L'abbé Guérin, ambivalent fondateur de la communauté Saint-Martin

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L'abbé Guérin, ambivalent fondateur de la communauté Saint-Martin

Une enquête du journal La Croix.

Communauté Saint-Martin (3) Abbé Jean-François Guérin (3)

La Croix publie cette semaine un long article sur l'abbé Jean-François Guérin, fondateur de la communauté Saint-Martin. Avec l'aide d'une commission indépendante (la Civer), la communauté tente de faire l'inventaire de cet héritage complexe. Sans renier l'intuition de son fondateur, elle doit aujourd'hui affronter sa part d'ombre pour « faire œuvre de vérité ».

On connaît la communauté Saint-Martin (CSM), mais qui connaît son fondateur ? Alors même que ses prêtres sont aujourd'hui présents dans de très nombreux diocèses à la demande des évêques, l'abbé Jean-François Guérin (1929-2005) n'a jamais fait beaucoup parler de lui. En 2024, une visite apostolique diligentée par Rome l'a pourtant mis en cause, faisant état de comportements alimentant un « climat abusif » et invitant la CSM à « faire œuvre de vérité et de clarté » sur ses origines. « Nous entendons avec douleur la souffrance (exprimée) et allons effectuer courageusement ce travail de relecture », avait-elle réagi pour marquer sa volonté de coopérer.

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[Au début de la Communauté Saint-Martin], l'abbé Guérin cumule en effet les fonctions de supérieur et de confesseur, contrôlant jusqu'au courrier des séminaristes. Une confusion des rôles explicitement pointée par les visiteurs apostoliques au sein d'un « climat abusif plus large ». Une période transitoire, selon Don Gilles, mais « qui a peut-être duré trop longtemps ». L'ordination des premiers prêtres et la rédaction des statuts favoriseront de nouveaux équilibres.

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« Un jour, il m'a violemment pris à partie en public, un autre il a trahi une confidence faite en confession. » Jusqu'à cet après-midi d'hiver où l'abbé Guérin s'approche et l'embrasse dans le cou. « J'ai trouvé ça dégoûtant, très intrusif. » Au moins deux autres anciens, ayant quitté le sacerdoce depuis, ont rapporté, eux, des baisers sur les lèvres. Des témoignages recueillis peu après sa mort par Dominique (1), qui dit avoir « alerté les supérieurs de l'époque ».

Des agressions sexuelles ? Don Bruno admet « une affectivité pas très bien gérée », avec un côté « mère poule » qui pouvait mettre mal à l'aise.

La Croix

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