Pourquoi « sœur » Albertine n'est ni sœur ni religieuse

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Pourquoi « sœur » Albertine n'est ni sœur ni religieuse

Explications de Natalia Trouiller.

CDC (12) Communauté du Chemin Neuf (1) Thread twitter (31) Natalia Trouiller (35)

Bon, je ne m'attendais pas à ce que mon petit coup de gueule contre les pseudo-religieuses crée tant d'émoi. Voici donc, factuellement, pourquoi « sœur » Albertine n'est pas sœur ni religieuse.

Partons des explications données par la communauté elle-même. Et vous verrez à quel point, en enlevant un mot par-ci, en jouant sur le double sens par-là, on ment éhontément sur le statut canonique de ses membres.

Voici ce que dit le site sur les « célibataires pour le Royaume » de la Communauté ; c'est un chef-d'œuvre de manipulation.

« [les consacré-e-s] suivent les Constitutions de l'Institut religieux du Chemin Neuf ».

Il manque un mot. Ce mot c'est « clérical ».

Les frères et sœurs engagés dans le célibat vivent au cœur de la Communauté et partagent la vie apostolique et missionnaire en lien avec les couples et les familles. Ils suivent les Constitutions de l'Institut religieux du Chemin Neuf, érigé en 1992 par le Cardinal Decourtray puis reconnu de droit Pontifical en 2009. « Religieux, nous nous engageons par les vœux publics de chasteté, pauvreté et obéissance à vivre en communion avec le Christ dans une communauté apostolique au service de l'Unité de l'église et au service des hommes, en particulier des plus pauvres. »

Communauté du Chemin Neuf

L'Institut religieux CLÉRICAL du chemin neuf regroupe donc par définition, comme le précise sa reconnaissance officielle ci-dessous, les prêtres et séminaristes du Chemin Neuf.

Pas les éventuels frères non prêtres ni séminaristes (s'il y en a) ni les sœurs, par définition.

Vous remarquerez que le site internet du Chemin Neuf dit que les frères et les sœurs consacrés SUIVENT les Constitutions de l'Institut religieux de l'Institut. Il ne dit pas que frères et sœurs sont MEMBRES de l'Institut. Et pour cause. Les consacrées féminines peuvent bien suivre ce que disent les Constitutions, comme moi je peux suivre de façon personnelle la règle de saint Benoît, ça ne fait pas d'elles des membres de droit d'un institut de prêtres et de séminaristes. Ou alors c'est une révolution dans l'Église.

Sur le site canadien, on a une version déjà plus honnête: les « sœurs » appartiennent à une autre structure juridique, l'association publique de fidèles du Chemin Neuf.

Une association publique de fidèles, canoniquement c'est ça :

§1. Il appartient à la seule autorité ecclésiastique compétente d'ériger les associations de fidèles qui se proposent d'enseigner la doctrine chrétienne au nom de l'Église ou de promouvoir le culte public, ou encore qui tendent à d'autres fins dont la poursuite est réservée de soi à l'autorité ecclésiastique.

§2. L'autorité ecclésiastique compétente, si elle l'estime expédient, peut aussi ériger des associations de fidèles pour poursuivre directement ou indirectement d'autres fins spirituelles, auxquelles il n'a pas été suffisamment pourvu par les initiatives privées.

§3. Les associations de fidèles érigées par l'autorité ecclésiastique compétente sont appelées associations publiques.

Canon N°301 - Code de Droit Canonique CIC/1983

C'est le cas de pas mal de communautés nouvelles (il y a aussi des frères et sœurs consacrés à l'Emmanuel, qui ne se prétendent pas du tout religieux) mais aussi de plein d'autres associations catholiques. L'union internationale des scouts d'Europe, ou encore l'union internationale des juristes catholiques. Bon, c'est pas pour ça que ça fait de la cheftaine de Louis-Vianney une bonne sœur.

https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/laity/documents/rc_pc_laity_doc_20051114_associazioni_fr.html

Deuxième mensonge :

Ce ne sont pas des vœux publics. Ce sont des vœux EN public. Les vœux ne sont pas faits entre les mains d'un supérieur légitime (c'est-à-dire un évêque, par exemple) mais entre celles du supérieur général.

Les frères et sœurs engagés dans le célibat vivent au cœur de la Communauté et partagent la vie apostolique et missionnaire en lien avec les couples et les familles. Ils suivent les Constitutions de l'Institut religieux du Chemin Neuf, érigé en 1992 par le Cardinal Decourtray puis reconnu de droit Pontifical en 2009. « Religieux, nous nous engageons par les vœux publics de chasteté, pauvreté et obéissance à vivre en communion avec le Christ dans une communauté apostolique au service de l'Unité de l'église et au service des hommes, en particulier des plus pauvres. »

Communauté du Chemin Neuf

Voyez cette vidéo des engagements à vie (cette fois le terme est correct) des consacrés célibataires.

Ça se passe en présence de Mgr @p_loic_gre qui reste en retrait, n'impose pas les mains et se contente d'assister aux vœux

Troisième mensonge, l'usage abusif du vocabulaire des instituts religieux.

Il n'y a pas de noviciat au Chemin Neuf. Il y a une année de formation.

La profession temporaire n'existe pas. Le terme exact c'est « engagement renouvelable ».

Un soin particulier est apporté à leur formation initiale et continue. Le noviciat de l'Institut se trouve actuellement à l'Abbaye de Melleray (diocèse de Nantes). Dans leurs premières années tous les célibataires consacrés, hommes et femmes, bénéficient d'un cursus approfondi d'études philosophiques et théologiques en lien avec différentes facultés de théologie (Paris, Lyon, Rome, Kinshasa, Fribourg etc..). Tout le long de leur vie, des temps de formation et de retraite aident à fortifier leur amour pour le Seigneur et leur ardeur apostolique. Lors de l'engagement à vie (après les années de profession temporaire), celui qui s'engage dit : « je désire donner ma vie pour l'unité de l'Église ». Nous croyons que cette offrande exprime le cœur de notre appel commun et un des aspects spécifiques de notre vie religieuse.

Communauté du Chemin Neuf

Voyez les images du « noviciat ».

Vous en connaissez beaucoup des noviciats mixtes vous ?

Bref, le Chemin Neuf ment sciemment sur son statut, avec la complicité passive de @Eglisecatho qui s'en tamponne le coquillard vu que « OUIIIII MAIS ILS ONT DES JEEEEEEUUUUUNES ».

Sauf que s'il y a des statuts différents dans l'Église, ce n'est pas pour rien.

Religieux ou laïc consacré vous n'avez pas les mêmes droits.

Vous ne dépendez pas du même Dicastère.

Etc.

Et tant que tout va bien, ma foi, vous pouvez jouer à la religieuse tant que vous voulez.

Mais le jour où ça se passe mal (voyez les Petites Sœurs de l'agneau, même problème, pseudo-religieuses sans aucune protection canonique), bah c'est la cata.

Et ça, ce serait évitable si @Eglisecatho avait le courage de taper du poing sur la table.

On peut rêver.