Enseignement privé catholique : Mission « Qualité de la relation éducative »

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Enseignement privé catholique : Mission « Qualité de la relation éducative »

Une analyse de Natalia Trouiller.

Mission "Qualité de la relation éducative" (1) Enseignement privé catholique (216) Natalia Trouiller (32) Thread twitter (27)

On croit qu'on a tout vu, mais non. Nouvelle commission, nouveau scandale.

Cette fois c'est la Mission « Qualité de la relation éducative » (MQRE) de @EnsCatho qui fait la course en tête.

Tout commence avec les scandales qui éclatent un peu partout dans les écoles cathos.

Prévost, le nouveau secrétaire général de @EnsCatho, explique qu'on va voir ce qu'on va voir et… On voit: création donc, non d'une commission, mais d'une Mission, avec pas moins de TROIS groupes de travail.

Les voici.

La composition du groupe témoin a été un grand moment.

D'abord, la plupart des collectifs ont refusé de participer… parce qu'on ne voulait pas les laisser choisir leur propre coordinateur. Qui a donc été nommé par le SG de @EnsCatho. Ce n'est pas une victime de @EnsCatho. C'est la victime d'un prêtre. Comme d'autres membres du groupe témoin.

On me dira: c'est toujours l'Église. Je réponds: manque de rigueur flagrant. S'il y a une problématique propre à l'enseignement catholique, il faut la traiter en tant que telle et ne pas la mêler au reste.

Mais là où ça confine au sublime, c'est quand la SG adjointe de @EnsCatho se fend d'un mail aux victimes pour exiger… Un extrait de casier judiciaire B3.

Oui oui.

Une institution gravement défaillante de façon systémique créé un comité Theodule pour, dit-elle, « interroger en profondeur la relation éducative, les postures professionnelles et les cadres institutionnels ».

Première action: vérifier que les victimes sont « honorables ».

Et donc y'a un crétin qui a lancé l'idée, et y'en a aucun qui s'est dit que c'était peut-être pas l'idée du siècle. Et le coordinateur choisi par le SG d'abonder (tout en sentant bien qu'il va devoir jouer les pompiers) :

Faut-il vraiment encore, toujours vous expliquer la désocialisation, le parcours de toxicomanies diverses, de violences et parfois de judiciarisation de certaines victimes bousillées par vos soins @EnsCatho ? Leur parole vaut-elle moins que celle des autres ? Visiblement oui.

Au delà du symbole dégueulasse et du mépris, sur le plan légal c'est un poil limite. L'extrait de casier judiciaire B3 ne peut pas être demandé comme ça n'importe comment à n'importe qui. Dans certaines conditions très strictes, il est possible de le demander à des bénévoles.

Il faut respecter:

  • Le principe de finalité (finalité précise clairement expliquée au bénévole)
  • Le principe de proportionnalité : ne demander le B3 que si c'est nécessaire au regard des risques CONCRETS liés à la mission.
  • Le principe de durée limitée de conservation (le fameux « droit à l'oubli »)
  • La sécurité et la confidentialité : mesures techniques et organisationnelles pour empêcher l'accès de tiers non autorisés (armoire fermée, accès restreint, pas de diffusion interne inutile etc)

Donc : les membres du groupe témoin sont-ils appelés à travailler avec des mineurs ? Pas à ma connaissance. A manipuler des fonds ? Je ne crois pas. A avoir des « fonctions de confiance »? Mmmmm est-ce que témoigner d'un viol est une fonction de confiance ? Non.

Aucune garantie non plus quand au recueil et à la conservation des données. Un coup c'est la secrétaire générale qui demande, un coup le coordinateur. Mais de quel droit ? Et « l'honorabilité », elle est là pour rassurer qui, si ce n'est les gens d’@EnsCatho, puisque la liste des membres du groupe témoin n'est pas publique ?

Mais si n'importe qui peut réclamer à n'importe qui d'autre le B3 chez vous, allons-y: j'exige celui de tous vos intervenants.

L'honorabilité, cher @EnsCatho, ne se résume pas à la virginité d'un extrait de casier B3. Vous avez par exemple dans votre comité scientifique un type dont j'ignore tout du casier judiciaire, très certainement blanc comme neige, mais qui est un parfait cuistre.

Fabrice Hadjadj (oui c'est de lui dont on parle) a commis il y a deux ans cette bouse sur la question des VS dans l'Église. Il y compare Jean Vanier au roi Salomon, appelle les victimes « favorite » ou « amante », cite les agresseurs à longueur de page et jamais les victimes… Bref.

Matthieu Poupart alias @Un_Lezard a fait cette critique brillante de son livre, je n'ai rien à ajouter. Je ne vois pas bien à quel titre il est invité dans ce comité scientifique mais passons.

Sinon on a le psychanalyste de service, le « psychologue et coach »; comme le coordinateur est « psychopraticien et astrologue » ça fait un bon trio.

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