13 mars 2026 : journée de mémoire pour les victimes d'abus dans l'Église

  Semaine du 9 au 15 mars 2026 (article 1/12)   >>

13 mars 2026 : journée de mémoire pour les victimes d'abus dans l'Église

Une journée nécessaire, mais des propositions encore absentes de nombreux diocèses.

CEF (35) Fraternité Victimes (8)

La journée mémorielle, initialement fixée au 3ème dimanche de carême 🡵 🡵 🡵 est aujourd'hui célébrée le 3ème vendredi de carême 🡵.

Pourquoi journée de mémoire pour les victimes d'abus dans l'Église ?

Une très belle tribune du père Clément Barré, publiée dans La Croix 🡵.

Cette journée est précieuse. Elle vient contrarier la pente naturelle de tout corps social : refermer trop vite ce qui fait mal, pour reprendre le cours des choses. Elle oblige chacun à résister à cette étrange accoutumance qui menace toujours : ne plus contester l'horreur, mais ne plus être vraiment bouleversé par elle.

Car il existe des blessures qui doivent demeurer, dans une certaine mesure, saines mais ouvertes. Non pas ouvertes pour entretenir artificiellement la douleur, ni pour cultiver une culpabilité stérile. Non pas pour empêcher toute reconstruction. Mais ouvertes pour éviter qu'une cicatrice trop vite refermée ne recouvre en surface un mal plus profond. Il en va peut-être ainsi, spirituellement, de cette journée de mémoire et de prière.

Si cette journée concerne tous les catholiques, ce n'est pas seulement parce que nous devons quelque chose aux victimes, même si cela suffirait déjà. C'est aussi parce que les abus sont devenus, pour l'Église, un lieu de vérité théologique. Ils révèlent ce qui arrive quand l'institution se préfère à sa mission, quand l'autorité se détache du service, quand le souci de protéger le corps ecclésial l'emporte sur le devoir de protéger les plus vulnérables.

[…]

Cette journée de mémoire n'est pas une autoflagellation. Elle est une école de lucidité. Elle oblige les catholiques à aimer l'Église autrement. Non comme une réalité qu'il faudrait défendre coûte que coûte contre ce qui l'accuse, mais comme une réalité qui n'est fidèle à son Seigneur qu'en acceptant d'être jugée, purifiée, reprise par la vérité. Les abus rappellent brutalement que l'Église n'est pas sauvée par sa réputation, ni par son organisation, ni même par son langage religieux, mais par la sainteté du Christ qu'elle a toujours à laisser passer sans l'obscurcir.

Tribune du père Clément Barré, publiée dans La Croix

4 diocèses sur 10 continuent d'occulter cette journée, selon l'association Fraternité Victimes

Une statistique est particulièrement triste, pour ne pas dire davantage : « 50% des diocèses des évêques membres du Conseil national pour la protection des mineurs n'annoncent pas cette journée ».

Communiqué – Silence assourdissant : 4 diocèses sur 10 continuent d'occulter la journée de mémoire et de prière pour les personnes victimes d'agressions sexuelles

10 mars 2026

À l'approche de la journée annuelle de mémoire et de prière pour les personnes victimes d'agressions sexuelles, célébrée le troisième vendredi de Carême (ce vendredi 13 mars), l'association Fraternité Victimes a analysé les initiatives des diocèses de France.

L'année dernière, Fraternité Victimes avait déjà alerté publiquement sur la faible visibilité de cette journée. Le 11 février 2026, l'association a rappelé aux évêques les ressources mises à leur disposition par la Conférence des évêques de France elle-même pour organiser cette journée (avec le site gardermemoire.fr). De nombreuses personnes se sont également mobilisées pour interpeller localement.

L'analyse montre une progression par rapport à l'an dernier : 62% des diocèses annoncent désormais la journée sur leur site internet, contre 40% l'an dernier. Cette évolution montre l'importance de la mobilisation de tous pour faire changer les choses.

Nous relevons cependant des insuffisances alarmantes :

  • 38% des diocèses ne mentionnent pas cette journée sur leur site ;
  • 29% des diocèses n'annoncent rien depuis deux ans au moins (certains depuis 2022) ;
  • 19% des diocèses qui annoncent la journée n'organisent rien dans leur diocèse ;
  • si l'ancien Conseil Permanent de la Conférence des Évêques de France communique à 100% sur cette journée, seulement 60% du Conseil Permanent actuel le fait.
  • 50% des diocèses des évêques membres du Conseil national pour la protection des mineurs n'annoncent pas cette journée.

Fraternité Victimes dénonce l'hypocrisie de nombreux évêques qui ont voté la création de cette journée il y a 5 ans mais n'organisent toujours aucun événement dans leur diocèse.

Par ailleurs, alors que la lutte contre les abus fait désormais partie de la formation des nouveaux évêques, il faut souligner que 33% d'entre eux – ordonnés en 2024 et 2025 – n'annoncent pas cette journée.

Si certains diocèses organisent de réels évènements avec des personnes victimes (comme un chemin de croix, une représentation artistique, une messe ou la pose d'une plaque mémorielle) d'autres se contentent uniquement d'annoncer la date. Comme l'an dernier, nous constatons que l'information est très difficile à trouver sur certains sites diocésains et nécessitent des recherches complexes.

« Cette journée ne peut pas être une option dans un agenda épiscopal : elle est due aux personnes victimes. Cinq ans après sa création, il est injustifiable que de nombreux diocèses ne la rendent toujours pas visible et n'en fassent pas un véritable temps de mémoire avec les personnes victimes qui le souhaitent », insiste Mélanie Debrabant, présidente de Fraternité Victimes.

Fraternité Victimes appelle l'ensemble des évêques à travailler, d'ores et déjà, avec les personnes victimes pour préparer la journée mémorielle du 5 mars 2027 et invite toutes les personnes qui le souhaitent à interpeller leur diocèse et à prendre part à l'organisation de cette journée. En 2027, Fraternité Victimes poursuivra ce travail d'observation et s'attachera à analyser plus précisément l'implication personnelle des évêques dans cette journée.

Contact presse : contact@fraternite-victimes.fr

Fraternité Victimes

Informations complémentaires