Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : publication du rapport de la Commission indépendante
Semaine du 12 au 18 janvier 2026 >>
Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : publication du rapport de la Commission indépendante
Un système d'abus psychologiques, spirituels, financiers et physiques passé au crible.
- https://www.ciasep.fr/rapport-de-la-ciasep/rapport-de-la-ciasep-bscm
- https://www.la-croix.com/religion/mere-marie-elie-hancock-si-cette-souffrance-peut-servir-a-quelque-chose-cela-sera-reconfortant-20260117
- https://www.lavie.fr/actualite/societe/benedictines-du-sacre-coeur-de-montmartre-un-rapport-marque-la-fin-de-40-ans-demprise-102649.php
- https://www.la-croix.com/religion/les-benedictines-du-sacre-cour-de-montmartre-40-ans-d-abus-spirituels-et-demprise-psychologique-20260114
- https://www.ciasep.fr
- http://www.ciasep.fr/
- https://www.benedictines-montmartre.fr/communique-accueil-du-rapport-de-la-ciasep/
- https://www.ciasep.fr/
- https://dioceseparis.fr/reaction-du-diocese-de-paris-a-la-67614.html
- https://www.catholique78.fr/2026/01/16/reaction-de-mgr-luc-crepy-a-la-suite-de-la-publication-du-rapport-de-la-ciasep-au-sujet-des-benedictines-du-sacre-coeur-de-montmartre/
Le rapport de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (Ciasep) sur les Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (BSCM) vient d'être publié sur le site internet de la Ciasep 🡵.
Il s'agit d'un document de très grande qualité qui vient mettre en lumière la gravité extrême des abus spirituels et leurs conséquences sur les personnes qui en sont victimes.
Comment expliquez-vous que cette emprise ait duré si longtemps ?
[Mère Marie-Elie Hancock, Prieure générale] Il y a d'abord la personnalité charismatique de Mère Marie-Agnès, élue prieure générale très jeune, ce qui est déjà une défaillance énorme. Et le mécanisme de mise sous emprise était redoutable. Nous n'avions aucune formation au droit canonique ou aux sciences humaines ; l'accès aux bibliothèques et aux livres nous était interdit ; nous n'avions pas d'ouverture sur l'extérieur, pas d'accompagnateur spirituel. Quand on a 20 ans et qu'on entre dans la vie religieuse, on arrive pleine d'élan, de confiance et d'amour pour Dieu dans un monde complètement inconnu ! Nous n'avions pas la possibilité de comprendre que ce que nous vivions n'était pas normal. Et la congrégation s'était refermée sur elle-même : coupure avec les familles, pas de possibilité de parler à des prêtres, pas d'accès à internet, courrier contrôlé, parloirs écoutés. Quand bien même nous aurions voulu faire un signalement, nous n'aurions pas pu.
La façade de cette congrégation jeune, souriante, dynamique, était magnifique. Mais l'arrière-boutique était beaucoup plus sombre. Beaucoup de personnes extérieures nous ont manifesté leur soutien ces derniers jours, s'excusant de n'avoir rien vu. Mais nous cachions bien notre jeu. C'est aussi le cas, je pense, pour l'ordinaire du lieu, l'archevêque de Paris et l'évêque de Versailles, qui ont tous deux reconnu qu'un devoir de vigilance n'avait pas été exercé.
— La Croix
Mère Marie-Agnès
Le constat de la commission fait apparaître qu'à partir des années 1970, s'est progressivement instaurée une emprise de la mère supérieure sur les sœurs, fondée sur leur isolement vis-à-vis de leur famille, de l'Église – présentée comme suspecte – et, entre elles, par un système de surveillance, de silence imposé et de délation. La congrégation s'est ainsi progressivement refermée sur elle-même, comme si rien ne devait exister en dehors d'elle.
Ces dérives, rapidement devenues systémiques au sein des BSCM pour la majorité des sœurs, se sont traduites par une dépersonnalisation et une dépossession de soi, une manière de penser à la place de la sœur et pour la sœur, une suractivité destinée à empêcher toute prise de recul, ainsi qu'une soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes ou les plus éprouvées. L'emprise psychologique a pris la forme de manipulations, de décisions arbitraires, de violences verbales, parfois physiques, suivies de rapprochements qui brouillaient encore davantage les repères.
Ce mode de gouvernement, exercé directement par la mère supérieure pendant près de trente-six ans, puis relayé pendant quatorze ans par des personnes interposées, sous influence ou consentantes, correspond, selon les témoignages recueillis, à des traits de personnalité pouvant évoquer une structure de type « pervers narcissique ».
Exercice d'une autorité abusive et totalitaire
La place de Mère Marie-Agnès (MMA) dans la gouvernance de la congrégation s'est avérée primordiale, absolue et unique, marquée par l'exercice d'une autorité excessive et inappropriée sur la communauté, révélant une dérive manifeste dans tous les domaines (p.56 ).
- « Je représente Dieu dans la congrégation donc tu dois m'obéir. » (p. 63)
- « On nous demande l'obéissance comme au Christ qu'elles (le trio) représentent pour nous sur terre. » (p. 63)
- « Tant que tu n'auras pas obéi sans comprendre, tu ne sauras pas ce qu'est l'obéissance. » (p. 63)
- « La notion de mauvais esprit était souvent employé par MMA si on la contredisait. » (p. 89)
- « Faire la volonté de Dieu, c'est faire ce que je te dis (MMA) car je suis son intermédiaire. » (p. 89)
- Pour prononcer mes vœux définitifs, « j'ai été prévenue à 14h pour 17h et j'ai dû écrire ma lettre en 15 minutes. » (p. 57)
- « Je ne pouvais pas me mettre à genou car j'avais eu un accident de genou et elles m'ont demandé de récurer l'entièreté des lieux à la brosse à dent pour les joints et à l'éponge pour le carrelage. » (p. 60)
- « Si l'une de vous n'est pas d'accord avec moi, qu'elle passe par la fenêtre. » (p. 56)
Contrôle du for interne
Mère Marie-Agnès avait accès au for interne des sœurs, en contradiction flagrante avec le code de droit canonique.
- « Pour le for interne, c'est avec MMA. » (p. 63)
- « Nous avons été torturées dans notre conscience ; les confessions étaient chronométrées et écoutées » (p. 63)
- « On ne nous a jamais expliqué la différence entre for interne et for externe. » (p. 63)
- « Questionnement sur ma vocation pas possible au noviciat. C'est le diable qui te fait te poser ces questions. » (p. 63)
La manipulation pour façonner la pensée
Des aspects essentiels des fondements et de l'enseignement religieux étaient faussés ou strictement limités, au gré de la volonté de MMA. Ainsi, la théologie de la substitution était détournée, les lectures spirituelles restreintes aux seuls écrits du P. Le Guillou, l'accès aux bibliothèques interdit, et la parole de Dieu manipulée pour façonner la pensée. MMA a continué à donner des cours, alors que Rome le lui avait interdit en 2004, tandis que les temps de prière commune ou personnelle (adoration, lectio) étaient abrégés ou brutalement supprimés, au profit du travail ou parfois sans motif. (pp. 62-63)
« La formation des jeunes sœurs s'est de plus en plus réduite, pour être ensuite quasi limitée aux conférences de MMA. » (p. 89)
Chantage, culpabilisation et manipulations affectives
- « Quand MMA était malade, il fallait réciter une prière tous les matins et on nous disait que c'était nous qui la rendions malade. » (p. 89)
- « Quand une sœur était gravement malade, il fallait plaindre MMA. La pauvre, la sœur allait lui faire du souci. » (p. 89)
- « Si tu n'es pas d'accord c'est que tu fais du mauvais esprit et donc tu es une mauvaise religieuse. » (p. 63)
- « Ta peur est un signe de manque de confiance dans le Seigneur. » (p. 63)
- « Tu ne te laisses pas dominer donc tu es infidèle à ta vocation. » (p. 63)
- « Si tu as mal au dos, c'est parce que tu vois trop ta famille » (p. 56)
Faire « entrer de l'argent » constituait une préoccupation constante de MMA
Le recrutement des jeunes filles visait manifestement les familles aisées :
- « De quel milieu social est votre famille ? »
- « Que font vos parents ? Ont-ils des moyens ? Questions étranges ! »
La congrégation des BSCM prenait en main les biens des sœurs dès le postulat. Il est apparu que certains de ces biens servaient à des profits personnels, dissimulés et sans l'accord des propriétaires : comptes bancaires et livrets vidés, héritages captés.
En parallèle de cet enrichissement, le train de vie de MMA et de deux sœurs de la gouvernance interpellait la communauté. Les sœurs étaient frappées par les repas gastronomiques pris à part – notamment lorsque MMA recevait des prélats parisiens – par les « vacances du trio sur la Côte d'Azur », l'achat et la décoration coûteuse du « Prieuré de l'Unité », ou « maison aux volets bleus », ou encore par le train de vie fastueux et l'acquisition d'appartements à Vernon.
L'aveuglement, la surdité, voire la complicité de certains prêtres et laïcs sont à noter. La remise discrète et régulière de plusieurs enveloppes d'argent interroge.
Faire « entrer de l'argent » constituait une préoccupation constante de MMA. Pour cela, elle recherchait activement des mécènes, qu'elle appelait les bienfaiteurs, et, très organisée, profitait de chaque occasion favorable pour envoyer les sœurs en « mission » afin de rapporter le maximum de dons financiers :
- « Nous étions réprimandées quand nous revenions seulement avec des promesses et pas de dons effectifs. »
- « On nous appelait « les petites sœurs des riches ». »
La responsabilité de l'autorité ecclésiale
« L'ordinaire du lieu », c'est-à-dire le diocèse local, est tenu d'exercer sa vigilance, notamment lors des élections, ce qui n'a ici pas été le cas. En l'occurrence, rien n'a entravé une gouvernance dévoyée, échappant à tout contrôle externe, alors que le contrôle interne qui aurait dû émaner du chapitre général était confisqué par mère Marie-Agnès. Était-ce le nombre important de vocations qui a rendu le diocèse si peu regardant ?
— La Vie
À la suite d'alertes auprès du dicastère pour les instituts de vie consacrée, au Vatican, une visite apostolique est menée en 2004. Le rapport du visiteur – une page – ne donnera rien, et provoquera même un durcissement des conditions de vie des sœurs. Mettant en cause le dicastère et l'ordinaire du lieu (les diocèses de Paris et Versailles), la Ciasep soutient que, malgré de nombreuses alertes, « la vigilance exercée sur la congrégation a été très minimaliste pendant de longues années ». La figure de Mgr Charles, recteur de la basilique de Montmartre, ainsi que « d'autres autorités supérieures » semblent avoir « laissé ces influences se développer, voire les avoir encouragées, dans un contexte postconciliaire instable. »
— La Croix
Les modes de gouvernement qui ont été la cause des troubles de la congrégation des BSCM n'ont été possibles qu'en raison de deux facteurs principaux :
- le mépris de l'autorité ecclésiale, notamment – mais pas seulement – dans l'application la plus rigoureuse possible des constitutions qui définissent le mode de vie d'une bénédictine du Sacré-Cœur de Montmartre, au bénéfice des exceptions, arrangements avec la loi, s'abritant de manière spécieuse derrière les autorités ecclésiastiques et leurs éventuelles permissions,
- l'absence de formation ascétique et intellectuelle des membres, dès lors à la merci de supérieures elles-mêmes peu ou mal formées.
Ce constat effectué, il apparaît que l'examen des constitutions, du droit propre de la congrégation, de la mise en œuvre du Code de droit canonique et de prescriptions romaines au sujet de la vie religieuse est absolument nécessaire. Mais il ne saurait trouver une quelconque efficacité sans une solide formation.
L'héritage spirituel du père Le Guillou devra être regardé de près
Le rapport précise que « les archives font apparaître une collaboration de MMA (mère Marie-Agnès, ndlr) quasi exclusivement avec le P. Le Guillou jusqu'à l'accueillir à plein temps au sein de la congrégation, au début des années 1980. Les sœurs, dans leur correspondance, témoignent régulièrement des entretiens individuels avec le dominicain, de leur « admiration » et de leur « filiation » à son endroit. Le binôme formé par MMA et le P. Le Guillou se poursuit en quelque sorte au lendemain de la mort de celui-ci avec la publication de ses œuvres poursuivie par MMA, l'organisation des différents colloques dans les années 1991-1997 et enfin les pèlerinages sur sa tombe. » Il faudra sans doute que la congrégation se pose la question de cet héritage spirituel, sans négliger d'approfondir la compréhension humaine de cette place a minima excessive.
— La Vie
Le devoir de réparer
« La miséricorde ne dispense pas du devoir de réparer. » Pape François [1]
Cette réparation peut prendre la forme de plusieurs actions complémentaires, que la commission évalue au nombre de sept.
- En premier lieu, la reconnaissance officielle des abus subis pendant plus de 40 ans, notamment par la publication du rapport de la commission en libre accès sur le site de la CIASEP-BSCM [2].
- Une reconnaissance explicite, par l'Église (diocèses de Paris et de Versailles, dicastère) de la responsabilité qui leur incombait de prendre soin de ses membres.
- La reconnaissance des dysfonctionnements du médecin et du pharmacien qui ne se sont jamais interrogés sur des prescriptions répétées de médicaments spécifiques (antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques) souvent associés entre eux pour de très longues durées, sans véritables consultations de suivi. Une alerte au Conseil de l'Ordre des médecins aurait été nécessaire. La commission a d'ailleurs procédé à un signalement auprès du Conseil départemental de l'Ordre des médecins de l'Eure qui, par la voix de son président, a indiqué avoir lancé immédiatement une enquête.
- La prise en charge, pour les sœurs sorties, des dépenses de santé non remboursées par la Sécurité Sociale et les organismes complémentaires.
- La prise en compte des intérêts afférents aux dépôts versés par certaines sœurs à leur entrée, actualisés selon l'indice INSEE,
- Le cas échéant, un rattrapage de l'accompagnement proposé lors de la sortie d'une sœur afin de le mettre au niveau de ce qui est pratiqué aujourd'hui et qui permet de favoriser une reconversion plus facile ;
[1] Selon le pape François, la miséricorde divine est infinie mais attend une réponse de l'homme, comme le repentir sincère. La réparation spirituelle est essentielle pour réparer les conséquences des péchés, et elle est souvent considérée comme une forme de participation à la rédemption. En effet, la miséricorde ne se manifeste pas par un pardon automatique, mais par une demande de conversion et de repentir. Ainsi, la réparation est un aspect fondamental de la relation entre Dieu et l'homme, soulignant l'importance de l'humilité et de la gratitude face à la miséricorde divine.
[2] ciasep-bscm.fr
Des changements importants depuis 2014, et encore du chemin à parcourir
Des changements importants ont été engagés depuis 2014, fortement amplifiés depuis 2020, même s'il y a encore du chemin à parcourir et une réflexion approfondie à conduire sur plusieurs axes, en particulier organisationnel et théologique. Les « plis » pris ou imposés depuis près de 50 ans restent, pour partie, difficiles à effacer.
En particulier, le rôle et la théologie du dominicain Marie-Joseph Le Guillou devront être interrogés :
[En 1976,] la présence quasi permanente, dans les locaux d'Ephrem, du dominicain Marie-Joseph Le Guillou, pourtant assigné au couvent des Dominicains, a pu susciter à l'époque des questionnements sur la nature de ses relations avec MMA. Parallèlement, des difficultés non précisées surgissent avec le P. André Feuillet, exégète à l'Institut catholique de Paris et confesseur des religieuses.
Après le décès de Marie-Joseph Le Guillou, l'organisation de nombreux colloques par mère Marie-Agnès témoigne de l'importance que le dominicain avait pour la prieure.
- Colloque I - Un homme pris par le mystère de Dieu, Christoph von Schönborn, 219 pages, Paris, Mame, 1992.
- Colloque II - Un homme pris par le mystère de l'Église : le père Marie-Joseph Le Guillou, 226 pages, Colloque tenu au prieuré Saint-Benoît, décembre 1993. Éditions Saint-Augustin par Guy Bedouelle, mère Marie-Agnès, Mgr Dagens, 1995.
- Colloque III - Un homme émerveillé par le visage du Ressuscité : le père Marie-Joseph Le Guillou, 420 pages, M. Cagin, E. Michelin, Mère Marie-Agnès, B.D. De La Sougeole, M. Larivé, P. Emonet, Mgr d'Ornellas, B. Brobrinskoi, Mgr Patrick Chauvet, Éditions Saint-Augustin, 1996.
- Colloque IV - Quand un homme témoigne de Dieu, 164 pages, Saint-Maur, Parole et Silence, 1998.
- Colloque V - Qu'ils soient un, l'œcuménisme dans le sillon du père Marie-Joseph Le Guillou, Saint-Maur, Parole et Silence, 2001, (ISBN 2-84573-074-8).
- Colloque VI - Un chercheur de Dieu : Le père Marie-Joseph Le Guillou O.P., 175 pages, Georges Cottier, Saint-Maur, Parole et Silence, 2005.
- Le père Le Guillou, un maître, éveilleur de la liberté, Patrick Chauvet, 2011, Parole et Silence, 150 pages, (ISBN 978-2-84573-888-1) Actes du colloque « La fécondité ecclésiale du père Marie-Joseph Le Guillou » (19 janvier 2009).
Communiqués et réactions
Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre
Communiqué du 14 janvier 2026
ACCUEIL DU RAPPORT DE LA CIASEP
Blaru, le 14 janvier 2026
Ce 14 janvier 2026, à Béthanie (Blaru), la Congrégation des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, réunie au complet, a reçu officiellement le rapport de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (CIASEP), étape décisive de vérité et de changement pour tout l'Institut.
La Congrégation salue le travail important, sérieux et indépendant de la commission. Elle tient particulièrement à exprimer sa profonde reconnaissance à chacun des membres, écoutants et spécialistes, qui se sont mis au service de cette mission exigeante.
Une remise solennelle du rapport
Demandée conjointement par la Congrégation et d'anciennes sœurs en 2023, la commission indépendante a reçu une lettre de mission de la prieure générale en 2024. Le travail de la CIASEP a été financé par la Congrégation. Le rapport final est accueilli comme le fruit d'un travail mené dans le souci de toutes, présentes et sorties, dans une détermination commune à prévenir toute réitération de telles dérives.
La Congrégation remercie chaque sœur qui a accepté de parler, parfois au prix d'un chemin douloureux, et toutes les personnes qui ont accepté de rencontrer la commission. Leur parole a permis de mettre en lumière les abus d'autorité et spirituels, l'emprise psychologique, les maltraitances et leurs conséquences. La confiance accordée à la commission et la qualité des verbatims et questionnaires ont constitué la condition même de ce travail.
Assumer les blessures, choisir la vie
Les dérives de gouvernance, manipulations de conscience et manquements graves dans l'exercice de l'autorité et la gestion des personnes et des biens sont reconnus sans être minimisés. Au nom de l'Institut, les responsables actuelles renouvellent la demande de pardon exprimée en mai 2023 à toutes celles qui ont été blessées, aux familles et à celles et ceux qui ont été scandalisés par ce qui s'est vécu au sein de la Congrégation.
Ce rapport a été commandé et reçu dans une optique de vie : non pour refermer le passé, mais pour continuer à transformer en profondeur les pratiques, les structures et les réflexes communautaires, afin que les mécanismes qui ont permis ces dérives ne puissent plus se reproduire. La démarche engage l'ensemble de l'Institut dans un chemin durable de vigilance, de justice et de reconstruction.
La confirmation d'un élan déjà engagé
Tout en mettant au jour des abus graves et des dysfonctionnements systémiques du passé, la commission souligne les changements importants engagés depuis plusieurs années ainsi que la réelle amélioration de la vie des sœurs.
La Congrégation salue avec gratitude le rapport qui, malgré les dérives passées, rend hommage aux sources de fécondité toujours vivantes : vie de prière authentique, formation, vie fraternelle et engagement apostolique au service des sanctuaires. Elle apprécie particulièrement l'invitation adressée à toutes les sœurs – restées ou parties – à en être fières et à reconnaître le bien présent dans leur histoire personnelle. Dans cet élan, l'Institut entend poursuivre et approfondir ses réformes, avec constance et vigilance.
Les 58 préconisations de la commission sont accueillies comme une véritable feuille de route pour la Congrégation qui s'en saisit immédiatement. Ces propositions seront étudiées, discutées et hiérarchisées particulièrement lors du chapitre général d'octobre 2026. L'Institut réaffirme que ces préconisations ont été demandées pour être réellement assumées et travaillées, en lien avec les autorités de l'Église et, le cas échéant, des instances externes d'évaluation. Elles doivent être suivies d'actions et contrôlées. La proposition d'évaluation de la CIASEP dans un délai de 24 mois est acceptée avec gratitude.
Une reconstruction qui se poursuit
Le chemin de reconstruction engagé par la Congrégation se poursuit avec détermination et humilité. Consciente des blessures du passé, elle souhaite continuer d'avancer, toujours en tenant compte des personnes victimes dont la parole a permis un travail essentiel de vérité. Les conclusions de la CIASEP constituent ainsi un repère précieux pour l'Institut : celui d'un passage d'un système de fermeture et d'emprise à une vie religieuse plus humble, fraternelle et ajustée à l'Évangile, au service de l'Église et du monde.
Conscientes de l'ampleur et de la complexité du travail engagé, les sœurs prendront maintenant le temps nécessaire d'étude approfondie et de discernement communautaire de ce rapport. Elles se confient à la prière de tous pour mener à bien ce travail, au service du respect de la vocation de chacune.
Le rapport est consultable sur le site de la Commission indépendante : www.ciasep.fr
CONTACT : medias@bscmontmartre.fr 06 81 55 17 08
Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques
Publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (CIASEP-BSCM)
Une commission indépendante, pluridisciplinaire et bénévole
La Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (CIASEP BSCM) publie son rapport : Les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre.
Créée à la demande conjointe de la prieure générale des BSCM et d'anciennes sœurs, la commission a travaillé en totale indépendance pendant environ dix huit mois, d'août 2024 à janvier 2026.
Présidée par M. Hervé Giaume, ancien haut fonctionnaire de l'État, elle réunissait une équipe pluridisciplinaire (accompagnatrice spirituelle, canoniste, juriste, médecin spécialisé des emprises, historien, théologien, auditeurs financiers et patrimoniaux, vingtaine d'écoutants formés), tous bénévoles.
Une enquête approfondie et un constat d'emprise systémique
De janvier à juillet 2025, la commission a conduit 159 entretiens (310 heures) avec les 86 sœurs actuellement membres des BSCM, 28 anciennes sœurs et 45 autres témoins (évêques, prêtres, religieuses, laïcs). Tous les prieurés ont été visités et près de 10 000 réponses à un questionnaire anonyme ont été analysées.
Le rapport établit l'existence d'abus spirituels, d'emprises psychologiques, d'abus de pouvoir et parfois de violences physiques, devenus progressivement systémiques à partir des années 1970 : isolement, surveillance, abus spirituels, emprises psychologiques, silence imposé, suractivité, recours répété à des traitements médicamenteux pour certaines sœurs. Ces dérives ont eu des conséquences lourdes sur les plans psychologique, physique, spirituel et social.
La commission souligne la responsabilité majeure de la gouvernance de l'époque de la congrégation, les carences du contrôle interne, ainsi que des insuffisances du contrôle exercé par certaines autorités ecclésiales et par des professionnels de santé.
Réparations, préconisations et suivi
Sachant que « la miséricorde ne dispense pas du devoir de réparer » (Pape François), la CIASEP BSCM propose des mesures de réparation (reconnaissance publique des abus, prise en charge complémentaire de certains soins pour les sœurs sorties, prise en compte des intérêts sur les dépôts versés à l'entrée, rattrapage des mesures d'accompagnement des sorties, éventuels subsides caritatifs) et formule 58 préconisations, d'importance variable, concernant la gouvernance, la vie communautaire, la formation, la santé, les finances et le rôle des instances extérieures.
Le rapport a été présenté le 14 janvier 2026 au matin aux sœurs bénédictines réunies, puis aux anciennes sœurs des BSCM le même jour dans l'après midi, avant sa mise en ligne en accès libre sur le site de la commission le 15 janvier 2026.
La commission constate que la congrégation a engagé, depuis 2014 et plus encore depuis 2020, un réel travail de réforme, conduisant à un fonctionnement redevenu « normal mais encore fragile ». Elle propose de revenir entre mars et juin 2027 pour visiter les prieurés et la maison mère, mesurer l'application des préconisations et publier un rapport complémentaire.
Contact presse – Commission indépendante CIASEP BSCM
Clémence Le Grelle – 06 81 55 17 08 – communication@ciasep.fr
— Ciasep
Diocèse de Paris
Réaction du diocèse de Paris à la suite de la publication du rapport de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (CIASEP-BSCM)
Ayant pris le temps de recevoir le rapport de la CIASEP, le diocèse de Paris tient en premier lieu à rendre hommage au courage des religieuses et anciennes religieuses de la congrégation. Il tient à souligner le caractère déterminant de leur intervention pour alerter sur les graves manquements dont elles ont été victimes et témoins, d'une part ; pour engager, d'autre part, le travail de relecture de l'histoire douloureuse des dernières décennies et engager les changements entrepris depuis plusieurs années.
Le diocèse de Paris adresse également ses remerciements et sa reconnaissance à tous les membres de la Commission pour leur engagement, pour leur travail patient et déterminé, pour leur écoute de tant de personnes.
Le diocèse de Paris reconnait aujourd'hui que pendant de nombreuses années, il n'a pas exercé, en ses responsables, son propre devoir de vigilance à l'égard de la congrégation et des graves abus qui s'y sont déroulés. De même, il n'a pas veillé avec suffisamment de rigueur au respect, par la gouvernance de la congrégation, du cadre juridique qui régit toute vie religieuse, dont la finalité est de protéger les personnes dans leur singularité et leur liberté, et d'assurer l'épanouissement de chaque vocation.
Depuis plus de dix ans, le diocèse de Paris accompagne les changements importants engagés par la congrégation. Il continuera de la soutenir, et de progresser avec elle dans les années qui viennent sur le chemin qu'il lui reste à parcourir.
Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles
Réaction de Mgr Luc Crepy, évêque du diocèse de Versailles à la suite de la publication, le 15 janvier 2026, du rapport de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques au sein des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre. (CIASEP-BSCM)
Après la publication du rapport de la CIASEP, je veux, au nom du diocèse de Versailles, exprimer aux religieuses et aux anciennes religieuses de la Congrégation des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre notre grande compassion face aux épreuves qu'elles ont traversées et aux souffrances des abus subis par beaucoup d'entre elles.
La parole et le courage des sœurs victimes ont été déterminants pour permettre la révélation des graves manquements et des dérives vécus au sein de la communauté.
Avec le diocèse, je reconnais et soutiens la volonté de la Congrégation de faire la lumière et la vérité sur les faits hautement condamnables révélés dans ce rapport, et le travail de réforme déjà entamé ces dernières années. Le diocèse de Versailles s'engage à accompagner la Congrégation dans ce travail et dans le chemin qui lui reste à parcourir dans les prochaines années, au service d'un renouveau dans une vraie paix et un respect profond des personnes.
Au nom du diocèse de Versailles, je reconnais aujourd'hui que pendant plusieurs années, notre diocèse n'a pas exercé son propre devoir de vigilance à l'égard de la Congrégation et, en particulier, vis-à-vis de la communauté du Prieuré de Béthanie, à Blaru, où ont été commis une grande partie des graves abus et emprises dénoncés dans le rapport.
Je me rendrai prochainement au prieuré de Béthanie pour rencontrer la communauté des religieuses. Je viendrai pour leur demander pardon au nom du diocèse et de ses responsables et pour leur témoigner de la prière et de l'amitié des prêtres et des fidèles du diocèse de Versailles. Je veux aussi leur redire à cette occasion combien leur présence dans les Yvelines est précieuse pour l'Église.
Je tiens enfin à remercier les membres de la Commission pour leur engagement, pour leur travail patient et déterminé ainsi que pour leur écoute de tant de personnes.
J'assure les religieuses et les anciennes religieuses de la Congrégation, ainsi que leurs familles, de ma prière fidèle et de mon soutien.
Mgr Luc CREPY
Évêque de Versailles
Informations complémentaires
Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre
- https://www.benedictines-montmartre.fr/
- https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9n%C3%A9dictines_du_Sacr%C3%A9-C%C5%93ur_de_Montmartre
- https://www.rcf.fr/articles/actualite/emprise-et-abus-les-soeurs-benedictines-du-sacrecoeur-de-montmartre-demandent
- https://www.la-croix.com/religion/les-benedictines-du-sacre-cour-de-montmartre-40-ans-d-abus-spirituels-et-demprise-psychologique-20260114
- https://www.la-croix.com/Religion/Abus-chez-benedictines-Montmartre-Il-grave-lachete-sein-lEglise-2023-05-05-1201266218
- https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/benedictines-de-montmartre-nommer-ce-qui-a-ete-vecu-doit-permettre-que-cela-ne-se-reproduise-plus-88269.php
- https://www.benedictines-montmartre.fr/communique-de-presse-du-27-avril-2023/
- https://www.avref.fr/la-congregation-des-benedictines-du-sacre-cur-de-montmartre-bscm.html
- https://vies-consacrees.be/sommaires/tome-96-annee-2024/trimestre-3/articles/se-laisser-visiter.html
- https://web.archive.org/web/20210119123419/https://www.viereligieuse.fr/Chapitre-general-des-Benedictines-du-Sacre-Coeur-de-Montmartre
- https://www.ciasep.fr/rapport-de-la-ciasep/rapport-de-la-ciasep-bscm
Origine de la communauté
Le charisme de notre congrégation, les bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, s'inscrit dans le mouvement spirituel qui a abouti à la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Dans l'esprit de ce lieu, nous cherchons à vivre une vie eucharistique en lien avec le culte du Sacré-Cœur et ouverte à l'accueil de tous ceux qui y sont attirés.
Reconnue comme congrégation le 4 mars 1898, la communauté des premières sœurs adopte la règle de Saint Benoît au Chapitre de 1914 et devient de droit pontifical lors de l'approbation des premières constitutions en 1930.
Histoire récente
Remarque : le Témoignage de Roseline de Romanet, ancienne prieure des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, est extrêmement précieux pour comprendre l'histoire récente de la communauté.
Mère Marie-Agnès
- 1966 Sœur Marie-Agnès (Françoise Jullien à l'état civil) est nommée maîtresse des novices, un an avant sa profession perpétuelle en 1967. Elle a 30 ans.
- 1969 Mère Marie-Agnès est élue prieure générale de la congrégation, à l'âge de 33 ans – alors que l'âge minimum requis est fixé à 40 ans. Elle sera réélue, par vote à main levée, pour cinq mandats de six ans – contre les dispositions des constitutions – de 1969 à 1998 🡵.
D'un côté, elle a redonné vie à une communauté âgée. « Mais elle a ainsi acquis une aura qui a permis à ce système d'abus de prospérer. En tant que prieure générale, au nom de l'obéissance et de Dieu, elle nous demandait des choses qui mettaient profondément à mal notre liberté. Impossibilité d'aller seule chez le médecin, traitements antidépresseurs imposés pour certaines, obsession sur la nourriture – il fallait absolument se resservir et prendre du poids –, infantilisation en divisant pour mieux régner… Aux chapitres généraux, on demandait aux sœurs de voter pour telle ou telle autre, il n'y avait aucune liberté de choix. Nous avions interdiction de parler de quoi que ce soit à nos familles, par exemple, une sœur qui allait subir une opération grave n'avait pas le droit de le dire à ses proches. Tout était guidé par une volonté de pouvoir et de maîtrise. Il fallait absolument que nous accueillions de nouvelles recrues chaque année, donc certaines jeunes filles ont été harcelées au point de changer de numéro de téléphone. Les conditions d'entrée dans la communauté étaient le plus souvent beaucoup trop rapides, ne laissant pas les futures sœurs aller au bout de leurs études par exemple, sans temps suffisant de discernement. » 🡵.
- 1971 Rencontre de Mère Marie-Agnès avec le père Marie-Joseph Le Guillou, religieux dominicain qui exercera une influence considérable sur la congrégation. Pendant le « règne » de Mère Marie-Agnès, les lectures spirituelles des sœurs sont restreintes aux livres du père Le Guillou. À partir de 1979 et jusqu'à son décès en 1990, celui-ci réside de façon permanente au prieuré de Béthanie, à Blaru (Yvelines), et est le principal formateur du noviciat et de la congrégation 🡵
- 1995 L'archevêque de Paris, le cardinal Jean-Marie Lustiger, demande aux sœurs d'animer liturgiquement la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre 🡵
1998-2004 Mère Marie-Vianney (Roseline de Romanet)
En 1998, c'est une jeune sœur de 29 ans qui est élue 🡵. Mais l'ancienne prieure générale s'autoproclame assistante générale et nomme ses conseillères ! 🡵 Dans les faits, Mère Marie-Vianney ne sera jamais au commandes de la communauté.
En 2004, un événement provoque un point de bascule. Mère Marie-Vianney signe sous la pression de Mère Marie-Agnès une décision qui est transmise à Rome. Elle rencontre le nonce pour expliquer la situation, et fait état des très graves dysfonctionnements de la communauté 🡵.
Une visite apostolique est alors ordonnée. Elle sera conduite par Mgr Michel Coloni et donnera lieu à un rapport… d'une page 🡵. Au cours de cette visite apostolique, Mère Marie-Vianney abandonne sa charge de prieure, étant empêchée de gouverner.
Le communiqué de 2023 reconnaîtra que Mère Marie Vianney a été « empêchée, malgré elle, d'exercer sa charge de prieure générale de 1998 à 2004, humiliée, gravement et durablement calomniée (ainsi que sa famille) auprès des sœurs et de l'Église » 🡵.
2004-2013 Mère Irène-Marie (un mandat et demi)
Mère Irène-Marie est élue prieure générale. Les changements demandés à la suite de la visite apostolique ne seront pas appliqués. Au contraire « les sœurs se sont encore plus durcies dans leur sectarisme car rien n'avait été résolu » 🡵. Une sœur résume ainsi la situation : « Après ce chapitre général, de 2004 à 2014, tout a explosé et c'est devenu un régime policier. » 🡵
En 2012 a lieu une seconde visite apostolique conduite par l'abbé Ricaud de Saint-Benoît-sur-Loire et mère Madeleine de la congrégation des Franciscaines réparatrices de Jésus-Hostie à Paris. Cette fois-ci, elle dure une année. A son terme, la congrégation manque d'être dissoute, tant la situation observée par les visiteurs semble sans issue. L'AVREF publie sur son site internet des extraits particulièrement éloquents du rapport des visiteurs 🡵 qui décrivent un fonctionnement totalement inadmissible de la communauté.
En conséquence, en 2012-2013, Rome demande à Mère Marie-Agnès de s'éloigner 🡵. Elle s'installe à Vernon dans les Yvelines, mais reste en contact avec les sœurs grâce à des téléphones portables distribués en cachette. La prieure, mère Irène-Marie, la suit 🡵. L'ancienne prieure décède finalement en 2016.
2013-2020 Mgr Philippe Gueneley commissaire apostolique
De 2013 à 2020, Mgr Philippe Gueneley est commissaire apostolique pour accompagner les sœurs. Il ne sera pas partisan de la méthode dure pour redresser la communauté, considérant au contraire que « les sœurs avaient besoin de temps pour se remettre sur pied » 🡵.
2020-2026 Mère Marie-Elie Hancock
En 2020, Sœur Marie Elie Hancock est élue prieure générale 🡵. Durant son mandat, une relecture avec des sœurs victimes permettra de comprendre l'histoire de la communauté, alors qu'un récit alternatif et mensonger avait été forgé et s'était diffusé dans la communauté.
A partir de là, le sœurs ont reconnu publiquement un certain nombre d'erreurs dans un communiqué de presse du 27 avril 2023 : « abus spirituels et de conscience, abus de pouvoir et d'autorité, séparation des sœurs d'avec leur famille et leur référent spirituel, violences morales et physiques, menaces, mensonges systématisés, calomnies, climat de peur et de manipulation, humiliation, privation de liberté, absence de discernement vocationnel… » 🡵.
La Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (Ciasep)
En août 2024, la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (Ciasep) est constituée à la demande de la prieure, mère Marie-Elie Hancock. En janvier 2025, la commission rends son rapport 🡵 qui décortique un système d'abus psychologiques, spirituels, financiers et physiques ayant fait souffrir les membres de la congrégation pendant quarante ans. En clé de voûte, l'ancienne supérieure, dont la personnalité décrite comme de type « pervers narcissique » a fait pencher la congrégation vers la dérive sectaire 🡵.
Diocèse de Paris
Derniers évêques
- 1981-2005 : Mgr Jean-Marie Lustiger 🡵
- 2005-2017 : Mgr André Vingt-Trois 🡵
- 2017-2021 : Mgr Michel Aupetit 🡵
- Depuis 2022 : Mgr Laurent Ulrich 🡵
Voir aussi :
Diocèse de Versailles
Derniers évêques
- 1988–2001 : Mgr Jean-Charles Thomas 🡵
- 2001–2020 : Mgr Éric Aumonier 🡵
- Depuis 2021 : Mgr Luc Crepy 🡵
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