Lorient : en 2018, un frère de Saint-Jean soupçonné d'agressions sexuelles était à la tête d'une paroisse

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Lorient : en 2018, un frère de Saint-Jean soupçonné d'agressions sexuelles était à la tête d'une paroisse

Les explications de Mgr Raymond Centène.

Frère MCPdP (1) Frères de Saint-Jean (24) Mgr Benoît Rivière (5) Mgr Raymond Centène (4) Diocèse de Vannes (11)

Aujourd'hui, la communauté assure que les noms des frères « problématiques » sont toujours communiqués, et ce, depuis 2013, aux évêques qui les accueillent. « Les évêques sont absolument et dans la totalité des cas au courant », affirme l'évêque chargé de la communauté, Mgr Benoît Rivière, et ce « depuis 12, 13 ou 14 ans ». Dans « la totalité des cas » peut-être. Mais pas à Lorient.

Dans la ville aux six ports, en 2018, un frère de Saint-Jean a été nommé recteur de la paroisse Saint-Christophe, alors même que des faits d'agressions sexuelles le concernant avaient été remontés à sa hiérarchie. Un signalement a été fait à Nantes, en 2019, pour viol et agressions sexuelles. Le procureur de la République, Antoine Leroy, indique que « l'enquête a été classée, le 8 juillet 2021, au motif que les faits étaient prescrits ». Une procédure canonique menée à son encontre pour des motifs similaires semble ne pas avoir abouti. La communauté Saint-Jean signale qu'il a quitté Lorient, à la rentrée 2019, et la vie religieuse, fin 2022.

Comment est-il possible que l'évêque de Vannes ait pu nommer à la tête d'une paroisse un homme soupçonné d'agressions sexuelles ? Sollicité, Mgr Raymond Centène avance que « l'information était peut-être mal passée. Je n'aurais jamais nommé quelqu'un en sachant qu'il était poursuivi, même par un tribunal ecclésiastique ». Mgr Centène précise que le prieuré de Lorient exerce une activité paroissiale « dans une ville où il y a d'autres prêtres ». « Cela assure un équilibre, explique-t-il. D'une paroisse à l'autre, une espèce d'auto-contrôle se fait. »

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« On ne peut pas toujours être sur le qui-vive et leur donner l'impression qu'on ne leur fait pas confiance », tranche Mgr Centène.

Le Télégramme

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