Assemblée plénière : le dispositif « Renaître » remplacera l'Inirr

<<   Semaine du 23 au 29 mars 2026 (article 4/19)   >>

Assemblée plénière : le dispositif « Renaître » remplacera l'Inirr

Ce dispositif fait déjà l'objet de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux.

Assemblée plénière (18) CEF (37) Inirr (6) Dispositif "Renaître" (1)

Présentation du dispositif

Dans la perspective de fin de mandat de l'Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) le 31 août prochain, les évêques de France ont voté, ce jeudi 26 mars 2026, à une immense majorité, un dispositif d'accueil, d'écoute et d'accompagnement des personnes victimes de violences sexuelles, lorsqu'elles étaient mineures, de la part d'un clerc diocésain ou d'un laïc missionné par l'évêque, pour une mise en place au 1er septembre 2026.

Ce dispositif permanent, appelé « Renaître » s'appuiera sur l'expérience très riche de l'Inirr ainsi que sur celle des cellules diocésaines d'accueil et d'écoute. Il aura pour objectif de poursuivre de façon permanente le travail de reconnaissance de la souffrance et l'accompagnement des personnes victimes vers des démarches restauratives.

Le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants répartis sur tout le territoire national et coordonnés par une instance nationale indépendante. Cette instance nationale indépendante bénéficiera d'une autonomie de fonctionnement et garantira l'impartialité et les compétences des accompagnants ainsi que l’équité dans le traitement des situations.

Un « groupe de témoins » constitué de personnes victimes sera associé à l'élaboration du référentiel et au programme de formation de formation des accompagnants de l'instance nationale indépendante.

Le dispositif « RENAITRE » fera l'objet d'audits externes réguliers et comprendra également un volet financier incluant :

  • le maintien du principe d'une contribution financière, comme participation au chemin de restauration de la personne, si cette dernière en fait explicitement la demande ;
  • le financement qui sera assuré par un fonds dédié par cotisation obligatoire des diocèses. Cette cotisation prendra en compte les besoins du Tribunal pénal canonique national (TPCN) ;
  • la participation financière au chemin de restauration qui sera évaluée selon une grille établie par la nouvelle instance indépendante. Les évêques seront associés à l'élaboration de cette grille.

Le dispositif « Renaître » s'inscrira dans l’ensemble des mesures déjà mises en place pour prévenir et lutter contre les violences sexuelles au sein de l'Église. Pour rappel, en plus de « Renaître », ces mesures comprennent : le service de protections des mineurs, le Tribunal pénal canonique national (TPCN), le dispositif permettant le suivi des auteurs et enfin le dispositif Adultes, qui se met en œuvre en ce premier semestre 2026.

Diocèse de Nevers

FAQ de la CEF

Qu'est-ce que le dispositif « Renaître » ?

Le dispositif « Renaître » est une structure permanente d'accueil, d'écoute et d'accompagnement voté par les évêques de France en mars 2026. Il prend le relais de l'INIRR (Instance nationale indépendante de reconnaissance et réparation), dont le mandat arrive à échéance, pour accompagner les personnes victimes de violences sexuelles commises par des clercs ou des laïcs missionné par un évêque alors qu'elles étaient mineures.

Comment fonctionne le dispositif « Renaître » ?

Le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante.

Quand le dispositif « Renaître » sera-t-il opérationnel ?

En vue d'une mise en place au 1er septembre 2026, l'équipe nationale est en cours de constitution et les outils de travail – dont une charte et un référentiel – sont en cours de finalisation.

Quelle est la différence entre le dispositif « Renaître » et l'INIRR ?

L'INIRR était une instance temporaire. « Renaître » s'appuie sur sa riche expérience, en poursuivant dans la durée le travail de reconnaissance de la souffrance et l'accompagnement des personnes victimes vers des démarches restauratives.

Les personnes victimes sont-elles impliquées dans la création du dispositif ?

Un « groupe de témoins » composé de personnes victimes est directement associé à l'élaboration du référentiel et du programme de formation des futurs accompagnants.

Comment vont être prises en charge les personnes qui font appel au dispositif « Renaître » ?

Si la demande est exprimée par une personne, un accompagnement personnalisé est mis en place par des personnes spécifiquement formées par l'instance nationale.

Une lettre de reconnaissance des violences subies (condamnation judiciaire, étatique ou canonique, de l'auteur) ou une lettre d'accueil des souffrances subies (prescription, auteur décédé, classement sans suite, etc.) est transmise par l'évêque à la personne victime.

L'accompagnement permettra de trouver avec la personne reconnue victime les démarches restauratives. Il s'agit d'un processus personnalisé d'accompagnement permettant un chemin de reconstruction unique.

Comment les personnes peuvent-elles entrer en contact avec le dispositif ?

Les personnes peuvent entrer en contact avec le dispositif via les cellules d'accueil et d'écoute diocésaines. Si elles ne souhaitent pas passer par la structure diocésaine, elles peuvent aussi saisir directement l'instance nationale. En fonction de la situation ou à la demande de la personne plaignante, la saisine peut être dépaysée.

Une aide financière est-elle prévue ?

Le principe d'une contribution financière est maintenu dès lors qu'il fait partie du chemin de restauration.

  • La demande doit être faite explicitement par la personne victime au terme de son parcours.
  • Le montant est évalué selon une grille nationale établie par l'instance indépendante, en association avec les évêques.
  • Le financement assuré par un fonds dédié, sera alimenté par une cotisation obligatoire de tous les diocèses de France.

Quelle est la place du Tribunal pénal canonique national (TPCN) dans le dispositif « Renaître » ?

Le TPCN assure la réponse judiciaire.

Comment l'indépendance du dispositif décidé par les évêques est-elle assurée ?

Bien que mandatée par les évêques, l'instance nationale bénéficie d'une autonomie de fonctionnement. De plus, le dispositif fera l'objet d'audits externes réguliers pour s'assurer de sa transparence et de son efficacité.

Conférence des Évêques de France

En pratique : un dispositif en quatre étapes

Remarque : cette image a été recréée à partir du reportage de KTO.

De nombreuses critiques sur les réseaux sociaux

Le nom

« Renaître » laisse entendre un changement radical, comme un nouveau départ à partir d'une page blanche. Mais pour les victimes, l'objectif de la démarche de réparation est de parvenir à vivre un peu mieux avec le traumatisme subi, qui n'est jamais effacé. On est donc loin d'une renaissance.

L'indépendance

Tout d'abord, il est nécessaire de rappeler que « le dispositif « Renaître » s'articulera autour d'un réseau de proximité constitué d'une part des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines sous la responsabilité des évêques, et d'autre part, de groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵.

  • La partie constituée des cellules d'accueil et d'écoute diocésaines n'est, par définition, pas indépendante : elle est « sous la responsabilité des évêques » 🡵 ;
  • Les « groupes d'accompagnants coordonnés par une instance nationale indépendante » 🡵 auront pour leur part à prouver qu'ils ne se sont pas constitués par des réseaux internes de cooptation.

Le professionnalisme

L'accompagnement nécessaire aux victimes nécessite des professionnels de santé formés à la prise en charge du psychotrauma. Disposer de bénévoles (ou même de salariés), même de très bonne volonté, n'est donc pas suffisant. Il semble difficile que tous les diocèses disposent d'une telle équipe alors que certaines cellules d'écoute diocésaines ont déjà été mises en cause pour leur manque de professionnalisme.

La CEF indique : « un accompagnement personnalisé est mis en place par des personnes spécifiquement formées par l'instance nationale » 🡵. On ne forme pas des personnes à la prise en charge des psychotrauma dans l'urgence. La bonne volonté ne suffit pas. Il faut recruter des professionnels de santé pour ne pas que l'accompagnement puisse faire plus de mal que de bien. Il faut bien garder à l'esprit que les traumatismes vécus par les victimes sont extrêmement intenses et profonds. La bonne volonté seule ne suffit pas pour les prendre en charge.

La réparation financière

La réparation financière (dite « contribution financière ») est dissociée des démarches restauratives et devient une demande à part, ce qui ancre davantage son caractère optionnel : « la demande doit être faite explicitement par la personne victime au terme de son parcours » 🡵.

Les évêques ont choisi de ne pas reconduire le barème d'indemnisation de l'Inirr : « le montant est évalué selon une grille nationale établie par l'instance indépendante, en association avec les évêques » 🡵.

Il est probable que le denier de l'Église soit utilisé pour financer la « contribution financière » : « le financement assuré par un fonds dédié, sera alimenté par une cotisation obligatoire de tous les diocèses de France » 🡵.

Informations complémentaires