STOP : le dispositif téléphonique pour les personnes attirées sexuellement par les enfants
<< Semaine du 20 au 26 avril 2026 (article 10/10)
STOP : le dispositif téléphonique pour les personnes attirées sexuellement par les enfants
Un numéro de téléphone confidentiel et non surtaxé.
La Fédération Française des Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (FFCRIAVS) a mis en place un service téléphonique d'évaluation et d'orientation vers les soins pour les personnes attirées sexuellement par les enfants, dans un objectif de prévention des violences sexuelles sur mineurs 🡵.
Le dispositif, lancé en 2019, permet aux personnes sexuellement attirées par les enfants d'être mises en relation anonymement avec des professionnels de santé, avant d'être orientées vers des soins adaptés. En 2025, la ligne a reçu plus de 4 000 appels 🡵.
- 0 806 23 10 63 - Appel Confidentiel et Non Surtaxé
- https://dispositifstop.fr/
« J'ai hésité pendant une semaine avant d'appeler », se souvient Nathan (prénom d'emprunt). Bientôt trentenaire, il a contacté le dispositif Stop en décembre 2024. Travaillant dans un collège quelque part dans l'Hexagone, il commence à éprouver ce qu'il décrit comme étant des « sentiments amoureux » envers une élève de « 12-13 ans », à qui il propose sans cesse aide et conseils, ce qu'il comprend vite n'être « pas normal du tout ». Selon son récit, la direction du collège l'a même convoqué, alertée par sa proximité avec l'élève. Un déclic qui l'a définitivement convaincu qu'il était temps de chercher de l'aide.
Un peu plus tôt, Nathan était tombé sur une affiche du dispositif Stop, partagée sur Facebook, qu'il avait gardée « au cas où ». Ce n'était pas la première fois qu'il se sentait attiré par une enfant, « mais avant, ce n'était pas quelque chose de très fort, donc je pouvais le mettre de côté », assure-t-il. Lorsqu'il appelle la ligne d'écoute, il tombe directement sur une psychologue, avec laquelle il échange « pendant plus de deux heures ». Elle le convainc de prendre contact avec une professionnelle spécialisée dans sa ville.
En janvier 2025, Nathan entame alors un suivi dans un centre médico-psychologique. La psychologue qu'il consulte lui prodigue des conseils sur son comportement et l'aide à préparer un changement de carrière, pour s'orienter vers l'éducation des adultes. S'il assure qu'il « fait très attention à [sa] posture » vis-à-vis de l'élève pour laquelle il dit « éprouver des sentiments », il estime que ne plus travailler auprès d'adolescents est préférable. Nathan explore avec la soignante l'origine de ses pulsions, qu'il ressent depuis l'adolescence, affirmant que « tout ce qui concerne [ses] attirances a refusé de grandir avec [lui] ». Ce qui ne l'empêche pas aujourd'hui de se sentir « très amoureux » de sa compagne, qu'il fréquente depuis sept ans, à qui il s'est confié sur sa pédophilie, qu'il espère voir disparaître à terme : « J'aimerais que ce ne soit pas là. »
« Quand j'étais ado, j'aurais adoré avoir un numéro comme celui-là », regrette Esteban (prénom d'emprunt). Agé d'une vingtaine d'années, il a contacté le dispositif Stop il y a quatre ans. Il éprouve dès l'adolescence une attirance envers les plus jeunes, dont il dit énormément souffrir. « J'allais voir un psy au lycée à ce sujet, mais ça n'a pas vraiment résolu le problème », retrace-t-il. Lorsque Esteban déménage pour les études supérieures, le suivi prend fin. Un nouveau s'engage, auprès de la psychologue de son université. « Mais ces professionnels n'ont pas forcément les ressources pour traiter ces problématiques », déplore-t-il, se sentant alors « en manque de soutien à ce moment-là ».
C'est sur un forum Internet qu'il finit par tomber sur le numéro Stop. « Vraiment au fond », il se décide à appeler. Esteban est d'abord orienté vers une psychologue, dont les méthodes thérapeutiques ne lui conviennent pas. Il rappelle alors le dispositif, qui lui recommande cette fois un psychiatre, avec lequel le suivi se poursuit encore aujourd'hui. Le jeune homme y a trouvé une forme d'apaisement : « C'est toujours présent, mais c'est quand même beaucoup moins dur qu'il y a quelques années. J'ai l'impression d'être sorti du cycle de dépression dans lequel j'étais enfermé », observe-t-il.