Dispositif « Renaître » : réaction du collectif AMPASEO
<< Semaine du 13 au 19 avril 2026 (article 4/11) >>
Dispositif « Renaître » : réaction du collectif AMPASEO
Une communication à la suite de la visioconférence du 9 avril 2026 organisée par la CEF.
Si tous les éléments de ce communiqué rejoignent ce qui est dénoncé unanimement par les collectifs de victimes, un point n°6 est une précision importante qui n'a été relevée que par l'AMPASEO :
6> La reconnaissance au-delà de la condamnation judiciaire
Le point de rupture le plus technique concerne la procédure de reconnaissance symbolique. Le nouveau dispositif prévoit une distinction fondamentale :
- Une lettre de reconnaissance si l'auteur est condamné par la justice des hommes.
- Une simple lettre d'accueil des souffrances en cas de prescription, de décès de l'auteur ou de classement sans suite.
Cette distinction est vécue comme une minimisation du crime. Là où l'INIRR fondait sa légitimité sur la notion de vraisemblance — « croire la victime » sur la base de son récit — « Renaître » semble réindexer la reconnaissance sur la preuve légale. Pour les victimes dont les agresseurs sont morts ou protégés par la prescription, cette « lettre d'accueil » ne reconnaît rien ; elle se contente de constater une douleur sans en admettre la source criminelle. C'est l'abandon d'un acquis majeur de la justice restaurative au profit d'un formalisme froid.
Voici la réaction du collectif AMPASEO, dans son intégralité :
Visioconférence le 9 avril 2026 organisée par la CEF
38 victimes et représentants de collectifs ou associations étaient présentsPrésentation aux victimes du dispositif « Renaître » par les évêques Gérard Le Stang et Laurent Percerou
Pourquoi le nouveau dispositif de l'Église de France réactive la douleur des victimes
1> Le poids du silence et le défi de la durée
Le 31 août prochain, l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (INIRR) cessera d'accueillir des nouvelles demandes. Dès le lendemain, le 1er septembre, un nouveau dispositif permanent baptisé « Renaître » prendra le relais. Ce passage de témoin n'est pas une simple transition administrative ; il cristallise un paradoxe éthique majeur. Si l'Église de France affirme vouloir pérenniser l'accompagnement des victimes en le réinscrivant en son sein, les collectifs de victimes y voient une régression, voire une trahison. Comment réparer l'irréparable quand l'outil de réparation semble conçu sans ceux qu'il prétend secourir ? Le défi de la confiance, déjà fragile, se heurte ici à une structure qui, sous couvert de durabilité, risque de rétablir les murs de l'entresoi.
Avant de réaliser un plan pérenne quelles sont les personnes qualifiées consultées ?
A l'heure de la synodalité promue ces dernières années il serait bienvenu et nécessaire de connaitre le processus de discernement mis en œuvre pour élaborer ce dispositif.
2> De l'urgence à la pérennité : Ce que change le dispositif « Renaître »
Pour Mgr Gérard Le Stang, l'INIRR était un dispositif de crise, une réponse nécessaire mais temporaire à la déflagration du rapport de la Ciase. L'ambition de « Renaître » est de transformer cette réponse en une structure durable. Le projet repose sur quatre piliers : la prévention, la réponse judiciaire (pénale et canonique), l'accompagnement des victimes et le suivi des auteurs.
Toutefois, cette institutionnalisation inquiète. Bien que voté à la quasi-unanimité, les évêques qualifient le dispositif de squelette. Sans vie.
Ce flou n'est pas perçu comme une étape de co-construction, mais comme une stratégie de contrôle : en présentant une charpente sans habillage précis, l'institution se réserve le droit de définir seule les modalités de son action, reléguant les victimes à un rôle de figurants de leur propre reconstruction.
3> Le choc des mots : « Renaître » ne passe pas auprès des victimes
Le choix du terme « Renaître » révèle un gouffre sémantique et théologique. Là où les évêques voient une promesse de résilience et de croissance, les victimes reçoivent une violence supplémentaire. Le mot est jugé impropre, car il impose une injonction à l'avenir alors que la dette envers le passé n'est pas soldée.
L'analyse de cette tension montre un glissement de paradigme : l'Église abandonne le vocabulaire de la dette de justice pour celui de la logique de charité. En remplaçant la « réparation » par la « contribution » ou le « don », l'institution semble chercher à transformer un droit en une faveur. Pour les victimes, ce passage de la justice à la « renaissance » est une manière subtile de dissoudre la responsabilité systémique dans un flou spirituel.
« Nous ne demandons pas la charité de l'Église catholique. Nous demandons la justice. C'est quelque chose qui nous est dû en réponse aux conséquences lourdes, graves, durables que nous avons tous subi » indique une victime.
4> Le retour au local : Un pari sur une confiance brisée
La grande rupture de « Renaître » est le retour vers les Églises locales. Si une instance nationale subsiste, le dispositif encourage le passage par les cellules d'accueil diocésaines. Ce choix est justifié par une volonté de « responsabiliser » les territoires, mais il réactive la peur de l'entre-soi institutionnel.
Les critiques pointent un manque criant de professionnalisme.Est cité l'exemple d'un membre de cellule, ancien ingénieur, ayant brisé la confidentialité d'un dossier par ignorance des protocoles de psychotraumatisme. Au-delà des compétences, c'est la sociologie du dispositif qui pose question : l'institution reprend le contrôle du temps et du flux.
En gérant le calendrier et les modalités d'accueil localement, l'Église rend une parole contradictoire efficace quasi impossible, sature l'espace de décision et maintient la victime dans une position de dépendance face à la structure même qui a failli.
5> A propos du dispositif financier
Le dispositif ne prévoit pas de nommer cette dépense « réparation ». Réparation a pourtant un sens dans la tradition spirituelle de l'Église.
Cette résistance sémantique prouve que si le portefeuille s'ouvre, il peine à s'effacer devant l'exigence de justice.
6> La reconnaissance au-delà de la condamnation judiciaire
Le point de rupture le plus technique concerne la procédure de reconnaissance symbolique. Le nouveau dispositif prévoit une distinction fondamentale :
- Une lettre de reconnaissance si l'auteur est condamné par la justice des hommes.
- Une simple lettre d'accueil des souffrances en cas de prescription, de décès de l'auteur ou de classement sans suite.
Cette distinction est vécue comme une minimisation du crime. Là où l'INIRR fondait sa légitimité sur la notion de vraisemblance — « croire la victime » sur la base de son récit — « Renaître » semble réindexer la reconnaissance sur la preuve légale. Pour les victimes dont les agresseurs sont morts ou protégés par la prescription, cette « lettre d'accueil » ne reconnaît rien ; elle se contente de constater une douleur sans en admettre la source criminelle. C'est l'abandon d'un acquis majeur de la justice restaurative au profit d'un formalisme froid.
7> Conclusion : Un pont encore à construire
La rencontre entre les évêques et les collectifs de victimes a mis en lumière un échec de la co-construction. L'institution a voté à l'unanimité un dispositif que les bénéficiaires rejettent unanimement avec force. Ce « pont rompu » témoigne d'une Église qui, tout en voulant bien faire, reste prisonnière de ses propres logiques, privilégiant sa pérennité structurelle à la radicalité de la demande de justice.
La place réelle de la victime au centre de l'institution reste, à ce jour, une intention non suivie d'effets tangibles.
Une institution peut-elle être à la fois juge, partie et accompagnatrice de la renaissance de ceux qu'elle a elle-même blessés ? Le professionnalisme et l'externalité pour garantir la dimensions de tiers sont nécessaire pour faire justice. Sans une réelle indépendance et un retour à la notion de vraisemblance, le dispositif « Renaître » risque fort de n'être que le nom d'un nouveau malentendu.
Nous vous remercions de l'attention que vous porterez à ce document, de nous considérer comme partenaires à part entière afin de prolonger la réflexion engagée.
— AMPASEO
Informations complémentaires
Dispositif "Renaître"
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/actualite-de-lutte-contre-pedophilie/570533-dispositif-renaitre-victimes-mineures/
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/cest-la-gueule-de-bois-le-dispositif-renaitre-inquiete-les-victimes-de-violences-sexuelles-dans-leglise-103722.php
Présentation
Le dispositif « Renaître » est une structure permanente d'accueil et d'accompagnement des victimes de violences sexuelles commises par des clercs ou des laïcs missionnés alors qu'elles étaient mineures. Il a été voté en mars 2026 lors de l'assemblée plénière des évêques à Lourdes 🡵. Il est appelé à succéder à l'Inirr et deviendra opérationnel le 1er septembre 2026.
Contrairement à l'Inirr qui était une instance centralisée, « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants répartis sur tout le territoire national et coordonnés par une instance nationale indépendante ».
Critiques
Le nom
« Renaître » laisse entendre un changement radical, comme un nouveau départ à partir d'une page blanche. Mais pour les victimes, l'objectif de la démarche de réparation est de parvenir à vivre un peu mieux avec le traumatisme subi, qui n'est jamais effacé. On est donc loin d'une renaissance.
Le titre même du dispositif fait réagir. Joanna a l'impression que « quelque chose s'est renversé. On passe d'une instance où l'Église « reconnaît » ses torts et essaie de « réparer » à une injonction envers les victimes, appelées à « renaître ». C'est la tactique des agresseurs, qui retournent la honte et renvoient la responsabilité à leurs victimes ». Selon elle, avec le nouveau dispositif, « l'Église n'assume plus sa responsabilité ».
— La Vie
L'indépendance
Tout d'abord, il est nécessaire de rappeler que « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵.
- La partie constituée des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines n'est, par définition, pas indépendante : elle est « sous la responsabilité des évêques » 🡵 ;
- Les « groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵 auront pour leur part à prouver qu'ils ne se sont pas constitués par des réseaux internes de cooptation.
« J'ai participé à la cellule d'écoute de mon diocèse, explique Joanna, je sais ce que c'est. Tout le monde se connaît entre catholiques locaux. Comment voulez-vous être dans une optique un peu neutre ou d'écoute réelle, sans conflit de loyauté ? Ce n'est pas possible de ne pas être tenté de défendre des gens qu'on connaît, son curé, son voisin, sa voisine. Tout le monde se connaît, surtout dans les petits diocèses. Il faut que ce soit dépaysé. »
— La Vie
Le professionnalisme
L'accompagnement nécessaire aux victimes nécessite des professionnels de santé formés à la prise en charge du psychotrauma. Disposer de bénévoles (ou même de salariés), même de très bonne volonté, n'est donc pas suffisant. Il semble difficile que tous les diocèses disposent d'une telle équipe alors que certaines cellules d'écoute diocésaines ont déjà été mises en cause pour leur manque de professionnalisme.
La CEF indique : « un accompagnement personnalisé est mis en place par des personnes spécifiquement formées par l'instance nationale » 🡵. On ne forme pas des personnes à la prise en charge des psychotrauma dans l'urgence. La bonne volonté ne suffit pas. Il faut recruter des professionnels de santé pour ne pas que l'accompagnement puisse faire plus de mal que de bien. Il faut bien garder à l'esprit que les traumatismes vécus par les victimes sont extrêmement intenses et profonds. La bonne volonté seule ne suffit pas pour les prendre en charge.
« Dans les cellules d'écoute, les personnes sont bénévoles. Elles donnent de leur temps et sont bien intentionnées, mais sans formation au psychotrauma et en droit, cela risque de faire plus de mal que de bien. » Or, selon ces témoins, l'Inirr était justement arrivée à un stade de professionnalisme très satisfaisant.
— La Vie
La reconnaissance
Le point de rupture le plus technique concerne la procédure de reconnaissance symbolique. Le nouveau dispositif prévoit une distinction fondamentale :
- Une lettre de reconnaissance si l'auteur est condamné par la justice des hommes.
- Une simple lettre d'accueil des souffrances en cas de prescription, de décès de l'auteur ou de classement sans suite.
Cette distinction est vécue comme une minimisation du crime. Là où l'INIRR fondait sa légitimité sur la notion de vraisemblance — « croire la victime » sur la base de son récit — « Renaître » semble réindexer la reconnaissance sur la preuve légale. Pour les victimes dont les agresseurs sont morts ou protégés par la prescription, cette « lettre d'accueil » ne reconnaît rien ; elle se contente de constater une douleur sans en admettre la source criminelle. C'est l'abandon d'un acquis majeur de la justice restaurative au profit d'un formalisme froid.
— AMPASEO
La réparation financière
La réparation financière (dite « contribution financière ») est dissociée des démarches restauratives et devient une demande à part, ce qui ancre davantage son caractère optionnel : « la demande doit être faite explicitement par la personne victime au terme de son parcours » 🡵.
Les évêques ont choisi de ne pas reconduire le barème d'indemnisation de l'Inirr : « le montant est évalué selon une grille nationale établie par l'instance indépendante, en association avec les évêques » 🡵.
Il est probable que le denier de l'Église soit utilisé pour financer la « contribution financière » : « le financement assuré par un fonds dédié, sera alimenté par une cotisation obligatoire de tous les diocèses de France » 🡵.
Pour Michel, « ce qui m'a alerté est qu'il est question d’« aide financière ». Or, c'est un débat que nous avions eu au tout début des discussions pour l'Inirr, il y a cinq ou six ans. Il ne s'agit pas d'une aide, mais d'une réparation. Pour moi, les évêques ne sont pas débarrassés de la culture du bon samaritain. Ils pensent être le bon samaritain alors qu'ils sont le larron, le lévite et le prêtre. Dans cette posture, cela ne peut pas marcher. Car ce qu'ils vont nous donner, au lieu que ce soit un dû, une dette à honorer, se transforme en charité de la part de l'institution. Et la victime, par ricochet, devient redevable. » Il oscille entre désespoir et rire fatigué : « Majoritairement, je ne pense pas que ce soit de la mauvaise foi ou de la volonté de nuire. Ils ne comprennent pas. Ils sont dans leur bulle. »
— La Vie
Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr)
- https://www.inirr.fr/je-suis-proche-dune-personne-victime/
- https://www.inirr.fr
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/video-marie-derain-de-vaucresson-la-ciase-a-revele-une-situation-de-crise-et-linirr-a-ete-la-reponse-a-cette-crise-101657.php
- https://www.youtube.com/watch?v=qkJ53bqCMIs
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/523493-quest-ce-que-linirr/
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/cef/assemblees-plenieres/assemblee-eveques-france-novembre-2025/567124-votes-eveques-assemblee-pleniere-novembre-2025/
- https://www.fonds-selam.fr/documents-officiels/
- https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violence-sexuelle/pedocriminalite-dans-leglise-les-demandes-de-reparation-formulees-par-les-victimes-en-forte-hausse-ab10a254-eb29-11f0-a887-2a4cc40b8e21
- https://www.inirr.fr/rapport-annuel/
- https://www.la-croix.com/Religion/Abus-sexuels-reparation-Marie-Derain-nommee-ecouter-besoins-exprimes-victimes-2021-11-08-1201184238
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/linirr-va-t-elle-sarreter-en-septembre-103492.php
Présentation
L'inirr accompagne les personnes victimes de violences sexuelles subies pendant leur minorité (18 ou 21 ans) au sein de l'Église catholique de la part d'un membre du clergé (prêtre ou diacre) ou d'un laïc en responsabilité dans un diocèse 🡵.
Site Internet : https://www.inirr.fr
Créée au lendemain de la remise ce rapport, l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), partie de rien, est aujourd'hui constituée de 45 personnes dont quinze salariés. Pas moins de 1 732 personnes se sont adressées à elle en quatre ans. Plus de 1 200 ont été accompagnées, le collège a pris quelque 1 000 décisions qui relèvent d'une dimension financière et qui valident des dimensions restauratives. Comme son nom l'indique, cette instance a pour mission d'apporter reconnaissance et réparation. Ce n'est pas seulement une indemnisation.
C'est une réparation à deux volets : un volet financier, significatif car c'est un marqueur de reconnaissance ; un volet que l'on nomme justice restaurative qui a pour vocation de mobiliser le pouvoir d'agir des personnes victimes. Il y a enfin l'idée de faire bouger l'institution à l'origine des manquements qui ont permis l'avènement de ces violences sexuelles. La réparation vise les personnes victimes, et ceux qui sont à l'origine de cette violence.
— La Vie
Voir l'interview de Marie Derain de Vaucresson, présidente de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) par Sophie Lebrun pour La Vie.
Historique
- 2021 Décision de la création de l'Inirr par les évêques de France lors de l'Assemblée plénière de novembre 2021 🡵
- 2022 Au mois de juin, première décision de l'Inirr 🡵
- 2025 A l'issue de l'assemblé plénière de Lourdes de novembre 2025, les évêques ont acté le fonctionnement de l'Inirr « jusqu'à fin août 2026, en attendant de fixer les modalités d'évolution des dispositifs actuels » 🡵
Financement
L'Inirr est financée à l'aide du fonds SELAM (Fonds de Solidarité et de Lutte contre les Agressions sexuelles sur Mineurs), fonds de dotation créé en 2021 🡵.
Rapports annuels
- Rapport annuel 2022 (publié en mars 2023)
- Rapport annuel 2023 (publié en mars 2024)
- Rapport annuel 2024 (publié en mars 2025)
Au 31 décembre 2025, 1 786 personnes victimes de pédocriminalité dans l'Église, s'étaient adressées à l'Instance indépendante de reconnaissance et de réparation depuis sa mise en place début 2022. Au total : 1044 décisions ont été rendues et 175 attendent encore d'être accompagnées 🡵.
Ces rapports sont disponibles sur le site Internet de l'Inirr.
Présidente
- 2021 (lettre de mission)-2026 : Marie Derain de Vaucresson 🡵 🡵
Contact
Par courrier : 41 boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Par mail : secretariat@inirr.fr
Ou consultez le site de l'INIRR https://www.inirr.fr
Conférence des Évêques de France (CEF)
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodore_McCarrick
- https://www.lefigaro.fr/actualites/2007/11/02/01001-20071102ARTFIG00144-eveques-de-france-election-du-nouveau-president.php
- https://www.la-croix.com/Religion/Age-80-ans-cardinal-francais-Andre-Vingt-Trois-sera-electeur-cas-conclave-2022-11-07-1201241051
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/election-de-mgr-pontier-un-virage-social-des-eacutevecircques-29761.php
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/archeveque-marseille-reelu-tete-conference-eveques-france-955001.html
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/election-de-la-presidence-de-la-conference-des-eveques-de-france/
- https://www.la-croix.com/religion/conference-des-eveques-de-france-le-cardinal-jean-marc-aveline-proche-du-pape-francois-elu-president-20250402
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/523493-quest-ce-que-linirr/
- https://www.fonds-selam.fr/documents-officiels/
- https://www.youtube.com/watch?v=KDC81T4iRHQ
- https://www.la-croix.com/Religion/France/Mgr-Stanislas-Lalanne-quitte-cellule-permanente-lutte-contre-pedophilie-2016-05-29-1200763638
- https://www.rcf.fr/articles/economie-et-societe/lassociation-la-parole-liberee-des-pionniers-de-la-lutte-contre-les
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/514495-lutte-contre-la-pedophilie-les-resolutions-votees-par-les-eveques-de-france-en-mars-2021/
- https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-07/thibault-verny-president-commission-protection-mineurs.html
- https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2023/06/RA-CEF-2021-2022.pdf
- https://www.catholique88.fr/dispositif-renaitre
- https://luttercontrelapedophilie.catholique.fr/
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/423672-mise-en-ligne-du-site-luttercontrelapedophilie-catholique-fr/
- https://www.fairedelegliseunemaisonsure.fr/
- https://abus-quefaitleglise.catholique.fr/
- https://gardermemoire.fr/
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/561896-lancement-dun-site-internet-pour-garder-memoire-des-violences-sexuelles-commises-dans-un-cadre-ecclesial/
Derniers présidents de la CEF
- 2001-2007 : Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux 🡵
- 2007-2013 : Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris 🡵
- 2013-2019 : Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille 🡵 🡵
- 2019-2025 : Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims 🡵
- 2025-2028 : Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille 🡵
Reconnaissance et de réparation

- Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), que les évêques de France ont décidé de créer lors de l'Assemblée plénière de novembre 2021 🡵. L'Inirr était financée à l'aide du fonds SELAM (Fonds de Solidarité et de Lutte contre les Agressions sexuelles sur Mineurs), fonds de dotation créé en 2021 🡵.
- Dispositif "Renaître", voté par les évêques de France lors de l'Assemblée plénière de mars 2026 afin de succéder à l'Inirr en septembre 2026 🡵.
- Dispositif pour les victimes d'abus alors qu'elles étaient majeures (parfois appelé « dispositif Adultes »)
Cellule et conseils de protection des mineurs

| Dates | Nom de l'instance | Responsables ou présidents |
|---|---|---|
| 2002-2016 | « Cellule de veille » de l'épiscopat sur la pédophilie | ?-2016 Mgr Stanislas Lalanne 🡵 |
| 2016-2021 | Cellule permanente de prévention et de lutte contre la pédophilie (CPPLP) 🡵 | 2016-2021 Mgr Luc Crepy |
| 2021-2025 | Conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie 🡵 | 2021-2022 Mgr Luc Crepy 2022-2025 Mgr Thibault Verny 2025 Mgr Gérard Le Stang 🡵 |
| Depuis 2025 | Conseil National pour la Protection des Mineurs (CNPM) | Depuis 2025 Mgr Gérard Le Stang |
| Depuis 2022 | Service National de Protection des Mineurs (SNPM) | Depuis 2022 Ségolaine Moog 🡵 |
Autres organes
- Le Tribunal Pénal Canonique National
- Le dispositif permettant le suivi des auteurs 🡵, dont on ne sait que peu de choses
Sites Internet
- 2016 Lancement du site luttercontrelapedophilie.catholique.fr 🡵 et ouverture de la messagerie paroledevictimes@cef.fr
- 2022 Lancement du site fairedelegliseunemaisonsure.fr, initialement à l'adresse abus-quefaitleglise.catholique.fr
- 2025 Lancement du site gardermemoire.fr 🡵
Voir aussi :
- Accueil Conseil et conciliation / Emprise et dérives sectaires (4)
- Cardinal Jean-Marc Aveline (8)
- Cardinal Jean-Pierre Ricard (2)
- Cellules d'accueil et d'écoute diocésaines (4)
- CIASE (11)
- Conseil National pour la Protection des Mineurs (1)
- Dispositif "Renaître" (6)
- Mgr Éric de Moulins-Beaufort (20)
- Service National de Protection des Mineurs (fiche uniquement)
- Ségolaine Moog (fiche uniquement)
- Tribunal Pénal Canonique National (8)
Cellules d'accueil et d'écoute diocésaines
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/419160-lutter-contre-la-pedophilie-nouvelles-mesures/
- https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2023/01/Referentiel-de-bonnes-pratiques-pour-les-cellules-daccueil-et-decoute-2023.pdf
- https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/520492-resolutions-votees-par-les-eveques-de-france-en-assemblee-pleniere-le-8-novembre-2021/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/547110-publication-du-rapport-daudit-des-cellules-daccueil-et-decoute-des-victimes-de-violences-dans-leglise/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/actualite-de-lutte-contre-pedophilie/570533-dispositif-renaitre-victimes-mineures/
La création en France (2016)
Les évêques de France ont décidé la création de ces cellules d'écoute en 2016, à la suite de l'affaire Preynat.
En ce qui concerne les victimes, le Conseil souligne l'importance qu'elles aient un lieu où elles soient assurées d'être accueillies, écoutées et accompagnées. Outre la rencontre avec l'évêque ou son représentant direct, le Conseil souhaite que chaque victime puisse entrer en contact facilement avec les personnes en charge de cette écoute. A cet effet, des cellules seront mises en place au niveau des diocèses ou des Provinces ecclésiastiques. Un site internet dédié, notamment à l'accueil des victimes, permettra à celles-ci de rentrer en contact avec cette cellule locale. Dès aujourd'hui et dans l'attente de la mise en place du site internet, l'adresse mail « paroledevictimes@cef.fr » est ouverte aux victimes.
— CEF
Remarque : un référentiel de bonnes pratiques a été publié en janvier 2023.
Le Motu Proprio « Vos estis lux mundi » (2019)
Publié en mai 2019 par le pape François, ce décret a rendu obligatoire pour tous les diocèses du monde la mise en place de « dispositifs stables et facilement accessibles au public pour présenter des signalements » d'abus sexuels.
Les Diocèses ou les Eparchies doivent mettre en place, individuellement ou ensemble, dans le délai d'un an à partir de l'entrée en vigueur des présentes normes, un ou plusieurs dispositifs stables et facilement accessibles au public pour permettre de présenter des signalements, notamment à travers l'institution d'un bureau ecclésiastique approprié. Les Diocèses et les Eparchies informeront le Représentant pontifical de l'instauration desdits dispositifs.
Rapport d'audit (fin 2023)
En 2021, les évêques ont voté un audit externe des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines 🡵. Cet audit a été effectué en 2023. Il a donné lieu à un rapport publié le 1/12/2023.
Le rapport pointe notamment un déficit flagrant de professionnels formés :
- Pas de supervision pour 2/3 les écoutants… et pour les autres, c'est parfois juste un café… parfois une fois par an. « La plupart des écoutants n'ont pas reçu de formation spécifique en matière de traumatologie / violences sexuelles. »
- « Les membres de cellules n'ayant pas reçu de formation dédiée ont systématiquement exprimé le souhait d'en suivre une, en soulignant souvent des besoins d'outils pratiques. »
- « Un fonctionnement qui repose fréquemment sur peu de personnes effectivement disponibles et/ou formées à l'écoute. »
Des cellules sous la responsabilité de l'évêque
Le référentiel de bonnes pratiques place clairement les cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité et le contrôle de l'évêque :
- « La cellule d'accueil et d'écoute exerce sa mission sous l'autorité de l'évêque. »
- « Les membres d'une cellule sont appelés par l'évêque pour un mandat à fixer. »
- « Les informations demandées par la personne victime concernant le mis en cause ou l'auteur avéré susceptibles d'être données (autres personnes victimes, sanctions canoniques, suspension, procédure judiciaire) doivent faire l'objet d'une analyse et d'un échange avec l'évêque. »
- « À l'issue des auditions, l'ensemble du dossier est transmis à l'évêque pour les suites à donner. »
- « Toute information partagée à la cellule ou aux membres est transmissible à l'évêque. »
- « Seul l'évêque peut cependant confirmer la vraisemblance des faits. »
Le dispositif Renaître
Le dispositif "Renaître" est une structure permanente d'accueil et d'accompagnement des victimes de violences sexuelles commises par des clercs ou des laïcs missionnés alors qu'elles étaient mineures. Il a été voté en mars 2026 lors de l'assemblée plénière des évêques à Lourdes 🡵. Il est appelé à succéder à l'Inirr et deviendra opérationnel le 1er septembre 2026.
Contrairement à l'Inirr qui était une instance centralisée, « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants répartis sur tout le territoire national et coordonnés par une instance nationale indépendante ».
Association pour la Mémoire et la Prévention des Abus Sexuels dans l'Église catholique de l'Ouest (AMPASEO)
Objectifs de l'association
Que rien ne tombe dans l'oubli
Notre premier objectif est de faire œuvre de mémoire des faits passés et reconnus de violences sexuelles exercées sur des enfants par des ecclésiastiques, des religieux ou des laïcs dans les régions Bretagne et Pays de Loire.
Devenir des témoins citoyens, des survivants et des sentinelles
Notre second objectif est d'œuvrer à la prévention de ces violences en collaboration étroite avec les représentants de l'Église, (diocèses, enseignement catholique, institutions religieuses) les acteurs de la protection de l'enfance et les élus sur le plan local (départements de l'Ouest) et national.
— AMPASEO