Frères des écoles chrétiennes : « les députés Paul Vannier et Violette Spillebout interpellent le ministre de l'Education nationale

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Frères des écoles chrétiennes : « les députés Paul Vannier et Violette Spillebout interpellent le ministre de l'Education nationale

Ils demandent au ministre les mesures immédiates qu'il souhaite prendre.

Frères des écoles chrétiennes (16) Enseignement privé catholique (204)

Paul VANNIER
Député du Val-d'Oise
Violette SPILLEBOUT
Députée du Nord
Assemblée nationale, 126 rue de l'université
75007 PARIS

Monsieur Edouard GEFFRAY
Ministre de l'Education nationale
110 rue de Grenelle
75007 Paris

Objet : Violences dans les établissements privés sous contrat de la congrégation des Frères des écoles chrétiennes

Monsieur le ministre,

Co-rapporteurs de la commission d'enquête sur les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires, nous souhaitons attirer votre attention sur des faits extrêmement graves révélés ces derniers jours concernant les établissements scolaires privés sous contrat Lasalliens, relevant de la congrégation des Frères des écoles chrétiennes.

Depuis le 1er février 2026, un collectif national d'anciens élèves a recueilli plus de 150 témoignages de violences physiques, psychologiques et sexuelles dans ces établissements. Ils concernent des faits allant des années 1950 à nos jours, comme ceux signalés à Perpignan en 2025 dans l'école La Salle Saint-Jean. Selon ce collectif, 40 établissements sont concernés, dont plusieurs toujours sous contrat avec l'État. Les faits évoqués sont d'une extrême gravité : viols, agressions sexuelles, humiliations, actes de torture.

Des signalements récents portés à notre connaissance laissent également craindre que ces violences se perpétuent dans certains établissements.

Ces témoignages mettent en lumière une défaillance systémique, dans la prévention, le repérage et le traitement des violences par l'État, l'absence de contrôle effectif, une remontée lacunaire des signalements, un manque de suites données aux alertes, malgré la gravité des faits en cause. Les pratiques de la congrégation paraissent quand à elles viser à instaurer un climat d'omerta ont autour de ces violences, notamment au travers de clauses de confidentialité imposées aux victimes en échange d'indemnisations, de l'absence de signalement systématique à la justice, d'une gestion interne opaque, de refus de communication de documents, et d'une inertie face aux alertes répétées.

Les éléments recueillis font en outre apparaître des situations dans lesquelles des personnels mis en cause auraient pu être déplacés d'un établissement à un autre.

Monsieur le ministre, ces faits interrogent la capacité de l'État à exercer son devoir de contrôle sur les établissements privés sous contrat, à garantir la sécurité des enfants et à prévenir les violences. Ils rejoignent, hélas, plusieurs constats établis par notre commission d'enquête parlementaire, notamment sur les angles morts du contrôle, la sous-déclaration de ce type de violences et la faible remontée des signalements, l'insuffisance des suites données aux alertes et le manque d'outils pour faire cesser ces dysfonctionnements.

Aussi, nous souhaitons vous demander quelles mesures immédiates le ministère de l'Éducation nationale entend prendre pour faire la lumière sur la situation dans les établissements concernés et garantir la sécurité de leurs élèves. En particulier, nous souhaitons savoir si un plan de contrôles inopinés est envisagé dans les établissements où des signalements récents auraient été transmis.

Nous vous remercions par avance de l'attention que vous porterez à cette alerte, et vous prions d'agréer, Monsieur le ministre, l'expression de mes salutations respectueuses.

Violette SPILLEBOUT
Députée du Nord

Paul VANNIER
Député du Val-d'Oise

Compte Twitter/X de Paul VANNIER

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