Les mariansites reconnaissent le statut de victime à un Mulhousien
<< Semaine du 19 au 25 janvier 2026 >>
Les mariansites reconnaissent le statut de victime à un Mulhousien
50 années lui ont été nécessaires pour verbaliser le crime qu'il a subi.
50 années ont été nécessaires à ce Mulhousien pour pouvoir verbaliser le crime qu'il a subi. La Société de Marie (Marianistes) a reconnu son statut de victime.
En 1972, alors en 5e, la vie de l'adolescent bascule après le décès de son papa, médecin à l'hôpital Pasteur, mort à la suite d'un accident de voiture. Le Marianiste profite du désarroi du garçon pour l'attirer dans un piège. « Un jour, après le cours, il m'a dit qu'il voulait me voir dans sa chambre. C'était curieux car, lorsqu'il y avait des remarques à faire, ça se faisait toujours après la classe, sur place. J'ai été d'autant plus surpris que nous n'avions pas le droit d'aller dans leurs appartements privés ». Thiébaut se rappelle avoir monté un escalier en bois verni. « Sa chambre donnait sur le palier. Encore aujourd'hui, je ne me souviens de rien à partir du moment où la porte s'est ouverte. Puis, je suis ressorti et j'étais comme dans le noir. »
Il a su plus tard qu'il était atteint d'une amnésie traumatique dans le cas d'un syndrome de stress post-traumatique. La vie de Thiébaut chavire. Le Colmarien dit n'avoir aucun souvenir, même des événements familiaux ou scolaires, durant les cinq années qui ont suivi cette première agression. « Peut-être ai-je été agressé durant tout ce temps. Un thérapeute, avec qui j'ai travaillé, le pense. C'était une période de brouillard. Je me sentais lourd et javais envie de dormir tout le temps ! J'ai commencé à émerger intellectuellement, socialement et humainement à partir de la 1re ».
— L'Alsace
Informations complémentaires
Société de Marie (Marianistes)
La Société de Marie (Marianistes) est une congrégation religieuse catholique masculine fondée le 2 octobre 1817 à Bordeaux par, entre autres, Guillaume-Joseph Chaminade (8 avril 1761, Périgueux - 22 janvier 1850 à Bordeaux), ordonné prêtre en 1785, ayant refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé (réfractaire) lors de la Révolution, réfugié en Espagne, béatifié par Jean-Paul II le 3 septembre 2000 à Rome 🡵.
La Société de Marie a pour but l'enseignement de la foi et s'est consacrée depuis sa fondation, à l'éducation des jeunes, en particulier dans le monde scolaire. La formation chrétienne des adultes (spécialement des jeunes adultes) est aussi l'une de ses activités fondamentales, notamment dans les groupes de foi dont les Communautés laïques marianistes (CLM) occupent une place de choix.
Diocèse de Strasbourg
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Archidioc%C3%A8se_de_Strasbourg
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Dor%C3%A9
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Grallet
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Ravel
- https://eglise.catholique.fr/guide-eglise-catholique-france/personne/mgr-pascal-delannoy/
- https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/laicite/le-concordat/509180-regime-concordataire-laicite/
- https://eglise.catholique.fr/glossaire/seminaire/
Archevêque : Mgr Pascal Delannoy
16, rue Brûlée
67081 Strasbourg Cedex
Tel : 03 88 21 24 24
Derniers évêques
- 1997-2006 : Mgr Joseph Doré 🡵
- 2007-2017 : Mgr Jean-Pierre Grallet 🡵
- 2017-2023 : Mgr Luc Ravel 🡵
- Depuis 2024 : Mgr Pascal Delannoy 🡵
Les dispositions qui régissent l'Alsace-Moselle 🡵
En vertu du Concordat de 1801
Préambule : « le Gouvernement de la république française reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine, est la religion de la grande majorité des citoyens français ».
- Article 1 : Exercice public du culte, en se conformant aux règlements de police que le Gouvernement jugera nécessaire pour la tranquillité publique.
- Article 4 : Intervention de l'autorité suprême de l'État (actuellement : le président de la république) dans la nomination des évêques.
- Article 8 : Prière pour le salut de l'État et de ses autorités.
- Article 10 : Agrément du gouvernement pour les titulaires de cures (depuis peu délégué aux préfets)
- Article 12 : Mise à disposition des édifices nécessaires au culte (cathédrales et églises paroissiales)
- Article 14 : Traitement convenable pour les évêques et les curés (étendu aux vicaires, qui démarrent à 1250€, tandis que les curés culminent, en fin de carrière à 2400€).
- Article 15 : Facilitation par les autorités de l'État des fondations faites par les fidèles au profit des églises.
En vertu des Articles Organiques (1802)
Les dispositions de ces Articles ont été d'abord vues comme des entraves à l'exercice de la liberté de culte. Leur application actuelle est suffisamment souple pour ne plus entraîner cet inconvénient. De fait, l'instauration d'articles semblables pour l'Islam permettrait une tutelle pour cette confession jusqu'à ce qu'elle soit arrivée au terme de pouvoir s'en passer.
- Article 1 : Contrôle des documents pontificaux (n'est plus appliqué que pour les nominations d'évêques). Cet article pourrait servir, dans le cas d'autres cultes, à filtrer les interventions étrangères.
- Article 3 : Conformité des décrets des synodes étrangers et conciles avec les lois, droits et franchises de la République. Cet article n'est plus appliqué.
- Article 9 : Le culte est assuré sous la direction des évêques. Cet article indique la reconnaissance par les autorités publiques d'un principe de hiérarchie et de connaissance des responsables.
- Article 16 : L'évêque doit être français. Importance aussi, dans le cas d'autres cultes, de l'appartenance des autorités à la citoyenneté française.
- Articles 23 et 25 : Organisation du séminaire : règlements et listes ne sont plus envoyés depuis longtemps aux autorités publiques. Ces articles définissent néanmoins une attention de l'État vis-à-vis des candidats à un ministère.
- Article 32 : Obligation d'agrément pour les ministres du culte étrangers.
- Article 41 : Autorisation du gouvernement pour l'instauration des fêtes.
- Article 44 : Autorisation à demander pour l'ouverture des chapelles.
- Article 49 : Possibilité pour le gouvernement d'ordonner des prières publiques.
- Article 52 : Interdiction des attaques, dans les sermons, contre les autres cultes reconnus.
- Article 54 : Nécessité de mariage civil avant la cérémonie religieuse.
- Article 62 : Nécessité d'autorisation pour la création des paroisses.
Voir aussi :
Enseignement privé catholique
- https://www.ciase.fr/rapport-final/
- https://www.francetvinfo.fr/societe/education/affaire-de-violences-sexuelles-a-notre-dame-de-betharram/des-excuses-quelques-annonces-et-une-promesse-de-reflexion-comment-l-enseignement-catholique-reagit-aux-temoignages-de-violences-physiques-et-sexuelles-dans-ses-etablissements_7127985.html
- https://www.la-croix.com/societe/affaire-betharram-pour-philippe-delorme-tout-ce-qui-contribue-a-lutter-contre-les-violences-est-une-bonne-chose-20250220
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr/auto-evaluation-sur-le-harcelement/
- https://prevention-harcelement.enseignement-catholique.fr/plan-boussole/
- https://www.nouvelobs.com/societe/20250508.OBS103665/on-ne-peut-pas-se-contenter-de-dire-nous-sommes-une-grande-famille-la-grande-majorite-des-faits-est-derriere-nous-apres-betharram-l-enseignement-catholique-face-aux-plaintes.html
- https://enseignement-catholique.fr/campagne-stop-violences/
- https://www.la-croix.com/apres-betharram-l-enseignement-catholique-lance-une-campagne-stop-violences-20250502
- https://www.letudiant.fr/college/lancement-de-la-campagne-stop-violences-par-lenseignement-catholique.html
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-cedu/l17b1642-ti_rapport-enquete
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-cedu/l17b1642-tii_rapport-enquete
- https://www.lefigaro.fr/actualite-france/commission-betharram-l-enseignement-catholique-fixe-ses-lignes-rouges-20250702
- https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/hautes-pyrenees/tarbes/une-mission-pour-comprendre-ce-qui-s-est-passe-l-enseignement-catholique-lance-un-plan-sur-dix-ans-contre-les-violences-sexuelles-et-physiques-3244984.html
Les chiffres documentés par la CIASE
Dans son rapport paru en 2021, la Commission indépendante sur la pédocriminalité dans l'Église catholique (Ciase) a estimé à 330 000 le nombre de victimes entre 1950 et 2020. Près d'un tiers (30%) des faits ont eu lieu dans les établissements et internats scolaires, « premier lieu des violences sexuelles » contre les mineurs au sein de l'Église. Les victimes sont très majoritairement (83%) des garçons, âgés pour la plupart (62%) de 10 à 13 ans. Les sévices sexuels s'inscrivent « dans un continuum de violences pédagogiques », relève aussi la Ciase.
D'après les chiffres de la CIASE, il y aurait donc eu presque 100 000 victimes dans les établissements et internats scolaires en lien avec l'Église.
« Cette loi de l'omerta était générale » dans la société, assure l'évêque de Bayonne [Mgr Aillet]. « Dans les congrégations religieuses, qui jouent un rôle important dans l'enseignement catholique, la culture du silence, inhérente à l'Église, est redoublée du fait de l'obéissance due au supérieur, et d'une culture corporatiste qui incite à garder le silence au sein de la communauté et à protéger ses membres », nuance l'historienne Agnès Demazières. « Ces congrégations exercent aussi une force d'attraction sur des personnalités perverses du fait de ce climat de silence et d'un accès facile à des enfants et des personnes vulnérables », avance la spécialiste de l'histoire du christianisme, autrice de Sans loi ni foi : Prêtres et violences sexuelles. Au cœur du système catholique.
Premières actions mises en place
Le programme de protection des publics fragiles (3PF)
Depuis 2018, l'enseignement catholique a mis en place le « 3PF », le « programme de protection des publics fragiles ». C'est un dispositif visant la prévention et la lutte contre toute forme de maltraitance, que ce soit le harcèlement, les violences, les abus au sein des établissements scolaires, en mettant à leur disposition des ressources, des éléments juridiques, des outils de discernement et d'action… 🡵.
Le site internet du 3PF propose :
- Des livrets d'information
- Livret 1 : De la lutte contre la maltraitance à la bientraitance éducative
- Livret 2 : La bientraitance éducative
- Recueillir la parole de l'enfant témoin ou victime
- Être à l'écoute - créer des dispositifs d'écoute
- Secret professionnel, discrétion professionnelle, devoir de réserve, confidentialité
- Procédures en matière de protection des mineurs
- Des grilles d'auto-évaluation sur le harcèlement pour les élèves
- Le plan boussole : un processus de discernement et d'action du 3PF. Il peut être mis en place dans les établissements pour faire progresser la culture de la bientraitance éducative.
Un dispositif 3PF pour « programme de protection des publics fragiles » a été lancé par le Sgec. Sur le papier, il est ambitieux (si l'on oublie sa dénomination problématique qui associe le risque d'exposition aux violences à une fragilité préalable). Les conditions de recueil de la parole y sont détaillées, et les risques de maltraitance par une personne détenant l'autorité ouvertement évoqués. Ce n'est pas du tout le cas dans le public, où la question de l'adulte dysfonctionnel reste un impensé, absent du site du ministère et des formations prodiguées aux personnels. Sur le terrain, toutefois, les choses sont plus compliquées. Le Sgec, qui ne dispose que d'un simple pouvoir d'animation et de proposition, est incapable de s'avancer sur la mise en œuvre effective du fameux 3PF, au point de lancer une campagne de communication auprès des parents pour le faire connaître. C'est que l'enseignement catholique est un parfait négatif de l'enseignement public : si le second souffre de son hypercentralisation, le premier se singularise par la très grande autonomie de ses établissements.
La campagne « Stop Violences »
La campagne « Stop Violences » a été lancée le vendredi 2 mai 2025. C'est une campagne d'information et de sensibilisation sur les violences en milieu scolaire dans tous ses établissements, après le scandale de Notre-Dame de Bétharram qui a entraîné une libération de la parole sur le sujet. La campagne « Stop violences » a pour objectif d’« amplifier l'information et renforcer l'implication de tous les acteurs de l'école » sur ce sujet, a indiqué le Secrétariat général de l'enseignement catholique dans un communiqué 🡵.
Suite au lancement de cette campagne, Le collectif Stop Souffrances qui rassemble parents d'élèves, enseignants et personnels des établissements catholiques s'interroge sur l'efficacité réelle de ces mesures, et demande des changements profonds sur le terrain au-delà des effets d'annonce. Sophie, professeure au sein d'un établissement privé sous contrat, « n'a jamais entendu parler de cette campagne Stop Violences, à part aux informations ». 🡵
2025 La commission d'enquête parlementaire
En 2025, la commission « sur les modalités du contrôle par l'État et de la prévention des violences dans les établissements scolaires » a été initiée après les révélations de Notre-Dame de Bétharram. Son rapport est rendu public début juillet :
Il met en lumière de nombreux thèmes :
- Des violences massives et systémiques
- Le « caractère propre » de l'enseignement privé en question
- La (quasi) absence de contrôles
- Le secret de la confession
Le rapport accorde une large place à l’« affaire Bétharram », et consacre également plusieurs pages à Riaumont.
À la suite de cette commission d'enquête parlementaire, une proposition de loi est prévue pour le mois d'octobre 🡵.
2025 Une mission pour « comprendre ce qui s'est passé »
L'enseignement catholique va lancer une « mission » sur sa feuille de route à l'horizon de dix ans, a affirmé mercredi le nouveau secrétaire général de l'enseignement catholique, Guillaume Prévost, lors d'un point presse à Lourdes (Hautes-Pyrénées) relayé par l'AFP. Elle devrait débuter dans les prochaines semaines, a-t-il affirmé à l'issue d'une rencontre avec les évêques lors de leur assemblée d'automne à Lourdes.
Il s'agirait de « comprendre ce qui s'est passé » dans le déclenchement des violences physiques et sexuelles au sein de l'enseignement catholique, et notamment d'en saisir « la nature systémique », a-t-il ajouté. « Il faut qu'on prévienne l'occurrence de tels crimes (…) et qu'on construise ensemble les garanties qui font que ça n'arrivera plus », a-t-il précisé, plaidant pour « une réflexion très profonde sur notre fonctionnement », car ces violences « blessent profondément le projet éducatif chrétien ».
— France 3
Voir aussi :
- Abbaye-école de Sorèze (1)
- Abbé Glère (1)
- André Guéguen (1)
- Collectif Voix Libérées (1)
- Collège de Combrée (3)
- Collège de l’Annonciation, à Seilh (1)
- Collège Ozanam de Limoges (9)
- Collège Richelieu à La-Roche-sur-Yon (1)
- Collège Saint François-Xavier d'Ustaritz (3)
- Collège Saint-François-Xavier de Vannes (2)
- Collège Saint-Jean de Pélussin (1)
- Collège Saint-Louis de la Guillotière (1)
- Collège Saint-Michel à Bruxelles (fiche uniquement)
- Collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon (7)
- Collège-lycée Saint-Augustin de Bitche (3)
- Collège-lycée Saint-Joseph de Nay (3)
- Dominicaines du Saint Nom de Jésus (2)
- Etablissement d'Angreviers (Gorges) (4)
- Institut Notre-Dame d’Avranches (2)
- Institut Saint-Lô d’Agneaux (2)
- Institution Marmoutier de Tours (2)
- Institution Paul Mélizan (1)
- Institution Saint-Dominique de Neuilly (5)
- Institution Saint-Pierre, à Saint-Pé-de-Bigorre (2)
- Kreisker-Sainte-Ursule, à Saint-Pol de Léon (4)
- L'Immaculée Conception de Pau (2)
- Notre Dame de Garaison (7)
- Notre-Dame de Bétharram (47)
- Notre-Dame du Sacré Cœur à Dax, dit Cendrillon (4)
- Notre-Dame-de-Sion (1)
- Père Jacques Choquer (1)
- Père Raymond Mélizan (1)
- Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (3)
- Saint-Thomas-d’Aquin, à Oullins (3)
- Saint-Vincent Providence (1)
- Sainte Croix des Neiges (4)
- Sainte-Marie, à Chagny (2)
- École Saint-Pierre-Fourier (Collège Saint-Maur) (1)
- École Sainte-Marie à Quimper, dite le Likès (1)
- Établissement Saint-Bernard de Troyes (1)
- Établissement Saint-Stanislas de Nantes (8)
- Établissement scolaire Stanislas (10)