Enseignement privé catholique : lancement d'une mission « Qualité de la relation éducative »

<<   Semaine du 26 janvier au 1er février 2026   >>

Enseignement privé catholique : lancement d'une mission « Qualité de la relation éducative »

Avec un objectif différent de celui envisagé initialement.

Enseignement privé catholique (187)

En 2025, la mission était présentée avec l'objectif de « comprendre ce qui s'est passé » 🡵 et de questionner « la nature systémique » des crimes.

A présent, cette aspect de relecture n'est plus mis en avant, au profit d'un nouvel objectif : dégager « les grandes orientations d'une évolution des structures, des projets, des dispositifs de formation de l'enseignement catholique » 🡵.

Un changement de cap qui semble exclure toute recherche active des responsabilités dans les crimes systémiques qui ont eu lieu.

Présentation initiale du projet effectuée en 2025

L'enseignement catholique va lancer une « mission » sur sa feuille de route à l'horizon de dix ans, a affirmé mercredi le nouveau secrétaire général de l'enseignement catholique, Guillaume Prévost, lors d'un point presse à Lourdes (Hautes-Pyrénées) relayé par l'AFP. Elle devrait débuter dans les prochaines semaines, a-t-il affirmé à l'issue d'une rencontre avec les évêques lors de leur assemblée d'automne à Lourdes.

Il s'agirait de « comprendre ce qui s'est passé » dans le déclenchement des violences physiques et sexuelles au sein de l'enseignement catholique, et notamment d'en saisir « la nature systémique », a-t-il ajouté. « Il faut qu'on prévienne l'occurrence de tels crimes (…) et qu'on construise ensemble les garanties qui font que ça n'arrivera plus », a-t-il précisé, plaidant pour « une réflexion très profonde sur notre fonctionnement », car ces violences « blessent profondément le projet éducatif chrétien ».

France 3

La mission « Qualité de la relation éducative » lancée en 2026

La mission sur la qualité de la relation éducative, officiellement lancée, se veut à la fois large et exigeante. Elle est composée de responsables de l'enseignement catholique « dans toutes ses dimensions ». Surtout, elle s'appuiera « sur le témoignage et la participation active de personnes victimes » et sera « éclairée par un collège scientifique ».

L'objectif est clair : dégager « les grandes orientations d'une évolution des structures, des projets, des dispositifs de formation de l'enseignement catholique » afin de garantir, dans tous les établissements, une promesse éducative explicitement formulée par Guillaume Prévost à travers Isaïe : « tu as du prix à nos yeux ».

RCF

Pour mettre en œuvre cette ambition, trois groupes ont été élaborés.

Un comité de pilotage, d'abord, coordonné par Nathalie Tretiakow elle-même [adjointe de Guillaume Prévost], réunit des représentants de ce que le Sgec désigne comme les « communautés éducatives » : un chef d'établissement, des représentants des directions diocésaines, une enseignante, une représentante de l'Union des réseaux congréganistes de l'enseignement catholique, etc.

Ce comité sera accompagné par un groupe témoin, coordonné par Jérôme Guillement, ancienne personne victime, désormais auteur et thérapeute, comprenant des personnes victimes et victimes collatérales. Cette équipe travaillera en parallèle du comité de pilotage sur les mêmes thématiques, avant que les résultats ne soient croisés. Un processus de désaccord a été prévu.

Enfin, un collège scientifique sera garant de « l'exigence éthique, des conditions juridiques, et de la rigueur intellectuelle de (leurs) travaux », a présenté Nathalie Tretiakow. Y apparaissent, entre autres participants, Yann Raison du Cleuziou, professeur en sciences politiques à l'université de Bordeaux, spécialiste du catholicisme, et le philosophe Fabrice Hadjadj. Il sera coordonné par Augustin Mutuale, doyen de la faculté d'éducation et de formation de l'Institut catholique de Paris. « Une autorité qui ne se pense pas finit toujours par se trahir », a déclaré ce dernier. En tout, le processus devrait durer deux ans.

La Vie

Informations complémentaires