À Compiègne, le lycée privé Jean-Paul-II a ignoré pendant trois ans les alertes sur son directeur d'internat

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À Compiègne, le lycée privé Jean-Paul-II a ignoré pendant trois ans les alertes sur son directeur d'internat

Il est a présent suspendu à titre conservatoire.

Institution Jean-Paul-II à Compiègne (1) Enseignement privé catholique (198) Diocèse de Beauvais (5)

Les premiers témoignages, eux, remonteraient au moins à 2022. L'établissement aurait été averti à plusieurs reprises par des victimes. Des adolescentes se seraient confiées à la direction après des intrusions dans leurs chambres. Le directeur de l'internat aurait notamment pris des photos d'une jeune fille en sous-vêtements, assis sur un lit, alors qu'elle se préparait pour le bal de fin d'année. Des caresses dans les cheveux, des rapprochements physiques ou encore des réflexions inappropriées sur l'apparence des filles sont évoquées. L'homme organisait également des sorties culturelles uniquement avec les élèves féminines et envoyait les garçons au football. Malgré ces remontées, il était souvent répondu aux élèves que « rien ne pouvait être fait sans preuve et témoignages écrits » 🡵.

Déjà épinglé en 2023 pour des faits de sexisme et d'homophobie, c'est cette fois-ci son directeur d'internat, suspendu à titre conservatoire le 18 juin 2025, qui fait l'objet d'une enquête de gendarmerie, selon les informations de Mediapart.

Les témoignages d'élèves, qui pointent des gestes et des propos déplacés du directeur d'internat, ont pourtant été remontés à la direction de l'établissement depuis 2022, sans que rien ne soit entrepris pendant trois ans, jusqu'au courrier d'une salariée en mai 2025, relayé auprès du procureur par la direction.

De quoi contrebalancer les propos tenus par l'actuel chef d'établissement, Pierre-Louis Deulofeu, qui s'exprimait en novembre à l'invitation de l'association des parents d'élèves du privé sous contrat, l'Apel : « L'ensemble des adultes encadrants au sein du lycée général et technologique de l'institution Jean-Paul-II sont impliqués pour faire face aux violences faites aux enfants […]. Lorsqu'un élève évoque un acte de violence qui relève du pénal, nous n'hésitons pas à déclencher l'article 40 du Code de procédure pénale [qui oblige toute autorité constituée à informer la justice de délits dont elle aurait connaissance – ndlr]. Quoi qu'il en soit, tout acte de violence rapporté par un élève fait l'objet d'une enquête interne. »

Mediapart

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