Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : les premières critiques du rapport

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Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : les premières critiques du rapport

En cause : la composition de la commission et la méthodologie des entretiens.

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J'ai pris le temps de lire le rapport de la CIASEP-BSCM sur l'emprise chez les Bénédictines de Montmartre, et je vais trancher un peu par rapport aux louanges quasi-unanimes autour de cette commission et de son travail.

Voici mes observations au fil de la lecture.

Le nom de la commission fait (plus que) référence à la CIASE. Implicitement, on suggère que les critères vont être les mêmes : indépendance, méthodologie, etc. Or il n'en est rien. Voici deux remarques générales sur la notion d'indépendance.

La composition de la commission

On pourrait a minima exiger, comme d'ailleurs la commission le souligne, que l'on sorte enfin de l'entre-soi. Qu'il y ait quelques universitaires non cathos par exemple. Soyons fous, qu'ils soient majoritaires. Parce qu'on ne s'affranchit pas simplement en le voulant très fort de ses biais pros et perso.

Que des salariés ou ex-salariés d'un diocèse dont l'évêque auxiliaire était à l'époque le frère d'une des sœurs maltraitantes, c'est interrogeant.

La composition de la commission, donc, tout d'abord. La voici.

Le président, général en retraite Hervé Giaume. Alors ne nous y trompons pas, je suis comme la Grande-Duchesse de Gerolstein: j'aime les militaires. M'enfin, un jour il faudra quand même se poser la question de savoir pourquoi nos clercs les collent partout et n'importe où.

Né le 18 février 1954 à Constance (RFA), il commence sa carrière au 93è RAM en 1976, sur 105 HM2, puis il intègre l'EMIA (École Militaire interarmes), au sein de la promotion général Laurier (1978-1979), dont il est le secrétaire. Il fait son stage d'application à l'École de l'Artillerie à Draguignan (1979-1980), où il choisit de servir comme lieutenant (1980-1984), au 11ème régiment d'artillerie à Offenburg (FFA), doté de 155 AM F3. Nommé capitaine en 1984, il commande de 1985 à 1988 la 1ère batterie du 8è RA, à Commercy. Muté en 1988 à l'école d'Application du Train à Tours comme professeur, il y enseigne l'artillerie, la topographie et assure la préparation aux différents examens et concours les sous-officiers et officiers du Train. Il réussit le concours de l'École Supérieure de Guerre et rejoint l'ESGI (École supérieure de Guerre interarmées) puis le CSI (Cours supérieur interarmées), de 1991 à 1993. Appelé par le chef du Bureau Planification Finances de l'EMAT, il y sert comme lieutenant-colonel de 1993 à 1997 en tant que responsable des budgets de fonctionnement de l'armée de terre et des opérations extérieures. De 1997 à 1999, il passe colonel et commande le 32è Régiment d'artillerie à Oberhoffen. Fidèle à la devise du régiment : « Œil pour œil, dent pour dent », il obtient d'excellents résultats amenant le régiment à recevoir une appréciation particulièrement élogieuse de la commission de contrôle opérationnelle de l'Artillerie. Il aura le triste privilège d'être le dernier chef de corps de ce prestigieux régiment avant sa dissolution en 1999.

Il est alors muté à l'État-major de l'Armée de Terre, pour y créer la mission d'audit financier des formations de l'armée de Terre de 1999 à 2003. Il est ensuite appelé par le directeur des affaires financières du ministre de la Défense pour prendre, de 2003 à 2006, le poste de sous-directeur chargé des titres 2 et 3 des armées et de la Gendarmerie. Nommé général de brigade, En 2006, il rejoint Montlhéry comme chef de la division opérations du commandement des forces logistiques. Appelé par le CEMA, il est promu général de division il devient, de 2007 à 2009, l'adjoint du major général des armées.

Il est ensuite conseiller direct du chef d'état-major des armées comme inspecteur de l'IFODT (Inspection des forces en opérations et de la défense du territoire) en 2009. Élevé au grade et appellation de général de corps d'armée, il crée en 2010 la nouvelle inspection des armées dont il sera le premier inspecteur des armées jusqu'en juillet 2012.

Son adieu aux armes a lieu à Draguignan, lors de la célébration de la Bataille de Wagram, le 4 juillet 2012.

Base documentaire Artillerie BAS'ART

En quoi le fait d'avoir enseigné la topographie et été responsable de budgets de fonctionnement, certes avec un uniforme, vous rend compétent en matière de violences systémiques et de dérives sectaires ? Mystère. Il est probable que, comme beaucoup de militaires en retraite, il se soit mis au service bénévole de sa paroisse ou de son diocèse et qu'il ait été recruté ainsi.

Et déjà, premier biais : quasi tous les membres de la commission grenouillent dans le bénitier. On a des salariés ou d'anciens salariés des diocèses d'île de France en masse, et c'est un vrai problème vu ce que révèle la commission, à savoir des manquements gravissimes de ces diocèses, notamment ceux de Paris et de Versailles, dans l'histoire des BSCM.

Quelques exemples, non exhaustifs.

  • La n°2 de la commission, Nathalie Cassaigne, est accompagnatrice spirituelle. Formée à Bethesda, le machin psychospirituel de Simone Pacot. C'est très questionnant quand on prétend analyser l'emprise spirituelle.
  • La n°3 est l'ex dircom du diocèse de Nanterre, aujourd'hui à son compte, communicante notamment des Foyers de Charité et des Frères de Saint Jean. Sans commentaire.
  • La n°4, salariée de Versailles, où elle est responsable du pôle Charité et Mission et membre du Conseil épiscopal.

Le père Benoît Merly, n°5,vice-official de Paris.

L'officialité de Paris a-t-elle été alertée durant les dizaines d'années de sévices subis par les sœurs ?
Oui.
Son rôle dans la commission est-il d'abonder les archives avec ces alertes ?
Non.
Est-il juge et partie donc ?
Oui.

Petit détail, mais qui vaut son pesant de cacahuète : j'ignore si c'est lui ou si c'est Mme de Jotemps, n°6 de la commission, avocate canonique à l'officialité de Versailles, ex juriste du diocèse, ex responsable juridique de l'union des assos diocésaines de France, mais…

…mais dans la partie canonique, le numéro du canon cité n'est pas le bon. Ça ne fait pas très sérieux.

Il s'agit du c.1378, pas du c. 1389. La numérotation utilisée indique que les deux canonistes ont travaillé avec un Code de droit canonique périmé depuis au moins 5 ans.

Dans le Code du droit canonique (CIC), la sanction de l'abus de pouvoir est prévue dans le canon 1389 :

§1. Qui abuse d'un pouvoir ou d'une charge ecclésiastique sera puni selon la gravité de l'acte ou de l'omission, y compris par la privation de l'office, à moins qu'une peine n'ait été déjà prévue contre cet abus par la loi ou par un précepte.

§2. Qui, par une négligence coupable, pose ou omet illégitimement, au détriment d'autrui, un acte relevant d'un pouvoir, d'un ministère ou d'une charge ecclésiastique, sera puni d'une juste peine.

Rapport de la Ciasep, p. 51

Le n°8, Odon Hurel, apporte enfin un peu de fraîcheur. Voilà un vrai historien, directeur de recherche au CNRS.

Sauf que.

Chargé de la partie historique, il a choisi (enfin la commission à choisi collectivement) une méthodologie qui n'est pas scientifique. D'abord, on nous explique qu'une partie des archives de la Congrégation a été détruite par les gouvernements précédents. On peut légitimement penser que ces destructions concernaient des « sujets sensibles ».

Le travail d'écriture de l'histoire des BSCM a été mené conjointement par l'historien et le canoniste, à partir de l'étude des archives encore disponibles de la congrégation, une partie d'entre elles ayant été détruite par les gouvernances précédentes.

Rapport de la Ciasep, p. 35

Pourtant, trois paragraphes plus loin on nous dit le contraire. « Les archives sont remarquablement classées et tenues ». Conséquence : « la commission a fait le choix délibéré de se limiter aux archives liées à la direction de la congrégation et à l'activité de Mère Marie-Agnès ».

Les archives des BSCM sont remarquablement classées et tenues. La commission a fait le choix délibéré de se limiter aux archives liées à la direction de la congrégation et à l'activité de la prieure générale concernée, Mère Marie-Agnès (ci-après MMA). Ces archives comprennent des textes normatifs fondamentaux, des textes relatant l'histoire de la congrégation, des textes produits par les conseils, et enfin un ensemble des correspondances.

Rapport de la Ciasep, p. 35

Pourquoi ce choix ? On ne le saura pas. Mais un travail scientifique sérieux commence par une revue de littérature systématique : quelles sont TOUTES les sources disponibles. Les officialités ? Les diocèses ?

Philippe Portier, historien et membre de la CIASE, a documenté la problématique du travail sur les archives uniques. Et quand on lit ces passages dans le rapport de la CIASEP-BSCM, on aurait vraiment aimé qu'ils justifient leur choix de ne pas aller jeter un œil chez les Dominicains ou au Diocèse de Paris.

Bref.

La présence quasi permanente, dans les locaux d'Ephrem, du dominicain Marie-Joseph Le Guillou, pourtant assigné au couvent des Dominicains, a pu susciter à l'époque des questionnements sur la nature de ses relations avec MMA. Parallèlement, des difficultés non précisées surgissent avec le P. André Feuillet, exégète à l'Institut catholique de Paris et confesseur des religieuses

Rapport de la Ciasep, p. 78

Au milieu des années 1970, le chanoine Georges Dubrez, alors « adjoint au délégué diocésain auprès des religieuses » 20. dans l'archidiocèse de Paris, intervient comme visiteur au sein de la congrégation.

En mai 1976, il conduit une visite canonique – présentée comme « visite canonique extraordinaire » dans les archives de la congrégation – au sein de la communauté d'Ephrem à Montmartre. Les raisons précises de cette visite n'apparaissent pas dans les archives, pas plus qu'un décret d'ouverture ou tout autre acte juridique formel justifiant cette visite. Idem pour les conclusions

Rapport de la Ciasep, p. 78

Une seule psychologue dans la commission et mieux : d'après son employeur le lycée Saint Louis de Gonzague, elle n'exerce pas comme psychologue là-bas mais comme responsable de la pastorale et de l'action sociale (ou elle fait les deux ce qui serait… intéressant).

Mais du coup, qui s'est assuré que cette commission répond aux standards internationaux (oui oui ça existe et c'est mis en œuvre partout ailleurs qu'en France dans l'Église) de recueil de la parole des victimes dans des conditions optimales de sécurité ?

La réponse :

La phase de recrutement des écoutants a été longue : il s'agissait d'identifier des personnes expérimentées qui, par leur profession ou dans un cadre bénévole, exerçaient déjà une pratique d'écoute, puis de les rencontrer individuellement pour leur présenter en détail la spécificité de cette mission et leur demander de s'y engager à titre bénévole.

Plusieurs séances d'information et de formation ont ensuite été organisées, dont certaines animées par un médecin généraliste spécialisé dans les situations d'emprise psychologique, afin de préparer les écoutants aux rencontres.

Une relecture à mi-parcours, réunissant l'ensemble des écoutants et ce même médecin généraliste, s'est révélée nécessaire pour leur permettre de poursuivre les entretiens dans les meilleures conditions et avec la même sérénité.

Rapport de la Ciasep, p. 25

Le « médecin généraliste spécialisé dans les situations d'emprise psychologique » est donc le membre n°7, le Dr Emmanuel Gourmet. Bon point, il est titulaire d'un DU en TCC, on échappe donc aux psychanalystes (amen de gloire). M'enfin un DU… C'est pas un diplôme de psychologue.

J'ai passé quelques appels à des psychiatres spécialisés dans l'accueil des victimes. Totalement inconnu au bataillon. Pas de publication scientifique sur la question.

Sur l'annuaire santé, qui recense les professionnels habilités à se dite psychologues ou psychothérapeutes, il n'est inscrit que comme médecin alors qu'il se dit psychothérapeute. Un oubli sans doute.

La méthodologie des entretiens

Cela mène à la méthodologie des entretiens. La voici.

Question qui me vient immédiatement : quel process était prévu pour les victimes qui décompensent ou dissocient pendant l'entretien ? Visiblement aucun. Pour rappel, on parle de personnes psychiquement réactivées par l'exercice.

Afin de veiller à l'indépendance et à l'impartialité de la commission, plusieurs règles ont été appliquées, parmi lesquelles :

  • Rencontre systématique avec un binôme d'écoutants, mixte ou non selon le souhait exprimé par la personne reçue.
  • Procédure rigoureuse pour chaque entretien avec une sœur (ou une ancienne sœur) : aucune information préalable n'était donnée au binôme sur la personne rencontrée (écoute dégagée de tout a priori) ; écoute sans jugement, ayant pour finalité d'informer la CIASEP sur la réalité des faits vécus et non seulement entendus, rédaction d'un verbatim soumis à la relecture de la personne, avec possibilité pour elle de prendre un temps de réflexion sur la formulation, d'ajouter ou de retirer des éléments ; prise en compte de ce verbatim par la CIASEP‑BSCM uniquement après réception du consentement formel de la personne (signature ou envoi d'un PDF par courriel).
  • Formation initiale des binômes, en complément de leurs expériences antérieures, portant sur l'accompagnement des personnes victimes de tout type d'abus, les faits survenus au sein des BSCM et la complémentarité dans le travail d'écoute.
  • Rotation des binômes d'écoutants pendant toute la durée de la mission, afin d'éviter une approche unique de l'écoute.
  • Maintien du même binôme d'écoutants pour une sœur ou une ancienne sœur si elle souhaite les solliciter de nouveau.
  • Possibilité, pour une sœur (ou une ancienne sœur), de revoir son binôme autant de fois que nécessaire pour compléter son verbatim, une date limite de réception des compléments ayant été fixée au 30 septembre 2025.
  • Possibilité d'échanges complémentaires entre la sœur (ou l'ancienne sœur) et son binôme d'écoutants (échanges d'adresses électroniques, de numéros de téléphone, ou via l'intermédiaire du président).
  • Entretien de chaque sœur actuellement au sein des BSCM systématiquement précédé d'un questionnaire complet et confidentiel sur la vie quotidienne au sein du prieuré. Ce questionnaire était destiné à la fois à mieux connaître la réalité de la vie ordinaire au sein de chaque prieuré depuis les changements engagés en 2014, et à préparer psychologiquement chaque sœur à la rencontre avec les écoutants. Ces derniers n'ont pas eu connaissance de ce questionnaire rempli avant l'entretien.
  • Présence systématique du président de la CIASEP-BSCM avant et après chaque entretien avec une sœur ou une ancienne sœur (présentation initiale du binôme d'écoutants, échange final auprès de la personne reçue à l'issue de l'entretien pour s'assurer de l'absence de jugement de la part des écoutants et de l'absence de frustration de ne pas avoir pu tout dire).
  • Rédaction par chaque binôme d'écoutants d'un compte-rendu d'entretien selon un canevas précis, permettant une meilleure compréhension des conditions de l'entretien par les membres du groupe de travail chargé d'analyser les verbatims.

Rapport de la Ciasep, pp. 25-26

La logique voudrait donc qu'un psychiatre ou psychologue formé soit disponible pour l'atterrissage. À la place : le patron passe avant et après demander si « les équipes ont été gentilles ». C'est problématique. Deux fois.

  1. Message aux équipes : « je ne vous fais pas confiance ». Il existe pourtant des méthodes sérieuses pour recueillir les difficultés en post-immédiat. Le passage du chef n'en fait plus partie depuis… longtemps.
  2. On audite des sœurs ou ex-sœurs ayant vécu dans un système de délation généralisée, puis on leur demande… de rapporter ce qui s'est passé. Tout en expliquant que ce système, justement, c'était mal. Cohérence maximale.

Regardons le questionnaire.

Questions fermées. C'est revendiqué. Pourquoi ? On ne sait pas.

On précise qu'elles peuvent être commentées. Traduction : oui/non, mais débrouillez-vous pour nuancer.

En amont de l'entretien avec un binôme d'écoutants, chacune des sœurs actuellement au sein des BSCM a renseigné un questionnaire détaillé sur la vie quotidienne au prieuré (santé, repas, repos, relations avec l'extérieur, liens entre sœurs, formations reçues, vie personnelle et vocation, organisation de la vie courante, domaine financier, dysfonctionnements passés et autres sujets).

Ce questionnaire comportait 110 questions, dont 95 fermées (avec une réponse par oui ou non) et 15 ouvertes. Il convient de souligner que chacune des questions fermées pouvait être assortie de commentaires, analysés de la même manière que les réponses aux questions ouvertes.

Afin de garantir la plus grande sincérité possible dans les réponses de chacune des sœurs, plusieurs impératifs ont été respectés :

Rapport de la Ciasep, p. 26

Deux soucis évidents.

Beaucoup des femmes interrogées ont été formées à l'obéissance. Résultat probable : la réponse attendue, pas la réponse vécue. Le véritable objectif semble être : confirmer que ce qui existait avant 2014 n'existe plus après 2014.

  • Le « rendre compte » de sa santé à sa prieure est-il bien désormais libre et sans obligation ?
  • Confirmez-vous que vous n'êtes plus du tout obligée de vous peser et qu'une balance est à disposition pour que chacune se pèse si elle le veut et quand elle le veut ?
  • Pouvez-vous désigner librement la personne de confiance et rédiger vos directives anticipées ?

Rapport de la Ciasep, p. 131

Les questions sont floues, amalgamées, sans temporalité précise.

Exemple : Attendre la prieure pour passer à table et pour commencer la messe = même question. Or ce n'est pas la même chose. Pas de question sur la fréquence de l'attente obligatoire de la prieure pour commencer à manger. Or une prieure systématiquement en retard, ce n'est pas un détail logistique, c'est un signal.

Attendez-vous la prieure locale (ou la Prieure Générale) pour commencer messes, offices et repas ?

Rapport de la Ciasep, p. 133

Même chose pour : « Les communs sont-ils accessibles en dehors du bureau de la prieure ? »

La vraie question serait plutôt : « Avez-vous un accès libre, suffisant et non conditionné aux communs, et ce depuis quand ? »

Mais ça, ça oblige à mesurer les résistances au changement.

Les communs sont-ils disponibles hors du bureau de la prieure locale ?

Rapport de la Ciasep, p. 131

Sur les responsabilités, maintenant.

La grande méchante est identifiée: Mère Marie-Agnès. Elle est morte. Pratique. Mais son pouvoir ne s'est pas auto-généré.

D'abord, il y avait la sœur X et la sœur Y, ses complices, dont on tait le nom puisqu'elles sont encore en vie. Et une multitude de responsables ecclésiastiques, certains très assidus à Montmartre qui ont regardé ailleurs durant si longtemps. 40 ans.

Le rapport évoque alors : « pardon à donner et à recevoir », « part de responsabilité pour chacun »

Alors oui, on a eu deux communiqués, un du diocèse de Paris et un du diocèse de Versailles. Qui vont demander pardon. Très bien.

Mais la question simple reste sans réponse : Qui sera sanctionné ? Qui restera en fonction malgré ses manquements ? Sans conséquences concrètes, le pardon devient une stratégie d'effacement.

Je termine avec les mots mêmes de la commission :

L'avenir ne peut se construire sur le déni ou l'enfouissement de ces réalités douloureuses, mais sur leur reconnaissance officielle, la mise en œuvre de mesures correctives pour éviter la poursuite de réflexes dysfonctionnels et l'instauration de gardefous impliquant un regard extérieur. Continuer à sortir de « l'entre-soi » est devenu indispensable.

Rapport de la Ciasep, p. 8

« L'avenir ne peut se construire sur le déni ou l'enfouissement […] mais sur la reconnaissance officielle, des mesures correctives et des garde-fous impliquant un regard extérieur.Sortir de l'entre-soi est devenu indispensable. »

Très bien.

Alors sortons-en.

Vraiment.

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