Dispositif « Renaître » : la présidente de l'Inirr préoccupée par le projet des évêques
<< Semaine du 13 au 19 avril 2026 (article 3/11) >>
Dispositif « Renaître » : la présidente de l'Inirr préoccupée par le projet des évêques
« Les premières pistes présentées par la CEF ébranlent les fondements et les convictions qui m'animent. »
Comment avez-vous pris connaissance du dispositif Renaître, qui doit prendre la suite de l'Inirr ?
Nous avons découvert le dispositif comme tout le monde, à distance, lors de l'assemblée plénière des évêques à Lourdes. Je n'ai pas reçu d'information spécifique ni détaillée, et je n'en ai donc qu'une vision très générale. Pourtant, depuis janvier 2026, nous avions été conviés à trois réunions à la Conférence des évêques de France (CEF). Il faut être clair, ces réunions n'étaient pas des espaces de coconstruction, les orientations pour un nouveau dispositif étaient déjà arrêtées. Elles nous ont été présentées et nous avons pu réagir, pas travailler. La différence est majeure.
[…]
Quel regard portez-vous sur ce dispositif tel qu'il vous apparaît aujourd'hui ?
Nous savions que l'Inirr avait une fin puisque la lettre de mission contenait un mandat de trois ans, qui a été renouvelé une fois pour 18 mois. L'instance a été pensée comme une réponse de crise à une situation de crise. Le problème, c'est que la crise n'est pas terminée ! Il y a régulièrement des rebonds : un an après la publication du rapport de la Ciase, à l'assemblée plénière de novembre 2022, nous apprenions que 11 évêques, certains encore en responsabilité, étaient directement mis en cause.
En 2024, les révélations concernant l'abbé Pierre ont réactivé le traumatisme de nombreuses personnes victimes, qui se sont alors adressées à l'Inirr. Le doute se réinstalle et la perte de confiance dans l'Église est ravivée : « Même lui ! » Puis, début 2025, avec la médiatisation de l'affaire Bétharram et la commission parlementaire, naît une nouvelle onde de choc autour de l'enseignement catholique. À chaque fois, cela engendre des pics de sollicitations.
Au regard de l'échéance de la lettre de mission, du rajeunissement des personnes victimes et aussi du fait que les mis en cause sont de plus en plus souvent vivants, nous sommes à un moment où la transformation doit être envisagée. Simplement, il faut garantir une forme de continuité, de cohérence à la suite de la Ciase et de l'Inirr. Or, le modèle proposé aujourd'hui, conçu sans nous, s'éloigne dangereusement des principes qui ont fait la pertinence de l'Inirr.
Quels principes vous semblent fondamentaux dans la réponse que l'Église institutionnelle doit apporter aux personnes qui ont été victimes en son sein ?
La clé de voûte, c'est l'indépendance. Sans indépendance, il n'y a pas de confiance possible. Et sans confiance, il n'y a pas de chemin de réparation. Pour cela, les personnes victimes doivent pouvoir s'adresser à un tiers, extérieur, et non à l'institution qui est à l'origine des pires moments de leur vie et de leurs souffrances (en premier lieu les agressions, mais aussi l'organisation du silence qui a suivi).
Cette indépendance n'est pas théorique : elle se traduit dans la gouvernance, dans le recrutement, dans le positionnement même des équipes, dans la localisation. Elle suppose une distance réelle vis-à-vis de l'Église. Or, réintégrer le dispositif dans les diocèses revient à effacer cette distance. Concrètement, le mandat actuel garantit l'autonomie de décision et d'organisation, les moyens de fonctionner, et prévoit des modalités de rendre compte qui passent par un rapport d'activité rendu public chaque année.
Nous veillons ainsi depuis le début de la construction de l'instance à l'équilibre du positionnement de nos membres vis-à-vis de l'Église, c'est une condition sine qua non. Qu'ils soient salariés ou bénévoles, aucun n'est en mission ecclésiale, afin de garantir la neutralité. Ce qui signifie aussi qu'il ne peut y avoir chez eux d'esprit de revanche ou d'animosité vis-à-vis de l'Église ni de mépris vis-à-vis de la foi ou de la religion.
Ce cadre est celui qui avait été posé dans le rapport de la Ciase d'abord, mais également dans la volonté exprimée par les évêques quand ils m'ont confié la lettre de mission, qui décrit avec force ce principe d'indépendance, contenu dans le nom même de l'Inirr. La surprise pour moi en découvrant qu'il disparaît est donc très forte.
Un autre point fondamental est celui du professionnalisme, garanti par le recrutement, la formation (elle est longue et exigeante chez nous), la supervision, la pluridisciplinarité et l'évaluation de notre action.
— La Vie
Informations complémentaires
Dispositif "Renaître"
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/actualite-de-lutte-contre-pedophilie/570533-dispositif-renaitre-victimes-mineures/
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/cest-la-gueule-de-bois-le-dispositif-renaitre-inquiete-les-victimes-de-violences-sexuelles-dans-leglise-103722.php
Présentation
Le dispositif « Renaître » est une structure permanente d'accueil et d'accompagnement des victimes de violences sexuelles commises par des clercs ou des laïcs missionnés alors qu'elles étaient mineures. Il a été voté en mars 2026 lors de l'assemblée plénière des évêques à Lourdes 🡵. Il est appelé à succéder à l'Inirr et deviendra opérationnel le 1er septembre 2026.
Contrairement à l'Inirr qui était une instance centralisée, « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants répartis sur tout le territoire national et coordonnés par une instance nationale indépendante ».
Critiques
Le nom
« Renaître » laisse entendre un changement radical, comme un nouveau départ à partir d'une page blanche. Mais pour les victimes, l'objectif de la démarche de réparation est de parvenir à vivre un peu mieux avec le traumatisme subi, qui n'est jamais effacé. On est donc loin d'une renaissance.
Le titre même du dispositif fait réagir. Joanna a l'impression que « quelque chose s'est renversé. On passe d'une instance où l'Église « reconnaît » ses torts et essaie de « réparer » à une injonction envers les victimes, appelées à « renaître ». C'est la tactique des agresseurs, qui retournent la honte et renvoient la responsabilité à leurs victimes ». Selon elle, avec le nouveau dispositif, « l'Église n'assume plus sa responsabilité ».
— La Vie
L'indépendance
Tout d'abord, il est nécessaire de rappeler que « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵.
- La partie constituée des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines n'est, par définition, pas indépendante : elle est « sous la responsabilité des évêques » 🡵 ;
- Les « groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵 auront pour leur part à prouver qu'ils ne se sont pas constitués par des réseaux internes de cooptation.
« J'ai participé à la cellule d'écoute de mon diocèse, explique Joanna, je sais ce que c'est. Tout le monde se connaît entre catholiques locaux. Comment voulez-vous être dans une optique un peu neutre ou d'écoute réelle, sans conflit de loyauté ? Ce n'est pas possible de ne pas être tenté de défendre des gens qu'on connaît, son curé, son voisin, sa voisine. Tout le monde se connaît, surtout dans les petits diocèses. Il faut que ce soit dépaysé. »
— La Vie
Le professionnalisme
L'accompagnement nécessaire aux victimes nécessite des professionnels de santé formés à la prise en charge du psychotrauma. Disposer de bénévoles (ou même de salariés), même de très bonne volonté, n'est donc pas suffisant. Il semble difficile que tous les diocèses disposent d'une telle équipe alors que certaines cellules d'écoute diocésaines ont déjà été mises en cause pour leur manque de professionnalisme.
La CEF indique : « un accompagnement personnalisé est mis en place par des personnes spécifiquement formées par l'instance nationale » 🡵. On ne forme pas des personnes à la prise en charge des psychotrauma dans l'urgence. La bonne volonté ne suffit pas. Il faut recruter des professionnels de santé pour ne pas que l'accompagnement puisse faire plus de mal que de bien. Il faut bien garder à l'esprit que les traumatismes vécus par les victimes sont extrêmement intenses et profonds. La bonne volonté seule ne suffit pas pour les prendre en charge.
« Dans les cellules d'écoute, les personnes sont bénévoles. Elles donnent de leur temps et sont bien intentionnées, mais sans formation au psychotrauma et en droit, cela risque de faire plus de mal que de bien. » Or, selon ces témoins, l'Inirr était justement arrivée à un stade de professionnalisme très satisfaisant.
— La Vie
La reconnaissance
Le point de rupture le plus technique concerne la procédure de reconnaissance symbolique. Le nouveau dispositif prévoit une distinction fondamentale :
- Une lettre de reconnaissance si l'auteur est condamné par la justice des hommes.
- Une simple lettre d'accueil des souffrances en cas de prescription, de décès de l'auteur ou de classement sans suite.
Cette distinction est vécue comme une minimisation du crime. Là où l'INIRR fondait sa légitimité sur la notion de vraisemblance — « croire la victime » sur la base de son récit — « Renaître » semble réindexer la reconnaissance sur la preuve légale. Pour les victimes dont les agresseurs sont morts ou protégés par la prescription, cette « lettre d'accueil » ne reconnaît rien ; elle se contente de constater une douleur sans en admettre la source criminelle. C'est l'abandon d'un acquis majeur de la justice restaurative au profit d'un formalisme froid.
— AMPASEO
La réparation financière
La réparation financière (dite « contribution financière ») est dissociée des démarches restauratives et devient une demande à part, ce qui ancre davantage son caractère optionnel : « la demande doit être faite explicitement par la personne victime au terme de son parcours » 🡵.
Les évêques ont choisi de ne pas reconduire le barème d'indemnisation de l'Inirr : « le montant est évalué selon une grille nationale établie par l'instance indépendante, en association avec les évêques » 🡵.
Il est probable que le denier de l'Église soit utilisé pour financer la « contribution financière » : « le financement assuré par un fonds dédié, sera alimenté par une cotisation obligatoire de tous les diocèses de France » 🡵.
Pour Michel, « ce qui m'a alerté est qu'il est question d’« aide financière ». Or, c'est un débat que nous avions eu au tout début des discussions pour l'Inirr, il y a cinq ou six ans. Il ne s'agit pas d'une aide, mais d'une réparation. Pour moi, les évêques ne sont pas débarrassés de la culture du bon samaritain. Ils pensent être le bon samaritain alors qu'ils sont le larron, le lévite et le prêtre. Dans cette posture, cela ne peut pas marcher. Car ce qu'ils vont nous donner, au lieu que ce soit un dû, une dette à honorer, se transforme en charité de la part de l'institution. Et la victime, par ricochet, devient redevable. » Il oscille entre désespoir et rire fatigué : « Majoritairement, je ne pense pas que ce soit de la mauvaise foi ou de la volonté de nuire. Ils ne comprennent pas. Ils sont dans leur bulle. »
— La Vie
Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr)
- https://www.inirr.fr/je-suis-proche-dune-personne-victime/
- https://www.inirr.fr
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/video-marie-derain-de-vaucresson-la-ciase-a-revele-une-situation-de-crise-et-linirr-a-ete-la-reponse-a-cette-crise-101657.php
- https://www.youtube.com/watch?v=qkJ53bqCMIs
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/523493-quest-ce-que-linirr/
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/cef/assemblees-plenieres/assemblee-eveques-france-novembre-2025/567124-votes-eveques-assemblee-pleniere-novembre-2025/
- https://www.fonds-selam.fr/documents-officiels/
- https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violence-sexuelle/pedocriminalite-dans-leglise-les-demandes-de-reparation-formulees-par-les-victimes-en-forte-hausse-ab10a254-eb29-11f0-a887-2a4cc40b8e21
- https://www.inirr.fr/rapport-annuel/
- https://www.la-croix.com/Religion/Abus-sexuels-reparation-Marie-Derain-nommee-ecouter-besoins-exprimes-victimes-2021-11-08-1201184238
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/linirr-va-t-elle-sarreter-en-septembre-103492.php
Présentation
L'inirr accompagne les personnes victimes de violences sexuelles subies pendant leur minorité (18 ou 21 ans) au sein de l'Église catholique de la part d'un membre du clergé (prêtre ou diacre) ou d'un laïc en responsabilité dans un diocèse 🡵.
Site Internet : https://www.inirr.fr
Créée au lendemain de la remise ce rapport, l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), partie de rien, est aujourd'hui constituée de 45 personnes dont quinze salariés. Pas moins de 1 732 personnes se sont adressées à elle en quatre ans. Plus de 1 200 ont été accompagnées, le collège a pris quelque 1 000 décisions qui relèvent d'une dimension financière et qui valident des dimensions restauratives. Comme son nom l'indique, cette instance a pour mission d'apporter reconnaissance et réparation. Ce n'est pas seulement une indemnisation.
C'est une réparation à deux volets : un volet financier, significatif car c'est un marqueur de reconnaissance ; un volet que l'on nomme justice restaurative qui a pour vocation de mobiliser le pouvoir d'agir des personnes victimes. Il y a enfin l'idée de faire bouger l'institution à l'origine des manquements qui ont permis l'avènement de ces violences sexuelles. La réparation vise les personnes victimes, et ceux qui sont à l'origine de cette violence.
— La Vie
Voir l'interview de Marie Derain de Vaucresson, présidente de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) par Sophie Lebrun pour La Vie.
Historique
- 2021 Décision de la création de l'Inirr par les évêques de France lors de l'Assemblée plénière de novembre 2021 🡵
- 2022 Au mois de juin, première décision de l'Inirr 🡵
- 2025 A l'issue de l'assemblé plénière de Lourdes de novembre 2025, les évêques ont acté le fonctionnement de l'Inirr « jusqu'à fin août 2026, en attendant de fixer les modalités d'évolution des dispositifs actuels » 🡵
Financement
L'Inirr est financée à l'aide du fonds SELAM (Fonds de Solidarité et de Lutte contre les Agressions sexuelles sur Mineurs), fonds de dotation créé en 2021 🡵.
Rapports annuels
- Rapport annuel 2022 (publié en mars 2023)
- Rapport annuel 2023 (publié en mars 2024)
- Rapport annuel 2024 (publié en mars 2025)
Au 31 décembre 2025, 1 786 personnes victimes de pédocriminalité dans l'Église, s'étaient adressées à l'Instance indépendante de reconnaissance et de réparation depuis sa mise en place début 2022. Au total : 1044 décisions ont été rendues et 175 attendent encore d'être accompagnées 🡵.
Ces rapports sont disponibles sur le site Internet de l'Inirr.
Présidente
- 2021 (lettre de mission)-2026 : Marie Derain de Vaucresson 🡵 🡵
Contact
Par courrier : 41 boulevard du Montparnasse 75006 Paris
Par mail : secretariat@inirr.fr
Ou consultez le site de l'INIRR https://www.inirr.fr
Conférence des Évêques de France (CEF)
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Theodore_McCarrick
- https://www.lefigaro.fr/actualites/2007/11/02/01001-20071102ARTFIG00144-eveques-de-france-election-du-nouveau-president.php
- https://www.la-croix.com/Religion/Age-80-ans-cardinal-francais-Andre-Vingt-Trois-sera-electeur-cas-conclave-2022-11-07-1201241051
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/election-de-mgr-pontier-un-virage-social-des-eacutevecircques-29761.php
- https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/metropole-aix-marseille/marseille/archeveque-marseille-reelu-tete-conference-eveques-france-955001.html
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/election-de-la-presidence-de-la-conference-des-eveques-de-france/
- https://www.la-croix.com/religion/conference-des-eveques-de-france-le-cardinal-jean-marc-aveline-proche-du-pape-francois-elu-president-20250402
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/523493-quest-ce-que-linirr/
- https://www.fonds-selam.fr/documents-officiels/
- https://www.youtube.com/watch?v=KDC81T4iRHQ
- https://www.la-croix.com/Religion/France/Mgr-Stanislas-Lalanne-quitte-cellule-permanente-lutte-contre-pedophilie-2016-05-29-1200763638
- https://www.rcf.fr/articles/economie-et-societe/lassociation-la-parole-liberee-des-pionniers-de-la-lutte-contre-les
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/514495-lutte-contre-la-pedophilie-les-resolutions-votees-par-les-eveques-de-france-en-mars-2021/
- https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2025-07/thibault-verny-president-commission-protection-mineurs.html
- https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2023/06/RA-CEF-2021-2022.pdf
- https://www.catholique88.fr/dispositif-renaitre
- https://luttercontrelapedophilie.catholique.fr/
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/423672-mise-en-ligne-du-site-luttercontrelapedophilie-catholique-fr/
- https://www.fairedelegliseunemaisonsure.fr/
- https://abus-quefaitleglise.catholique.fr/
- https://gardermemoire.fr/
- https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/561896-lancement-dun-site-internet-pour-garder-memoire-des-violences-sexuelles-commises-dans-un-cadre-ecclesial/
Derniers présidents de la CEF
- 2001-2007 : Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux 🡵
- 2007-2013 : Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris 🡵
- 2013-2019 : Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille 🡵 🡵
- 2019-2025 : Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims 🡵
- 2025-2028 : Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille 🡵
Reconnaissance et de réparation

- Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), que les évêques de France ont décidé de créer lors de l'Assemblée plénière de novembre 2021 🡵. L'Inirr était financée à l'aide du fonds SELAM (Fonds de Solidarité et de Lutte contre les Agressions sexuelles sur Mineurs), fonds de dotation créé en 2021 🡵.
- Dispositif "Renaître", voté par les évêques de France lors de l'Assemblée plénière de mars 2026 afin de succéder à l'Inirr en septembre 2026 🡵.
- Dispositif pour les victimes d'abus alors qu'elles étaient majeures (parfois appelé « dispositif Adultes »)
Cellule et conseils de protection des mineurs

| Dates | Nom de l'instance | Responsables ou présidents |
|---|---|---|
| 2002-2016 | « Cellule de veille » de l'épiscopat sur la pédophilie | ?-2016 Mgr Stanislas Lalanne 🡵 |
| 2016-2021 | Cellule permanente de prévention et de lutte contre la pédophilie (CPPLP) 🡵 | 2016-2021 Mgr Luc Crepy |
| 2021-2025 | Conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie 🡵 | 2021-2022 Mgr Luc Crepy 2022-2025 Mgr Thibault Verny 2025 Mgr Gérard Le Stang 🡵 |
| Depuis 2025 | Conseil National pour la Protection des Mineurs (CNPM) | Depuis 2025 Mgr Gérard Le Stang |
| Depuis 2022 | Service National de Protection des Mineurs (SNPM) | Depuis 2022 Ségolaine Moog 🡵 |
Autres organes
- Le Tribunal Pénal Canonique National
- Le dispositif permettant le suivi des auteurs 🡵, dont on ne sait que peu de choses
Sites Internet
- 2016 Lancement du site luttercontrelapedophilie.catholique.fr 🡵 et ouverture de la messagerie paroledevictimes@cef.fr
- 2022 Lancement du site fairedelegliseunemaisonsure.fr, initialement à l'adresse abus-quefaitleglise.catholique.fr
- 2025 Lancement du site gardermemoire.fr 🡵
Voir aussi :
- Accueil Conseil et conciliation / Emprise et dérives sectaires (4)
- Cardinal Jean-Marc Aveline (8)
- Cardinal Jean-Pierre Ricard (2)
- Cellules d'accueil et d'écoute diocésaines (4)
- CIASE (11)
- Conseil National pour la Protection des Mineurs (1)
- Dispositif "Renaître" (6)
- Mgr Éric de Moulins-Beaufort (20)
- Service National de Protection des Mineurs (fiche uniquement)
- Ségolaine Moog (fiche uniquement)
- Tribunal Pénal Canonique National (8)
Cellules d'accueil et d'écoute diocésaines
- https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/419160-lutter-contre-la-pedophilie-nouvelles-mesures/
- https://eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2023/01/Referentiel-de-bonnes-pratiques-pour-les-cellules-daccueil-et-decoute-2023.pdf
- https://www.vatican.va/content/francesco/fr/motu_proprio/documents/papa-francesco-motu-proprio-20190507_vos-estis-lux-mundi.html
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/520492-resolutions-votees-par-les-eveques-de-france-en-assemblee-pleniere-le-8-novembre-2021/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/547110-publication-du-rapport-daudit-des-cellules-daccueil-et-decoute-des-victimes-de-violences-dans-leglise/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/lutter-contre-pedophilie/actualite-de-lutte-contre-pedophilie/570533-dispositif-renaitre-victimes-mineures/
La création en France (2016)
Les évêques de France ont décidé la création de ces cellules d'écoute en 2016, à la suite de l'affaire Preynat.
En ce qui concerne les victimes, le Conseil souligne l'importance qu'elles aient un lieu où elles soient assurées d'être accueillies, écoutées et accompagnées. Outre la rencontre avec l'évêque ou son représentant direct, le Conseil souhaite que chaque victime puisse entrer en contact facilement avec les personnes en charge de cette écoute. A cet effet, des cellules seront mises en place au niveau des diocèses ou des Provinces ecclésiastiques. Un site internet dédié, notamment à l'accueil des victimes, permettra à celles-ci de rentrer en contact avec cette cellule locale. Dès aujourd'hui et dans l'attente de la mise en place du site internet, l'adresse mail « paroledevictimes@cef.fr » est ouverte aux victimes.
— CEF
Remarque : un référentiel de bonnes pratiques a été publié en janvier 2023.
Le Motu Proprio « Vos estis lux mundi » (2019)
Publié en mai 2019 par le pape François, ce décret a rendu obligatoire pour tous les diocèses du monde la mise en place de « dispositifs stables et facilement accessibles au public pour présenter des signalements » d'abus sexuels.
Les Diocèses ou les Eparchies doivent mettre en place, individuellement ou ensemble, dans le délai d'un an à partir de l'entrée en vigueur des présentes normes, un ou plusieurs dispositifs stables et facilement accessibles au public pour permettre de présenter des signalements, notamment à travers l'institution d'un bureau ecclésiastique approprié. Les Diocèses et les Eparchies informeront le Représentant pontifical de l'instauration desdits dispositifs.
Rapport d'audit (fin 2023)
En 2021, les évêques ont voté un audit externe des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines 🡵. Cet audit a été effectué en 2023. Il a donné lieu à un rapport publié le 1/12/2023.
Le rapport pointe notamment un déficit flagrant de professionnels formés :
- Pas de supervision pour 2/3 les écoutants… et pour les autres, c'est parfois juste un café… parfois une fois par an. « La plupart des écoutants n'ont pas reçu de formation spécifique en matière de traumatologie / violences sexuelles. »
- « Les membres de cellules n'ayant pas reçu de formation dédiée ont systématiquement exprimé le souhait d'en suivre une, en soulignant souvent des besoins d'outils pratiques. »
- « Un fonctionnement qui repose fréquemment sur peu de personnes effectivement disponibles et/ou formées à l'écoute. »
Des cellules sous la responsabilité de l'évêque
Le référentiel de bonnes pratiques place clairement les cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité et le contrôle de l'évêque :
- « La cellule d'accueil et d'écoute exerce sa mission sous l'autorité de l'évêque. »
- « Les membres d'une cellule sont appelés par l'évêque pour un mandat à fixer. »
- « Les informations demandées par la personne victime concernant le mis en cause ou l'auteur avéré susceptibles d'être données (autres personnes victimes, sanctions canoniques, suspension, procédure judiciaire) doivent faire l'objet d'une analyse et d'un échange avec l'évêque. »
- « À l'issue des auditions, l'ensemble du dossier est transmis à l'évêque pour les suites à donner. »
- « Toute information partagée à la cellule ou aux membres est transmissible à l'évêque. »
- « Seul l'évêque peut cependant confirmer la vraisemblance des faits. »
Le dispositif Renaître
Le dispositif "Renaître" est une structure permanente d'accueil et d'accompagnement des victimes de violences sexuelles commises par des clercs ou des laïcs missionnés alors qu'elles étaient mineures. Il a été voté en mars 2026 lors de l'assemblée plénière des évêques à Lourdes 🡵. Il est appelé à succéder à l'Inirr et deviendra opérationnel le 1er septembre 2026.
Contrairement à l'Inirr qui était une instance centralisée, « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants répartis sur tout le territoire national et coordonnés par une instance nationale indépendante ».