Frères Lamennais : un frère décédé accusé de violence physique et sexuelle

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Frères Lamennais : un frère décédé accusé de violence physique et sexuelle

Peu connus, les frères Lamennais ont la tutelle de nombreux établissements scolaires.

Frères de l'instruction chrétienne (1) Frères Lamennais (1) Enseignement privé catholique (216)

Le Père Jean-Marie de La Mennais (1780-1860) a créé deux congrégations religieuses : les Filles de la Providence de Saint-Brieuc 🡵 en 1818 puis les frères de l'instruction chrétienne 🡵 en 1819. Depuis quelques années, la mission est davantage portée par les laïcs faisant ainsi « émerger la famille mennaisienne » 🡵.

Les frères de l'instruction chrétienne, aussi appelés Frères Lamennais 🡵 (Lamenais souvent écrit en un seul mot), forment une communauté tournée vers l'éducation. C'est la raison pour laquelle ils ont la tutelle de nombreux établissements scolaires en France (principalement en Bretagne) et également à l'étranger 🡵.

Le témoignage suivant dénonce des faits de violence physique et sexuelle de la part d'un frère aujourd'hui décédé :

Tout a commencé par le frère L., de la confédération de La Mennais, qui dirigeait la classe de CP, à l'époque. « Il brutalisait les enfants. Il nous frappait, nous tirait par les cheveux. Surtout les élèves qui souffraient d'un handicap », se souvient Jean-Luc Perrot. « Quand il nous gratifiait d'images pieuses, il en profitait pour glisser sa main dans nos culottes. » Pour le garçon de 6 ans, fils de médecin généraliste, qu'est Jean-Luc à l'époque, ces actes font partie d'une certaine normalité.

Les mois passent et, à la fin des années 1960, les parents de Jean-Luc l'inscrivent dans deux colonies de vacances, dans le Finistère. « À Combrit, le frère J., qui dirigeait la colonie, a procédé à des attouchements prononcés sur mes parties génitales. On se trouvait dans sa tente. Il a mis fin à ces agissements quand un autre encadrant l'a appelé. » Au Conquet, quelques mois plus tard, les mêmes faits, commis par le même agresseur, se reproduiront. « Il a essayé de m'allonger. J'ai réussi à le repousser. Je suis rentré dans ma tente. Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit car j'avais très peur que mon agresseur me rejoigne. Le lendemain, je n'étais plus rien aux yeux du frère J. qui, avant, me considérait comme son chouchou. Il m'a dénigré, m'a humilié. Son emprise était très forte. »

Le calvaire de Jean-Luc ne s'arrêtera pas là. Cette fois-ci, c'est le vicaire J.-L. B., qui encadrait des camps de scouts, qui s'en prendra à lui. « À Landévennec, il m'a fait venir dans sa tente, m'a demandé de m'asseoir sur ses genoux. Il a commencé à me tripoter, à vouloir m'embrasser. » Là encore, c'est une intervention extérieure - peut-être volontaire - qui mettra fin à ces agissements. Le père B. ne s'arrête pas là. Quelques mois plus tard, il tente d'abuser de l'enfant, à deux reprises, dans sa chambre, au presbytère de Châteaulin. « La dernière fois, il m'a plaqué sur son lit. Et là, je me suis débattu. À 12 ans, j'ai trouvé la force de repousser ses ardeurs. Et j'ai dévalé les marches du presbytère, quatre à quatre, pour lui échapper. »

Le Télégramme

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