TPCN : des questions quant-au rôle des évêques dans la procédure

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TPCN : des questions quant-au rôle des évêques dans la procédure

Et en particulier : pourquoi les peines ne sont-elles pas rendues publiques ?

TPCN (8) Formation (112)

Le rôle des évêques dans la procédure soulève des questions : aujourd'hui, ils effectuent des signalements, réalisent des enquêtes préliminaires, puis sont responsables de l'exécution de la sentence. Cette position pivot n'entre-t-elle pas en contradiction avec la volonté qui a présidé à la création du TPCN, celle de « dépayser » les causes (tout en mutualisant les moyens) ? Bruno Gonçalves estime qu'au fur et à mesure que le TPCN grandira, il lui sera possible de conseiller et soulager davantage les évêques notamment pour ce qui concerne les enquêtes préliminaires. Mais qui donc ira vérifier que tel prêtre condamné reste bien à l'écart des personnes qu'il n'est pas censé côtoyer ? Quel niveau de publicité sera fait de cette condamnation, avec un vrai enjeu de protection pour les fidèles ? Bruno Gonçalves souhaite rappeler que le pape François a élaboré des textes qui sollicitent clairement la responsabilité des évêques, notamment en 2016 le motu proprio Comme une mère aimante. « Ce texte dit que si l'évêque avait connaissance d'abus et n'a rien dit, il peut être démis », rappelle-t-il.

La Vie

[KTO Radio] Pourquoi les peines ne sont-elles pas rendues publiques ?

[Père Bruno Gonçalves, promoteur de justice au TPCN] Pour une raison qui est très simple : c'est que l'exécution des peines n'est pas dans les mains du tribunal. C'est-à-dire que nous rendons justice, nous disons ce qui nous semble juste, et après, nous déférons à l'évêque du lieu nos résultats, nous les lui confions. Et c'est l'évêque qui est le ministre de l'exécution des peines. Et dans l'exécution des peines, il y a la question de la publicité. Donc, si vous regardez bien, il y a des évêques ou des administrateurs diocésains qui ont rendu publique certaines condamnations parce qu'ils estimaient que le scandale autour de ces affaires mérite aussi que la réparation qui avait été accordée et la justice faite devait être connue des gens. Et puis il y a des fois, il y a ce que l'on appelle des délits occultes, c'est-à-dire des délits non connus et, dans ces cas-là, quelquefois, le choix qui est fait, c'est une moindre publicité. Donc ça, c'est dans les mains des évêques diocésains parce que là aussi, il y a derrière une considération pastorale. Donc voilà, nous, nous ne sommes pas responsables de la publicité des actes et ce sont les diocèses qui l'assume.

KTO Radio, à partir de 8min07

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