La notion de dérive sectaire et d'emprise
<< Semaine du 26 janvier au 1er février 2026 >>
La notion de dérive sectaire et d'emprise
Critères pour les évaluer.
La notion de dérive sectaire
Un article de l'UNADFI 🡵 liste les critères de Anne Fournier et Michel Monroy pour caractériser la dérive sectaire :
- Le groupe développe une idéologie alternative radicale, exclusive et intolérante. Sa structure est autoritaire et autocratique, sous la forme d'un gourou vivant ou d'une organisation héritière du message.
- Il revendique une référence exclusive à sa propre interprétation du monde, qu'elle s'applique aux croyances, aux données scientifiques, à l'éthique, aux comportements quotidiens, aux rapports interpersonnels, aux moyens de faire triompher la cause du groupe.
- Il préconise des ruptures de tous ordres : références antérieures, orientations personnelles, relations, convictions, libre critique, choix affectifs, les relations au monde extérieur devenant marquées par le rejet, la suspicion, voire la diabolisation.
- Il met en œuvre une transformation des personnes selon un type de modelage standardisant excluant l'autonomie.
- Il récupère à son profit les forces vives, l'initiative, la créativité, l'énergie des adeptes, réalisant ainsi une instrumentalisation des individus au seul service du groupe et de ses chefs.
- Il multiplie promesses et assurances de tout genre: développement personnel, salut élitiste, toute puissance sur soi-même, santé, pouvoir collectif, promotion interne.
- Dans le même temps, il masque les coûts réels, les contraintes, les risques, l'emprise progressive, les transformations dans le sens de la dépendance.
- Il exploite les inquiétudes et les peurs, développe la culpabilité, la crainte du rejet, la hantise de la déloyauté, la surveillance réciproque.
- Il rend problématique à divers égards la perspective de quitter le groupe, devenu une prothèse relationnelle entourée d'alternatives menaçantes ou vides.
- Il comporte des dangers variables selon les groupes, pour le libre arbitre, l'autonomie, la santé, l'éducation, et dans certains cas les libertés démocratiques ou la sauvegarde personnelle.
Critères d'emprise mentale de Philippe-Jean PARQUET
Un article de l'AVREF 🡵 liste dix critères formulés par Philippe-Jean PARQUET pour évaluer l'emprise mentale. Selon lui, l'emprise peut être qualifiées quand cinq critères sont satisfaits :
- Rupture avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs, des sociabilités individuelles, familiales et collectives.
- Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure
- Acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les suggestions, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs, les doctrines imposés par un tiers ou une institution : ceci conduisant à une délégation générale et permanente à un modèle imposé.
- Adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne ou à un groupe ou à une institution, ceci conduisant à :
- une loyauté exigeante et complète,
- une obéissance absolue,
- une crainte et une acceptation des sanctions
- une impossibilité de croire possible de revenir à un mode de vie antérieur ou de choisir d'autres alternatives étant donné la certitude imposée que le nouveau mode de vie est le seul légitime.
- une mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution
- une sensibilité accrue dans le temps, aux idées, aux concepts, aux prescriptions, aux injonctions et ordres, à un « corpus doctrinal » , avec éventuellement une mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte.
- Dépossession des compétences d'une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique.
- altération de la liberté de choix.
- Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l'environnement avec impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement
- Induction et réalisation d'actes gravement préjudiciables à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et aux modes de vie habituellement admis dans notre société.