Mgr Jean-Michel Di Falco évoqué par Inès Chatin dans l'affaire des hommes de la rue du Bac

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Mgr Jean-Michel Di Falco évoqué par Inès Chatin dans l'affaire des hommes de la rue du Bac

A ce sujet, Inès Chatin a fait une demande de nouvelle audition à l'office des mineurs.

Mgr Jean-Michel Di Falco (9) Les hommes de la rue du Bac (2) Inès Chatin (2) Jean-François Lemaire (2) Claude Imbert (2) Jean-François Revel (3) François Gibault (2) Gabriel Matzneff (3)

Willy Le Devin est l'auteur de l'enquête choc sortie dans « Libération » en 2024 : Les hommes de la rue du Bac. Il publie un livre éponyme qui revient sur les accusations portées par Inès Chatin. Dans ce livre, est mentionné de manière floue la présence de Mgr Jean-Michel Di Falco.

[Le Nouvel Obs] Dans le livre, vous évoquez un autre homme, bien que son implication reste floue : l'ex-évêque Jean-Michel di Falco [le 26 mars, ce dernier a été condamne, dans une autre affaire, à indemniser un homme qui l'accusait de viol]

[W. Le Devin] Ines m'a très vite parlé de lui. En sa présence, elle éprouvait des troubles physiques. Dans le champ de la pédocriminalité, il a été documenté de manière scientifique que le corps parle. Olivier Baratelli, l'avocat de di Falco, affirme que l'ancien évêque ne connaît pas la famille Lemaire et qu'il ne s'est jamais rendu chez eux. Après la publication de la série dans « Libé », mon confrere Thomas Legrand vient me voir aussitôt. Enfant, il habitait au 97, rue du Bac. L'évêque di Falco était son directeur d'école à Saint-Thomas-d'Aquin, il visitait les familles du 97. Plus tard, Maud d'Arthuys, issue d'une grande famille du quartier, contacte Ines Chatin pour attester de la présence de l'ecclésiastique au cocktail de son mariage, en 1997 alors qu'il avait nie y avoir assisté. Le rôle du journaliste n'est pas de jeter des noms en pâture mais, dans cette affaire, ce sont toujours les mêmes qui reviennent.

Le Nouvel Obs

[Pauline Delassus] Un nouvel homme apparaît dans votre enquête, l'évêque Jean-Michel di Falco. Qu'avez-vous appris à son sujet ?

[Willy Le Devin] Inès a des sensations de malaise physique très fortes quand elle le croise à l'âge adulte, notamment à son cocktail de mariage, en 1997, où Jean-François Lemaire l'a convié. Sa présence est attestée par une invitée, la tante de Mahaut d'Arthuys, ce qu'il a pourtant démenti. Il aurait aussi été présent, selon Ines, lors d'une séance photo dans la cuisine du 97 rue du Bac.

Elle avait 9 ans, on lui a demandé de s'enduire de nourriture dans des poses dégradantes. Di Falco a par ailleurs été accusé par deux hommes de violences sexuelles sur mineurs. Fait rare, il vient d'être condamné au civil, cinquante quatre ans après les faits, à indemniser l'un d'eux, Pierre-Jean Pagès, de presque 200.000 euros.

La Tribune

[Sonia Devillers] J'ai cité les principaux « oncles » qui fréquentaient cet appartement, qui étaient si proches de votre père qui fréquentait ces cérémonies. J'ai donc cité Claude Imbert, l'ancien patron du point, j'ai cité Gabriel Matzneff, l'académicien Jean-François Revel, François Gibault, avocat qui est toujours vivant. Vous avez aussi nommé l'évêque Jean-Michel Di Falco, qui d'ailleurs vient d'être condamné pour des actes de pédocriminalité qui se sont déroulés à peu près à cette époque-là, et vous dites que, comment dire, physiquement, c'est probablement celui qui déclenchait chez vous la pire des réactions.

[Inès Chatin] Oui, je ne rentrerai pas dans énormément de détails sur monsieur Di Falco étant donné que j'ai fait une demande de nouvelle audition à l'Ofmin, l'office des mineurs, et donc cette demande est en cours. Donc je leur réserverai les détails de tout ça.

Radio France, à 10min 51s

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