Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence : un enseignant accusé de 17 viols

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Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence : un enseignant accusé de 17 viols

Au cours de l'enquête, 36 victimes potentielles ont été identifiées.

Gilles Delignac (3) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (3) Frères des écoles chrétiennes (13) Enseignement privé catholique (201) Diocèse de Bordeaux (7)

Tout un système

Au-delà de des accusations gravissimes et hors normes qui pèsent sur Gilles Delignac, cette affaire met également en cause tout un système :

Les premières alertes remontent à 2011, quand Gilles Delignac faisait jouer des fillettes au « jeu du goût ». Il avait alors eu un rappel à l'ordre, mais la direction de l'établissement n'avait pas interrogé les élèves pour comprendre ce qui avait pu se passer 🡵. Des élèves accusent aujourd'hui Gilles Delignac d'avoir introduit son sexe dans la bouche d'élèves lors de ces séances (ce que l'instituteur nie fermement) 🡵. Pour ne pas avoir cherché davantage à comprendre la situation, le directeur coordinateur de l'établissement de l'époque, Marc Segarra (qui est devenu par la suite délégué de tutelle pour la région parisienne des Frères des écoles chrétiennes) est aujourd'hui visé nommément par la plainte de parents 🡵.

L'établissement est sous la tutelle des frères des écoles chrétiennes. Le délégué de tutelle de la congrégation pour l'Aquitaine, a renvoyé, face aux policiers, vers la direction diocésaine, se déclarant « surpris » que cette dernière n'ait pas saisi la justice en 2011 🡵.

Âgé de 54 ans, cet ancien maître de CM1 à Saint-Genès-LaSalle – l'un des établissements les plus réputés de l'agglomération bordelaise –, actuellement en détention provisoire, est accusé de viol sur 17 de ses élèves, entre 2008 et 2012, et d'agression sexuelle sur six autres, entre 2017 et 2023. Lui sont également reprochés des actes de voyeurisme et d'atteinte à l'intimité sur d'autres enfants.

Confiée à la sûreté départementale, l'enquête a identifié 36 victimes présumées, des fillettes de 10 et 11 ans au moment des faits, et n'exclut pas qu'il y en ait eu d'autres, qui n'ont pu être retrouvées. Avec ce nombre, il s'agit de l'un des plus importants dossiers de ce type mettant en cause un enseignant. S'il a, à ce stade, reconnu une partie des accusations, Gilles Delignac reste présumé innocent. Il a toujours contesté les viols, qui lui font encourir vingt ans de réclusion criminelle. Sollicité, son avocat n'a pas souhaité s'exprimer.

Sud Ouest

L'ancienne direction de l'école mise en cause

Si l'enseignant, qui a reconnu les agressions sexuelles mais pas les viols, a été renvoyé devant la cour criminelle de la Gironde, comme l'a annoncé le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul ce jeudi 8 janvier 2026, une autre enquête vient d'être ouverte. En effet, le parquet de Bordeaux a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire visant l'ancienne direction de l'école privée pour « non-dénonciation de crime » et « non-obstacle à la commission d'un crime ou délit », a relaté Sud-Ouest. Une plainte avait été déposée en novembre 2025 par plusieurs parents et victimes de l'enseignant. En 2011, une mère de famille avait notamment signalé à l'établissement que l'enseignant recevait des enfants portes closes dans sa classe. Ce dernier avait reçu un rappel à l'ordre, mais personne n'avait interrogé les enfants. L'ex-instituteur risque vingt ans de réclusion criminelle.

Femme Actuelle

Le masque de l'enseignant exemplaire

Si Gilles Delignac a pu agir en toute impunité durant toutes ces années, c'est sans doute en raison de sa « bonne réputation » au sein de l'établissement. Me Benayoun brosse le portrait d'un instituteur « exemplaire » qui avait la confiance des parents et l'affection des enfants. « La particularité du pédocriminel, c'est qu'on le retrouve là où il y a des enfants. C'est souvent quelqu'un que tout le monde aime et dont on a une image complètement faussée, c'est-à-dire un vernis social exemplaire. Et la première chose que fait un pédocriminel c'est de gagner la confiance des adultes et, après être devenu proche des adultes, celle des enfants ».

Gilles Delignac était un enseignant exemplaire aux yeux de sa hiérarchie, de ses collègues très certainement, des parents d'élèves car il organisait des sorties à tel point que l'on a des témoignages de parents qui faisaient des pieds et des mains pour que leurs enfants soient scolarisés dans sa classe, et évidemment", raconte Me Benayoun.

France3

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