupant des liens ou en pratiquant des exorcismes qui n'ont pas lieu d'être. Arrêtez de voir Satan derrière la tendance pédophile. Envoyez les personnes faire un lent, difficile et incertain travail sur elles-mêmes. Ne faites pas miroiter une délivrance immédiate sans qu'un miroir thérapeutique leur soit jamais tendu. Vous ne rendez service ni à elles, ni à leurs futures (et inévitables, du coup) victimes.

Les profils d'agresseurs des victimes que j'accompagne se ressemblent tous. Des hommes qui ne savent que faire des pulsions qui les habitent. Qui se font « délivrer » par la prière, par l'ascèse. Pour plus de sûreté, ils ajoutent le sacrement de l'ordre (la prêtrise).

Évidemment, ça explose. Alors pour tenir on se clive. Double vie, double personnalité, etc.

Ce discours sur la guérison n'est pas qu'un discours faux. C'est un discours dangereux et qui est une des matrices des violences sexuelles dans l'Église.

@ntrouiller sur Twitter/X

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